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        Dates à retenir:

Tous les vendredis, à 18h Place de la Mairie à ABBEVILLE 

 Novissen répond à l'appel des coquelicots

https://nousvoulonsdescoquelicots.org/ 

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Vendredi 26 octobre 2018 à 20h

salle polyvalente à Drucat

Conférence sur le thème:

Sortir du nucléaire, est-ce possible?

est-ce souhaitable?

Gardons le contact

 

          est le bulletin d'info publié                  régulièrement par NOVISSEN            et envoyé à ses adhérents.

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 n° 99  février 2018

1

Emile Vak !

Sous ce pseudonyme, Bernard, notre artiste, nous régale de ses créations ... 

 

 

Pour revoir nos conférences:

 

  2015

Marc Dufumier: 33333

                   La conférence

                                    Questions de la salle 1 

                                  Question de la salle 2

2016

Alain Vaillant

Fabrice Nicolino

Jocelyne Porcher

 

  2017

Hervé Kempf

Jean Michel Jedraszak

Claude Brémard

Gérard Le Puill

 

  2018

Olivier Nouaillas

André Cicolella

François Veillerette

Laurent Pinatel

 

 

Le Courrier Picard le 29 09 2018

 

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Revue QUE CHOISIR du 24 09 2018 

 

Lait de foin

 

Une nouvelle filière plus vertueuse

Publié le : 24/09/2018 

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L’appellation « lait de foin » devrait faire son apparition d’ici quelques mois sur les étiquettes de certains produits laitiers. Elle garantit un lait à l’ancienne, produit sans ensilage, ni OGM, par des vaches nourries à l’herbe. Décryptage.

 

 

Bientôt, certains produits laitiers seront estampillés « lait de foin » STG (spécialité traditionnelle garantie). Cette étrange dénomination garantit un lait produit par des vaches dont l’alimentation, sans OGM ni fourrage d’ensilage, comporte au moins 75 % d’herbe ou de foin. Un label officiel européen qui nous vient tout droit de nos voisins germaniques, chez qui il a acquis ses lettres de noblesse depuis plusieurs années. Ce lait à l’ancienne se présente comme une alternative face aux produits des méga-élevages où les vaches en stabulation, sur leurs tapis de sol, ne mettent jamais un sabot dehors et ignorent le goût de l’herbe fraîche. En Autriche, le lait de foin (heumilch en allemand) a rapidement recueilli les suffrages des consommateurs de plus en plus méfiants à l’égard de l’industrie agroalimentaire. Aujourd’hui, 15 % de la production (450 millions de litres de lait) est commercialisée sous la dénomination « lait de foin ».

RETOUR À LA TRADITION

Pays d’alpages souvent moqué pour son attachement aux traditions, l’Autriche a su résister à la déferlante de l’agriculture intensive et garder des fermes où les vaches étaient nourries exclusivement avec du foin. Une aubaine qui lui permet aujourd’hui d’être le fer de lance du retour aux produits laitiers authentiques. Il faut dire que les atouts du « lait de foin » sont nombreux : d’abord, pour les producteurs qui valorisent mieux un produit de bonne qualité, plus savoureux et plus riche en omégas 3 (les bons acides gras) que le lait conventionnel. Côté transformateurs, l’interdiction de l’ensilage dans les aliments pour le bétail permet d’éviter la formation de spores de bactéries dans le lait, à l’origine de sérieux déboires dans la fabrication des fromages, notamment ceux à pâte pressée cuite (gonflement tardif, goût et odeur désagréables).

UNE GARANTIE DE BIEN-ÊTRE ANIMAL

Les bénéfices de ce mode d’élevage pour les animaux sont aussi une évidence : faut-il rappeler que les vaches sont des herbivores ? Leur fournir une alimentation composée essentiellement d’herbe et de foin respecte simplement leur physiologie. C’est aussi la garantie d’animaux en bonne santé, moins vulnérables, avec pour conséquence la diminution du recours aux traitements vétérinaires. Enfin, la production de « lait de foin » participe à la lutte pour sauvegarder la biodiversité et soutenir le développement durable. La culture de l’herbe permet de préserver les paysages et d’améliorer le bilan carbone de la filière en évitant les aliments exogènes (contrairement aux élevages conventionnels, qui importent par exemple d’énormes quantités de tourteaux de soja OGM en provenance d’Amérique du Sud).

Un succès qui a de quoi faire rêver les producteurs laitiers français, laminés par la crise laitière. Après un voyage d’études dans la région de Salzbourg, un groupe d’éleveurs bretons adhérant à Segrafo (association de promotion du séchage en grange) s’est laissé séduire par le modèle autrichien. Un organisme de défense et de gestion (ODG) du « lait de foin » s’est constitué, avec pour objectif de faire émerger une telle filière dans l’Hexagone. Étape clé pour accéder à la certification STG, le plan de contrôle des procédures assurant le respect du cahier des charges vient d’être validé par l’Inao. D’ici la fin de l’année, une vingtaine de producteurs laitiers du grand Ouest devraient donc pouvoir bénéficier du nouveau label. « Les deux tiers d’entre eux sont en bio, car les deux démarches sont complémentaires », remarque Didier Le Hec, le président de l’ODG, qui a fait depuis longtemps le choix de nourrir ses vaches à l’herbe et au foin (comme Patrick Mercier, un des derniers producteurs de camembert de Normandie fermier au lait cru, qui attend lui aussi de pouvoir apposer ce label sur ses fromages). À plus long terme, 200 éleveurs laitiers seraient intéressés par cette filière. Une petite goutte dans l’océan lacté, mais qui pourrait grossir tant elle répond aux attentes de nombreux consommateurs.

UNE STG (SPÉCIALITÉ TRADITIONNELLE GARANTIE), C’EST QUOI ?

Ce signe officiel de qualité européen labellise un produit dont les qualités spécifiques sont liées à une composition, des méthodes de fabrication ou de transformation fondées sur une tradition, sans lien toutefois avec son origine géographique. Le « lait de foin » est la deuxième STG reconnue en France, la moule de bouchot étant jusqu’ici le seul produit à bénéficier de cette mention.

 

Florence Humbert

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Le journal l'express le 12 09 2018

1001 idées reçues sur la Ferme des 1000 vaches

 Par Michel Feltin-Palaspublié le 12/09/2018 à 17:00 , mis à jour le 13/09/2018 à 18:40

 

Nouvel épisode judiciaire ce jeudi pour la ferme picarde, aboutissement ultime de l'agriculture industrielle française.

D'ordinaire, les ruminants que l'on croise à l'ombre des pommiers de Normandie ou dans les vertes prairies du Limousin se prénomment "Marguerite" ou "Blanchette". Pas ici. Ici, on les appelle "n°483" ou "n° 272". Un détail ? Un symbole, plutôt, aux yeux des opposants. La "ferme des 1000 vaches", qui a ouvert ses portes en septembre 2014 dans la Somme, incarne l'aboutissement ultime de l'agriculture industrielle à la française. Une affaire qui a également déclenché de multiples batailles juridiques dont l'une a été tranchée ce jeudi, Le tribunal administratif d'Amiens a condamné les militants de la Confédération paysanne qui s'étaient attaqués à la ferme en 2013 et en 2014 à verser à l'entreprise 100 000 euros de dommages et intérêts. L'occasion de se pencher sur les idées reçues qui circulent autour de ce projet. 

1000 vaches, c'est énorme ? En France, oui

C'est simple : aucune autre ferme ne compte autant de bovins dans l'Hexagone. Combien exactement ? "860" vaches laitières en exploitation, selon l'entreprise, auxquelles il faut ajouter les génisses, encore trop jeunes, et les bestiaux destinés à l'abattoir. Soit, au total, quelque 1550 animaux.  

 
 

En revanche, la ferme picarde fait pâle figure à côté des exploitations qui existent à l'étranger. "On trouve des cheptels de taille plus importante en Allemagne, en Europe de l'Est, et plus encore en Amérique Latine, en Nouvelle-Zélande et aux Etats-Unis, où certaines exploitations comptent plusieurs dizaines de milliers de têtes !", indique le vice-président de la FNSEA, Etienne Gangneron, lui-même éleveur bio dans le Cher.  

Le bien-être animal n'y est pas respecté ? C'est évident

Le charmant et cossu village de Drucat n'aurait sans doute jamais accédé à la notoriété sans l'ouverture de cette exploitation agricole à nulle autre pareille en France. "Ferme des 1000 vaches" pour les uns ; "usine" exploitant des "animaux-machine" pour les autres, ses vastes bâtiments blanc et gris se révèlent à quelques kilomètres d'Abbeville, le long de l'ancienne nationale 928. Aux alentours, un centre de formation de motards, un aérodrome et surtout des champs, des champs et des champs. En revanche, pas le moindre bovin à l'horizon. "Normal" : les bêtes ne sortent jamais. C'est dans le hangar qu'elles sont nourries. Dans le hangar qu'elles sont traites. Dans le hangar qu'elles mettent bas. Dans le hangar que, certaines d'entre elles, meurent. Le plancher des vaches, ici, est en béton... 

Les "avantages" sont évidents. Inutile d'emmener les animaux de la ferme à la prairie le matin et de les en faire revenir le soir : gain de temps. En limitant leur activité physique, on concentre leur énergie disponible : gain de production. Au passage, on les trait trois fois, et non, comme de coutume, deux fois par jour : gain d'argent. Ce choix apparemment contre-nature est vigoureusement défendu par les promoteurs du projet. "Nous n'avons aucun intérêt à ce que le bétail se porte mal ! revendique le directeur de l'exploitation, Michel Welter. D'ailleurs, un audit réalisé par un expert a conclu que tout ce qui pouvait être mis en oeuvre pour le bien-être animal l'avait été." La température n'est-elle pas régulée, la taille des paillasses finement étudiée, les pis traités avec de l'aloe vera ? 

Cet argumentaire bien rodé ne convainc pas les opposants. "Ne pas maltraiter une bête ne suffit pas à la rendre heureuse, observe la sociologue Jocelyne Porcher, spécialiste des relations entre humains et animaux. Pour une vache, la vie prend sens quand elle marche, quand elle court, quand elle broute, quand elle évolue dans la nature. Or, dans cette ferme, elle n'a aucun aucune relation avec ses congénères, aucune relation avec l'éleveur, aucune relation avec l'extérieur. Elle est réduite à produire du lait et à mettre bas avant d'être envoyée à l'abattoir. Même si elle n'est pas battue, son existence est vide, comme le serait celle d'un homme que l'on ne frapperait pas mais qui vivrait enfermé de sa naissance à sa mort." 

Cette ferme permet d'offrir des prix bas ? Apparemment, oui

Ce type d'exploitation permet de produire plus, donc de vendre bon marché. Un argument auquel est toujours sensible le consommateur, a fortiori quand ses moyens sont limités. C'est la raison pour laquelle les gouvernements, quels qu'ils soient, ont toujours favorisé l'agriculture dite "intensive". "Si les Français sont contre ce type de projets, ils doivent être cohérents et accepter de payer leur nourriture plus cher", souligne Luc Smessaert, vice-président de la FNSEA. 

En s'opposant à la "ferme-usine" des 1000 vaches, la Confédération paysanne serait-elle indirectement en train de défendre une agriculture réservée aux riches ? "Il s'agit pour nous d'un vrai problème éthique car ce n'est pas évidemment ce que nous ne voulons, reconnaît Laurent Pinatel, le porte-parole du syndicat, mais la course aux prix bas est un choix à courte vue car jamais la France ne pourra s'aligner sur les normes sociales et environnementales de ses concurrents ! La seule porte de sortie, c'est la qualité, sachant que les prix peuvent rester modérés si l'on réoriente les aides européennes vers les paysans qui respectent l'environnement." 

La France doit s'aligner sur ses concurrents ? Pas sûr

C'est la position implicite du gouvernement. "Je ne sais pas ce qu'est une petite ou une grande ferme", a ainsi déclaré le ministre de l'agriculture Stéphane Travert lors du débat à l'Assemblée nationale sur le projet de loi alimentation et agriculture, avant d'ajouter : "Je ne souhaite pas opposer les modèles les uns aux autres ; je souhaite qu'ils soient complémentaires". C'est également l'opinion de la FNSEA. "Ce type d'exploitations ne correspond pas à notre modèle car nous préférons que les capitaux appartiennent aux agriculteurs, ce qui n'est pas le cas ici*, indique Etienne Gangneron, mais nous ne participons pas au "racisme anti-gros" : une grande exploitation n'est pas néfaste en elle-même". Leur raisonnement est simple : dès lors que d'autres pays se sont dotés de telles fermes, la France a intérêt à le faire aussi.  

Tel n'est pas l'avis des opposants qui, eux, mettent en avant ses effets ambigus sur l'emploi comme sur l'environnement, qu'il s'agisse de la qualité de l'air ou des sols. "Certains jours, l'odeur du lisier est tellement forte que l'on ne peut pas déjeuner sur notre terrasse", témoigne Gérard Leborgne, un habitant d'Abbeville engagé contre la ferme. "Les tonnes de bouses produites par la ferme-usine sont censées être réparties dans un large périmètre dans les alentours. Le problème est que le plan signé sous l'égide du préfet ne fait l'objet d'aucun contrôle. Nous soupçonnons la ferme de les épandre à proximité, pour gagner du temps, ce qui conduit à saturer les sols!", pointe Francis Chastagner, un professeur d'anglais à la retraite qui préside l'association des opposants Novissen (NOs VIllages Se Soucient de leur ENvironnement).  

Ce type de fermes dynamise l'économie ? Pas vraiment

Certes, la ferme des 1000 vaches crée des emplois. Mais très peu. "30 emplois à CDI et à temps plein, plus 3 CDD", revendique l'entreprise (qui n'a répondu qu'à une partie des questions de l'Express). Un ratio inférieur à celui des petites exploitations, selon ses opposants, qui soulignent également deux effets indirects négatifs de son activité. Un : en augmentant la production de lait et en faisant baisser les prix, elle provoquerait la faillite d'autres agriculteurs. Deux : "ses effets néfastes sur l'environnement contredisent nos efforts pour développer le tourisme dans l'arrière-pays de la baie de Somme", complète Laurent Parsis, le maire (sans étiquette) de Drucat. 

La ferme a gagné tous ses procès ? Pas tout à fait

L'entreprise a remporté de nombreuses batailles juridiques, mais pas toutes. Une partie de l'enquête publique, qui s'était soldée par un avis favorable, a ainsi été cassée par la cour d'Appel de Douai. De plus, certaines de ses victoires l'ont été pour des pures raisons de forme. Si elle a contesté avec succès les astreintes que voulait lui imposer la préfecture quand elle a fait passer son cheptel au-dessus du seuil de 500 vaches sans autorisation. Or, le tribunal administratif d'Amiens a simplement constaté que l'administration n'avait pas répondu dans un délai de deux mois et considéré que ce silence valait acceptation. Sur le fond, la décision a été renvoyée à la Cour d'Appel de Douai, laquelle n'a pas encore statué. 

Les opposants ont reçu le titre de lanceurs d'alerte ? Oui, mais

La Confédération paysanne s'en enorgueillit : en septembre 2015, la cour d'Appel d'Amiens a bel et bien qualifié ses militants de "lanceurs d'alerte". De plus, elle a nettement adouci les peines qui leur avaient été infligées en première instance pour avoir démonté une partie de la ferme.  

Peut-on s'en tenir là ? Pas sûr. Car cette action repose l'éternelle question de la fin et des moyens. En juin 2015, la procureure Françoise Pieri-Gauthier avait rappelé la règle traditionnelle d'un Etat de droit : "La citoyenneté, c'est accepter l'Etat démocratique dans lequel on est, c'est accepter les lois. Le fait de commettre des actes illégaux, c'est la négation de ce système". 

Laurent Pinatel ne l'entend pas ainsi. En lointain successeur de José Bové qui avait en son temps "démonté" le Mac Do de Millau et arraché des plans OGM, le "justicier vert" revendique le recours à l'illégalité. "Les opposants ont d'abord travaillé classiquement avec des actions en justice, des manifestations, des lettres aux élus. Mais nous n'avons obtenu aucun écho ou presque dans les médias, aucune avancée significative auprès des politiques. C'est seulement en interrompant le chantier que nous avons réussi à alerter l'opinion et à faire bouger les choses. Compte tenu de la défaillance de l'État, ce n'était pas légal, mais c'était légitime." Un point de vue qu'il défend bec et ongles, tout en ne sachant pas très bien comment il réagirait si son attitude était imitée par des militants anti-migrants ou anti-IVG... 

La ferme des 1000 vaches est rentable ? Pas aujourd'hui

Aussi curieux que cela paraisse, le modèle économique de la "ferme-usine" de Ducrat ne repose pas principalement sur le lait, mais... Sur la production d'énergie. Le projet initial reposait sur un gigantesque méthaniseur produisant de l'électricité à partir des gaz produits par la fermentation des déchets et du lisier des vaches. Le lait, mais aussi la viande et les primes agricoles européennes venaient simplement compléter les revenus obtenus par la vente d'électricité.  

Le problème est que rien ne s'est passé comme prévu. En premier lieu, le fameux méthaniseur n'est... toujours pas construit, et ne le sera pas dans la configuration envisagée : "Il n'a pas été créé à la suite d'une décision de Madame Ségolène Royal", souligne l'entreprise. De plus, la ferme ne compte "que" 860 vaches et non 1000, un seuil qui déclencherait automatiquement une nouvelle enquête publique, à l'issue incertaine. Résultat : pas de fourniture d'électricité et une production de lait inférieure aux attentes. 

La ferme des 1000 vaches va fermer ? Peut-être

L'entreprise, on s'en doute, refuse de communiquer sur ce point, mais les opposants en sont à peu près persuadés. "Dès lors qu'elle n'est pas rentable, elle ne peut que s'arrêter", affirme Laurent Pinatel. "En tout cas, elle ne peut pas être bénéficiaire sans méthaniseur", complète Francis Chastagner. L'incertitude est d'autant plus grande que l'homme à l'origine du projet, le géant du BTP Michel Ramery, qui se disait fasciné par l'agriculture, est décédé en 2017. Et qu'il n'est pas sûr que son fils, Matthieu, ait la même passion que son père pour les bêtes à cornes... 

* Elle appartient à l'entreprise Ramery, spécialisée dans le bâtiment et les travaux publics. 

 

 

 

Le Journal d'Abbeville le 05 09 2018

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Le Courrier Picard le 15 juillet 2018

 

AGRICULTURE

Mille vaches à Drucat, l’autorisation d’exploiter de 2013 ne serait pas annulée

Par Denis Desbleds | Publié le 15/07/2018

 

 

Dans la ferme dite des Mille vaches, en mai 2018.

  • « Il n’y aura pas d’annulation, même partielle, de notre autorisation d’exploiter  », indique Michel Welter, responsable de la ferme dite des « Mille vaches », près d’Abbeville. La semaine dernière, la cour administrative d’appel de Douai devait rendre un arrêt, après un recours de l’association Novissen : selon les opposants, l’enquête publique de 2011, qui a permis à la préfecture de la Somme de délivrer, en 2013, l’autorisation d’exploiter « Mille vaches », ne présentait pas suffisamment d’éléments sur la situation financière de l’exploitant. Autrement dit, l’enquête publique de 2011 comportait un vice de procédure, reconnu par la cour administrative d’appel fin 2017.

Sept ans après, ce vice de procédure devait-il se traduire par une nouvelle enquête publique ? Ou une annulation partielle de l’autorisation d’exploiter, alors que la ferme est ouverte depuis septembre 2014 ? Ou encore une simple mise à disposition des éléments qui manquaient dans le dossier à l’époque ? La cour d’appel avait demandé son avis au Conseil d’État, lequel a, en mars 2018, grosso modo renvoyé la question… à la sagesse des juges de Douai.

À l’heure où nous écrivons ces lignes, l’arrêt de la cour administrative d’appel n’est pas connu dans son intégralité, mais Michel Welter se dit soulagé : «  Il y a un sursis à statuer, dans l’attente de la régularisation du dossier. On ne sait pas encore comment cela va se traduire, mais nous pouvons continuer à travailler  ».

 

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France Bleu Picardie le 31 mai 2018

 

Les militants de la Confédération Paysanne seront fixés le 13 septembre dans le procès civil des 1000 vaches

Jeudi 31 mai 2018 à 12:19Par François SauvestreFrance Bleu Picardie et France Bleu

L'audience du procès civil de la dégradation d'une partie de la salle de traite de la ferme dîtes des 1000 vaches de Drucat en 2014 avait lieu ce matin au palais de justice d'Amiens. Six militants de la Confédération Paysanne sont poursuivis. Le jugement sera rendu le 13 septembre prochain.

 

Après le pénal, le civil. Six militants de la Confédération Paysanne comparaissaient, ce jeudi matin, au palais de justice d'Amiens pour des dégradations commises en 2013 et 2014 sur le site de la ferme dîtes des 1000 vaches à Drucat, près d'Abbeville dans la Somme. L'exploitant réclame des dommages et intérêts à hauteur de 140 000 euros. Le jugement sera rendu le 13 septembre prochain.

En septembre 2013, puis en mai 2014, des opposants à cette ferme dîtes des 1000 vaches s'étaient introduits sur le site et avaient démonté une partie de la salle de traite ultra moderne. 46 capteurs à lait avaient été retirés, "des câbles arrachés", a tenu a rappelé l'avocate de l'exploitant pendant l'audience.

C'est un procès injuste. Pierre-Alain Prévost

"C'est le procès de la facture", résume Laurent Pinatel à la sortie de l'audience. Le porte parole du syndicat agricole fait partie des six militants visés par la procédure civile. Tous estiment que ces poursuites sont injustes. "Je pense qu'il faut répondre de ses actes, pas de soucis", réagit Pierre-Alain Prévost. "Mais l'usine à vaches à une astreinte de l'Etat de 780 euros par jour, personne ne demande à l'exploitant de payer", poursuit le militant.

 

Des recours sont effectivement en cours, la cour de Douai doit se prononcer sur l'appel du ministère du développement durable qui concerne cette astreinte imposée en 2015 par la préfecture de la Somme pour dépassement de la taille autorisée du cheptel dans cette ferme dîtes des 1000 vaches.

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Le Courrier Picard le 31 mai 2018

 

REGION

 

01/06/2018

 

FERME DES MILLE VACHES 

 

Village contestataire devant le tribunal 

 

CARLOS DA SILVA

 

 

 

     

 

 

 

 

 

 

Amiens Six militants de la Confédération paysanne ont comparu une nouvelle fois, hier, devant le tribunal. Les exploitants des Mille vaches demandent réparation des dégradations.   

 

Cette fois-ci, il s’agit de juger au civil si le préjudice subi à la ferme des 1 000 vaches à Drucat mérite réparation et à quelle hauteur (Courrier picard du jeudi 31 mai). Mais, c’est devenu un rituel, la Confédération paysanne rameute ses militants et sympathisants, pour installer un petit village éphémère, l’espace d’une journée, sur le petit square Jules-Boquet. C’était donc le cas hier. Une foule colorée, arborant ostensiblement revendications, soutiens et convictions sur leurs maillots et pancartes, s’est installée, dès l’aube, autour des différents stands. Car les producteurs bio ou locaux, en profitent pour faire la promotion de l’agriculture paysanne.

 

Quelques minutes avant le début de l’audience, un cortège s’est formé spontanément et s’est dirigé vers les grilles du tribunal, derrière des banderoles et des fumigènes.

 

Mais les policiers a l’entrée ont filtré cette foule et n’ont autorisé d’une vingtaine de personnes à entrer.

 

DÉCISION RENDUE LE 13 SEPTEMBRE

 

En fait d’audience, il n’y a eu que l’exposé, parfois technique, des argumentaires des deux défenseurs, de la partie civile et des prévenus, entrecoupé par quelques demandes d’explications du président.

 

Cécile Stezycki, pour la ferme des 1 000 vaches et les trois sociétés lésées, a cherché à démontrer que les sommes demandées, pour réparer les deux actions menées en 2013 et 2014, étaient bien réelles et fondées. « Les six individus doivent assumer les conséquences financières de leur vandalisme », plaide-t-elle. Point par point, cette dernière va tenter de justifier les différentes demandes, pour un montant de plus de 140 000 euros de dégâts ou préjudice constatés. En sachant que la facture la plus importante concerne l’action de 2014, lorsque les militants ont pénétré dans la salle de traite flambant neuve et « arraché du matériel, à quelques semaines du début d’exploitation».

 

Et d’énoncer un préjudice de 115 000 euros, pour réparer le matériel, et 6 000 euros consécutifs au retard d’exploitation.

 

« D’un côté, on a un groupe qui fait 505 M€ de chiffre d’affaires et de l’autre six personnes avec des revenus de 1 500 euros par mois. Donc, nous voulons un examen attentif des demandes, au centime près, car on a tout fait pour charger démesurément la responsabilité de ces prévenus », clame Lætitia Peyrard, pour la défense. Et de démonter les arguments : « Ces six prévenus ont déjà été considérés comme des lanceurs d’alerte par la cour d’appel d’Amiens. Le matériel de traite n’a pas été arraché, mais démonté, pour être montré au ministre de l’Agriculture. Le coût de réinstallation annoncé est démesuré et n’est pas justifié. Et puis, je suis stupéfaite qu’une salle de traite à 480 000 euros ne soit pas assurée. Je ne dis pas que l’assurance pourrait donner droit à du vandalisme, mais il n’y a pas eu de pièces fournies, pour justifier un non-remboursement . »

 

La décision est mise en délibérée et sera rendue le 13 septembre.

 

 

 

REGION

 

01/06/2018

 

Deux parties en confrontation, mais également déçues 

 

 

 

À la sortie du tribunal, alors que des slogans fusent : « Enfermez Sarkozy et Cahuzac, mais relaxez nos camarades », Laurent Pinatel, l’un des prévenus de la Confédération paysanne, se montre amer : « On sent bien qu’il y a une grosse malhonnêteté. Ils ont volontairement décidé de charger la barque, en mettant même des pneus de 4x4 que nous n’avons jamais touchés. La justice doit prendre en compte la mauvaise foi dans la demande, qui a été formulée. »

 

De son côté, Michel Welter, le responsable de la ferme des 1 000 vaches, avance : « J’ai très mal vécu l’ambiance de l’audience. Je suis victime et c’est à la victime d’estimer le préjudice. Jusqu’à preuve du contraire, nous avons gagné tous les procès. L’exploitation a une existence légale et je suis contre la destruction et le saccage. Ils jouent sur l’émotion en permanence, en opposant une agriculture à une autre, mais nous sommes plutôt en haut de gamme en qualité et dans le même schéma qu’une ferme de 35 vaches. »

 

 

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Le Courrier Picard le 31 mai 2018

 

REGION

 

31/05/2018

 

JUSTICE 

 

140 000 euros   pour 1 000 vaches ?  

 

A.M.A.M.

 

 

 

Olivier Lainé, paysan en Seine-Maritime, fait partie des six prévenus, ce 31 mai, lors du procès qui oppose la Confédération paysanne à la ferme des Mille vaches.

 

AMIENS Ce 31 mai, six membres de la Confédération paysanne seront jugés pour des actions à Drucat.  

 

 

 

 

Ce procès au civil, on l’espère comme le dernier, c’est le procès de la facture ». C’est là où tout a commencé – la ferme des Mille vaches à Drucat, près d’Abbeville – que Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération paysanne a choisi d’évoquer le procès qui doit se tenir aujourd’hui devant le tribunal d’Amiens. Six membres de la Confédération vont comparaître dans une audience civile qui fait suite à la condamnation, au pénal, prononcée en septembre 2015 par la cour d’appel d’Amiens. Ils avaient alors écopé de peines allant de 300 euros d’amende à cinq mois de prison avec sursis, pour avoir, en septembre 2013 et mai 2014, saccagé (ou démonté, selon le point de vue) des éléments de la salle de traite de la ferme, alors en cours d’aménagement.

 

« Nous avions mené une action de nuit pour arrêter le chantier, qui en était au terrassement, a rappelé Pierre-Alain Prévot, prévenu, membre de la Confédération à l’époque, lors de la conférence de presse, ce 30 mai, à Drucat. Il a évoqué également « le dégonflage des pneus des engins », celui de « quelques pièces de circuits hydrauliques » et « un énorme tag de 300 mètres de long avec la mention Non aux 1000 vaches. » Ce démontage de la salle de traite, Olivier Lainé, prévenu, paysan de Seine-Maritime, l’a assuré : « Il s’est fait dans l’esprit Conf’. Nous ne sommes pas des casseurs. Nous avons pris très peu de pièces – l’équivalent d’un Caddy. Tout a été démonté proprement. Ils ont cassé derrière nous, pour charger la barque. Lors de l’audience, on va surtout chercher à nous asseoir sur le côté financier. »

 

Car la facture s’annonce salée : 140 000 euros réclamés par Michel Welter, l’exploitant de la ferme des Milles vaches, à la suite des dommages causés par les actions. « Je vais demander les 140 000 euros. L’expert mandaté par le tribunal a fait une proposition d’indemnisation à 127 000 euros , a-t-il réagi, en précisant qu’il sera présent à l’audience. J’attends juste une réponse au saccage de ma ferme. Je veux que cela se termine et continuer à travailler tranquillement. »

 

QUI VA PAYER ?

 

Si le syndicat a déjà pu souffler (une militante, poursuivie pour avoir refusé un prélèvement d’ADN après sa condamnation pour une action contre la ferme des Mille vaches, a été relaxée mardi en appel à Besançon), une grosse amende à Amiens pourrait plomber ses finances. « S’il faut payer, on payera, a concédé Laurent Pinatel, prévenu. Mais ce n’est pas ce qui entravera nos combats. Il faudra continuer de lutter ; la Conf’ repartira en action contre tout ce qui est en train de bousiller notre métier . ’» Le syndicat pourra compter sur le soutien financier de Novissen (Nos villages se soucient de leur environnement, l’association d’opposition à la ferme de Drucat) « Si, par malheur, vous êtes condamnés, on essaiera de vous donner un coup de main car vous faites partie de notre combat », a promis Francis Chastagner, président de l’association. Les bons comptes semblent faire les bons amis.

 

Un rassemblement est prévu dès 9 heures, devant le tribunal. Des animations sont programmées. Informations sur confederationpaysanne.fr.

 

 

 

 

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Le Courrier Picard le 13 avril 2018

 

 

 

«Il faut réduire notre exposition aux perturbateurs endocriniens»

 

 

 

André Cicolella, toxicologue, expert en santé environnementale, tiendra une conférence sur les perturbateurs endocriniens vendredi 13 avril à Abbeville.

 

 

 

Par Denis Desbleds | Publié le 12/04/2018

 

 

 

 

Avec le Réseau santé environnement, qu’il préside, André Cicolella, expert en santé environnementale, toxicologue, a obtenu l’interdiction du bisphénol A en France en 2010. Son combat contre les perturbateurs endocriniens continue. Il animera vendredi soir une conférence à Abbeville, à l’invitation de l’association Novissen.

 

André Cicolella, qu’allez-vous expliquer aux gens vendredi soir lors de votre conférence ?

 

Il y a une grande attente de la population à propos des perturbateurs endocriniens. Ces substances sont l’explication majeure de l’augmentation des grandes maladies chroniques, comme le cancer du sein et le cancer de la prostate. Mais aussi des maladies métaboliques comme le diabète, les maladies cardiovasculaires. Les perturbateurs endocriniens sont aussi en cause dans les troubles du comportement des enfants, dans l’autisme, dans les troubles de la reproduction avec la baisse de la qualité du sperme, l’infertilité qui touche un couple sur cinq, l’abaissement de l’âge de la puberté, etc.

 

Quels sont les moyens d’agir ?

 

La France a adopté en 2014 une « stratégie nationale perturbateurs endocriniens ». L’objectif est de réduire l’exposition de la population, car il n’y a pas de seuils avec les perturbateurs endocriniens. On ne peut pas définir une limite à ne pas dépasser. Il y a aussi l’effet cocktail, quand plusieurs perturbateurs endocriniens agissent ensemble. Il faut donc interdire ces substances dès qu’on peut le faire, et pour cela, mobiliser la société, la population, les collectivités. Le Réseau santé environnement a lancé une campagne « Villes et territoires sans perturbateurs endocriniens ». Paris, Strasbourg, entre autres, ont déjà signé la charte. J’espère qu’Abbeville et d’autres villes de Picardie vont rejoindre le mouvement.

 

En quoi cela consiste-t-il ?

 

Les mesures à prendre sont simples : dans ses commandes publiques, une municipalité peut acheter des produits de nettoyage sans alkylphénol, un perturbateur endocrinien qui contamine l’eau. Les Villes peuvent s’engager sur ces mesures, ni coûteuses, ni compliquées. C’est vrai aussi pour les établissements de santé par exemple. Les municipalités s’engagent aussi à informer et sensibiliser la population.

 

Est-ce plus simple d’agir de cette façon que d’obtenir l’interdiction pure et simple de ces substances ?

 

C’est effectivement plus rapide à faire, mais les deux ne sont pas contradictoires. Après l’interdiction du bisphénol A dans les biberons et les tickets de caisse en France en 2010, l’Europe a suivi en seulement six mois. La France est d’ailleurs en pointe dans ce domaine mais il faut convaincre les autres pays européens pour les autres substances. Certains font de la résistance. Il faut penser aussi au-delà de l’Europe. Le bisphénol A n’est pas interdit sur les autres continents. La France peut jouer un rôle majeur au niveau mondial sur ce sujet.

 

Concrètement, comment agir au niveau personnel ?

 

Par exemple, privilégier l’alimentation bio, car une grande partie des pesticides sont des perturbateurs endocriniens. L’alimentation infantile est contaminée par les phtalates. Acheter des shampooings sans parabène, aussi. Éliminer les perturbateurs endocriniens de notre alimentation et de nos achats, c’est déjà un pas en avant.

 

« Les perturbateurs endocriniens, au quotidien, une fatalité ? », conférence d’André Cicolella, vendredi 13 avril à 20 heures au Rex, centre culturel d’Abbeville. Entrée gratuite.

 

 

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 Le Journal d'Abbeville le 11 avril 2018

 

 

 

 

 

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Le Courrier Picard le 21 mars 2018

 

 

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L'éclaireur du Vimeu du 27 février 2018

 

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