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        Dates à retenir:

Du 15 octobre au 13 novembre 2018

                   En mairie de Drucat et                                     de Buigny Saint Maclou

Consultation du public portant sur les capacités financières de la SCEA côte de la justice

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Tous les vendredis, à 18h Place de la Mairie à ABBEVILLE 

 Novissen répond à l'appel des coquelicots

https://nousvoulonsdescoquelicots.org/ 

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Assemblée Générale de NOVISSEN

Vendredi 30 novembre 2018 à 20 h

Salle polyvalente 

à DRUCAT

 

Gardons le contact

 

          est le bulletin d'info publié                  régulièrement par NOVISSEN            et envoyé à ses adhérents.

Lisez-le et partagez-le!

 

 n° 99  février 2018

1

Emile Vak !

Sous ce pseudonyme, Bernard, notre artiste, nous régale de ses créations ... 

 

 

Pour revoir nos conférences:

 

  2015

Marc Dufumier: 33333

                   La conférence

                                    Questions de la salle 1 

                                  Question de la salle 2

2016

Alain Vaillant

Fabrice Nicolino

Jocelyne Porcher

 

  2017

Hervé Kempf

Jean Michel Jedraszak

Claude Brémard

Gérard Le Puill

 

  2018

Olivier Nouaillas

André Cicolella

François Veillerette

Laurent Pinatel

Claude Kaiser

 

              

 

 

Compte-rendu de la 6ème Assemblée Générale de l'association NOVISSEN.

Le vendredi 1er décembre 2017 à 20h00, dans la Salle Polyvalente de Drucat-Le Plessiel, les 70 adhérents sont accueillis et les 113 procurations vérifiées. Il y a donc 183 votants à cette AG. On note la présence de représentants d’associations partenaires : Daniel Pilc de « Decicamp », Jean-Michel Jedraszak de « AIVES », Didier Findinier et Daniel Trollé pour la Confédération Paysanne région Hauts–de-France, Claudine Bonningue de l'Amap de Rue et la FAMAP de Picardie, Daniel Martel de « Terre de Lien Picardie ». Notre avocat, Me Frison est présent. Le « Courrier Picard » et  le « Journal d'Abbeville » ont envoyé des journalistes. Notre Maire, Laurent Parsis, est excusé, mais il a transmis un texte qui sera lu. Le Conseil d’Administration de Novissen est presque au complet (3 de ses membres sont toutefois excusés).

 

Ouverture de l'Assemblée Générale et vote du compte rendu de l’AG précédente.

 

Philippe Sallé souhaite la bienvenue, et remercie les personnes présentes. Il signale que, le matin même, on a pu lire la « une » du « Courrier Picard » intitulée « Les 1000 vaches trois ans après », et écouter le "live" sur « France Bleue Picardie ». Il propose à l'assistance de regarder les images qui seront projetées sur le mur durant l’AG. Le mot de notre Maire est lu : celui-cicontinue de nous apporter son soutien, espère une décision favorable du Conseil d'Etat, et nous souhaite beaucoup de courage pour l'avenir. Le compte-rendu de notre 5éme Assemblée Générale du 2 décembre 2016 est alors mis au vote. Les adhérents ont pu le lire sur le site de l’association, et il a été affiché dans la salle. Pas de voix contre, pas d’abstentions, ce compte-rendu est adopté à l'unanimité.

 

Rapport moral de l'association, par le président Francis Chastagner.

 

Francis Chastagner regrette que le « Courrier Picard » présente Michel Welter en héros, et déplore que ce dernier nous compare avec "Martine à la ferme", lu par des enfants de 8 ans ! Il salue Me Grégoire Frison qui a fait un magnifique travail avec son cabinet d'avocats, et notamment avec Me Anne-Sophie Chartrelle. "Je tiens d’abord, dit-il en s’adressant à tous, en tant que président de Novissen à vous exprimer ma gratitude pour votre présence à cette assemblée générale 2017, et à vous remercier pour tout ce que vous avez fait pendant cette année écoulée pour assurer la continuité de notre combat et lui donner des perspectives de réussite. Je suis heureux de  toujours savoir compter sur vous et sur votre dévouement sans faille ! Novissen, avec vous, entre cette année dans sa 7e année de lutte. Qui aurait dit en 2011 que, six ans après, nous serions aussi nombreux et déterminés à poursuivre ce long combat qui aujourd’hui dépasse bien sûr largement le cadre des 1000 vaches! Je tiens aussi en préambule à féliciter le CA dans son ensemble pour sa constance (une réunion par mois !), et sa réactivité pendant toute cette année qui a connu de grands moments nécessitant l’implication de tous !

Trois mots vont guider ce rapport moral : résistance, détermination, solidarité.

 

1) Résistance

Avec beaucoup d’autres, heureusement, nous sommes bel et bien entrés en résistance dans un monde dont l’évolution ne nous satisfait pas au plus profond de nous-mêmes, et qu’instinctivement nous ressentons comme dangereux, non pas tant pour notre génération que pour les générations futures. Le grand défi du XXIe siècle est la dégradation écologique de notre planète. La survie de l’humanité est en jeu, et c’est devenu le premier problème politique de notre temps. Les réfugiés climatiques  dépassent déjà en nombre les réfugiés pour cause de guerre. Tous les indicateurs montrent une dégradation catastrophique de l’environnement sous la pression de l’homme. Il faut agir, et vite, prendre les bonnes décisions et abandonner sans état d’âme ce qui nous mène au désastre annoncé encore récemment par 15.000 scientifiques, vu l’état très inquiétant de la planète. Leur cri d’alarme a été publié intégralement dans le journal « Le Monde », et l’article a pour titre : « Il sera bientôt trop tard ». C’est la 2e fois que les scientifiques du monde adressent une telle mise en garde à l’humanité. La première avait eu lieu en 1992 à l’issue du « Sommet de la Terre » à Rio, au Brésil. Un quart de siècle plus tard, rien n’a changé ! Depuis 1992, hormis la stabilisation de la couche d’ozone, l’humanité a totalement échoué dans les défis environnementaux annoncés, et la plupart se sont singulièrement aggravés. Les indicateurs de mauvaise santé de la planète sont nombreux : baisse des ressources en eau douce, des ressources pour la pêche, zones mortes en bords de mer, déforestation, raréfaction des vertébrés, hausse des températures...Alors, oui ! il nous faut réagir vigoureusement si nous voulons protéger nos enfants, préserver nos terres, la qualité de notre air et de notre eau ! L‘évolution actuelle du dérèglement climatique dont nous commençons à ressentir les effets est particulièrement inquiétante. Celui-ci est dû à l’augmentation du volume des gaz à effet de serre dégagés par le brûlage de combustibles fossiles, la déforestation, et aussi la production agricole, notamment les émissions dégagées par l’élevage industriel des ruminants de boucherie ou de production industrielle de lait. On sait aussi aujourd’hui que l’élevage industriel des bovins nécessite deux fois plus d’énergie fossile que l’élevage en pâturages. L’usine des 1000 vaches consomme 1,5kg de soja (OGM) par tête et par jour. Un rapide calcul montre qu’il faut importer d’Amérique environ 600 tonnes par an de soja pour nourrir les animaux, avec les dégâts que l’on sait (pesticides, déforestation). Tout cela pour exporter en Belgique un lait qui finira en partie en poudre, elle-même exportée par exemple au Sénégal, où elle mettra en difficulté les producteurs de lait locaux qui finiront bientôt sur les routes de Libye, tentant de gagner coûte que coûte l’Europe….

On le voit, cette filière industrielle mondialisée du lait est destructrice non seulement de l’environnement au niveau local mais aussi en amont dans les pays où l’on produit massivement du soja et maïs, et en aval dans les pays où l’on revend à bas prix du lait européen largement subventionné par la PAC.

L’usine des 1000 vaches est un des maillons de cette filière, le plus important en France.

Elle est le symbole d’une agro-industrie uniquement motivée par le profit, et dont le système de production met en danger notre planète.

Notre résistance est largement encouragée par tout ce que nous apprenons tous les jours sur un système agro-industriel miné par les lobbies de toutes sortes. C’est un système à bout de souffle qui survit par une éternelle fuite en avant – toujours plus grand, plus gros, plus technique. Les tracteurs et machines diverses hors de prix sont pilotés par informatique, les drones surveillent les parcelles, la haute technologie s’infiltre partout…Mais pour quel résultat ? Pour l’exportation ? Le non-sens économique le dispute au non-sens écologique jusqu’au non-sens social. Les agriculteurs disparaissent –  Combien dans la misère ? Combien poussés au suicide ? Et avec eux c’est notre agriculture qui disparaît et tous nos savoir-faire ! Adieu terroirs et biodiversité !

Notre résistance est farouche, car de cela, nous n’en voulons pas !

Et c’est le rôle de Novissen que de continuer à le dire, d’affirmer haut et fort que d’autres solutions existent !

Sondage après sondage les Français le disent, et il faudra bien qu’un jour la FNSEA et les lobbies agro-industriels les entendent !

90 % des personnes interrogées sont favorables à une transition vers une agriculture « plus respectueuse de l’environnement ».

82 % des Français se disent favorables à une réorientation des subventions vers une agriculture biologique et paysanne.

86 % des sondés se disent favorables à une interdiction progressive des pesticides d’ici 2025.

Enfin 67% des Français se déclarent opposés aux projets de fermes d’élevage concentrant plus de 1000 animaux.

Regardez ce sondage de la revue « Marmiton » de ce mois ! La société civile a des longueurs d’avance sur nos décideurs !

Nous résistons car l’usine des 1000 vaches est un projet imposé à la population, un projet polluant qui participe gravement à la destruction progressive de notre planète, un projet qui n’a d’autre objectif que le profit immédiat au mépris du respect des animaux et de la qualité de notre territoire. Il faut revoir en profondeur la notion même d’entreprise qui ne peut plus se fonder simplement sur le profit mais doit aussi tenir compte de l’environnement et des aspirations de la société.

Résistance donc ! mais aussi …

 

2) Détermination

Notre résistance a beau être légitime, elle n’en est pas facile pour autant. Et avec vous, nous n’avons pas ménagé nos efforts en cette année 2017 ! Novissen se veut une véritable association citoyenne de défense de l’environnement, et a adhéré récemment à la Fédération Régionale France Nature Environnement Hauts-de-France, dont l’assemblée générale constitutive aura justement lieu demain samedi 2 décembre.

En début d’année, nous avons pu obtenir que les dons faits à Novissen ouvrent droit à une réduction d’impôt de 66 % dans la limite de 20 % du revenu imposable. Avec Claude Dubois, nous sommes allés à Lille défendre notre dossier qui avait été dans un premier temps rejeté parce que notre action était jugée trop restrictive, centrée sur l’usine des 1000 vaches. Nous avons démontré le contraire, notamment avec l’organisation régulière de conférences sur des thèmes divers : dérèglement climatique, particules fines, agriculture et santé...
Suivant les décisions de notre dernière AG, nous avons agi selon 3 axes principaux :  1)surveiller l’usine et essayer de voir ce qui s’y passe ; 2)engager toutes les poursuites judiciaires qui s’imposent ; 3)continuer à sensibiliser la population locale sur les dangers de l’agro-industrie par des rencontres régulières lors de conférences.

Mais surveiller l’usine des 1000 vaches n’est pas évident ! Transparence et réel dialogue avec les citoyens ne sont pas de mise !

La Préfecture nous a accordé, le mois dernier, l’organisation d’une seconde ILIS (Instance Locale d’Information et de Suivi) qui nous a permis d’avoir quelques informations, mais interdiction de parler des questions qui fâchent comme l’illégalité actuelle de l’usine, ou le non paiement des amendes...La Justice tranchera ! Et pour le reste, il faut croire le promoteur sur parole et se cantonner à ce que permet le Droit !  Novissen aimerait pourtant bien savoir, par exemple, quand les vaches illégales sont arrivées...LaPréfecture le sait, mais ne peut, selon elle, communiquer là-dessus pour cause de « confidentialité »…Novissen aimerait aussi avoir une tierce expertise tant en ce qui concerne les épandages que le bilan carbone : il y a quand même  pour cette usine, conçue pour produire 10 millions de litres de lait par an, près de 30.000 T de déchets à épandre chaque année, ce qui n’est pas rien ! Nous saisissons régulièrement les services de la Préfecture à ce sujet : le gérant nous rassure, les services relèvent des anomalies, mais on n’a rien de véritablement convaincant…sur le fond ! Quel est l’impact réel sur notre territoire en termes de pollution de l’eau et de l’air, c’est cela qui nous intéresse ! A-t-on évalué l’impact de cette usine sur le dérèglement climatique ? Non ! Notre association réclame avec force une nouvelle enquête publique et une nouvelle étude d’impact qui tienne compte de la dernière réglementation du 26 janvier 2017 et du décret du 24 avril 2017 concernant l’environnement.

Il faut donc engager les poursuites judiciaires qui s’imposent !

Je n’entreraipas ici dans le détail de ce qui est devenu un véritable imbroglio juridique !Retenez simplement ceci : nous avons régulièrement été déboutés en référé au Tribunal Administratif d’Amiens, mais nous avons tenu bon, fait appel en Cour Administrative de Douai et même poursuivi en Conseil d’État.De nombreuses irrégularités entachent tous les dossiers que ce soit  le permis de construire, l’autorisation d’exploiter, l’annulation des amendes dues pour dépassement illégal et assumé du nombre d’animaux ...et le vent commence à tourner.Le 16 novembre dernier, la Cour Administrative d’Appel de Douai a « retenu un vice de procédure au stade de la première enquête publique de 2011 relatif à un défaut d'information du public sur les capacités financières de l'exploitant ».La Cour renonce pour le moment à tirer les conséquences de cette irrégularité, et pour des raisons « d’interprétations délicates » de l’ordonnance sur l’environnement du 26 janvier 2017 et du décret du 24 avril 2017 demande l’avis du Conseil d’Etat qui a un délai maximum de trois mois pour se prononcer. Il s’agit d’une décision importante pour notre association qui y voit le signe d’un étau juridique qui se resserre autour de cette installation. D’autres procédures sont en cours dont on attend aussi les conclusions. L’une concerne le permis de construire, l’autre l’annulation du paiement des amendes par le Tribunal Administratif d’Amiens le 20 juin dernier.Nous avons été nombreux à dénoncer en juin dernier un véritable déni de justice et avons manifesté notre colère dans la cour même du Tribunal Administratif à Amiens. Nous espérions que l’État fasse appel de cette décision totalement incompréhensible pour nous, et c’est ce qui, heureusement, a été fait ! Novissen fait aussi appel de cette décision scandaleuse, et dénonce vigoureusement l’argument fallacieux mis en avant : le promoteur serait dans son droit suite au principe « Silence vaut acceptation », que la Préfecture aurait appliqué durant deux mois ! Incroyable, mais réellement affirmé ! Et bien évidemment, faux ! On attend la suite avec impatience…

Notre association Novissen apporte son soutien aux autorités de la République pour que le droit soit respecté et l’intérêt général sauvegardé. Elle ne se satisfera ni d’un jugement sur la forme ni d’une dérobade. Les citoyens que nous sommes ont droit à la justice et se battront pour l’obtenir.Et  en attendant, nous avons à nous informer, à apprendre, et à faire preuve de….

 

3)Solidarité

Novissenn’est pas que dans la lutte directe contre le projet industriel des 1000 vaches. Le projet que nous dénonçons a, certes, un impact local, mais nous amène à réfléchir de façon plus globale sur ce qui fonde notre société et la met aussi en danger.D’où nos différentes conférences en cette année 2017 qui ont traité aussi bien de l’aspect politique et économique avec Hervé Kempf et François Ruffin que de protection de l’environnement avec J-M Jedrazsak sur les particules fines, Claude Brémard sur les gaz à effet de serre, Gérard Le Puill sur les conséquences désastreuses des dérives de l’agro-industrie au niveau mondial.

Réfléchir passe aussi par le spectacle, comme nous l’ont montré Catherine Zambon et Jean-Yves Berteloot avec une belle lecture au joli titre : « Nous étions debout et nous ne le savions pas ». Ce fut une très belle soirée, revivifiante pour tous !

Et  n’oublions pas notre belle 4e fête anti-1000 vaches de 2017 qui nous a permis de remobiliser nos forces en septembre dernier et de sortir le magnifique livre de Bernard « Le Journal d’Emile Vak », 2e livre de Novissen, en vente aujourd’hui même, et qui connaît un beau succès ! Oui, ce mot est important pour tous les membres de Novissen : la solidarité !

Nous ne sommes pas seuls et d’autres luttes ont lieu partout, autour de nous, avec le même objectif : protéger la vie, la biodiversité, préserver la terre qui nous nourrit, respecter le producteur avec un revenu décent, le consommateur avec une alimentation saine, l’animal qui a aussi ses droitsNovissen soutient les associations qui luttent contre l’élevage industriel comme AIVES à Heurighem ou DECICAMP à Loueuse. Elle fait partie d’un collectif national, le « Collectif Plein air », dont elle partage les orientations. Elle est membre de « France Nature Environnement Hauts-de-France », qui vise à regrouper les associations en lutte de notre région pour avoir plus de poids.

N’oubliez pas de signer la pétition contre l’élevage intensif d’Acquin-Westbécourt ! C’est cela aussi notre action !

 

Pour conclure, merci à nouveau de soutenir par votre présence Novissen. Nous ne pourrons gagner et relever les immenses défis qui sont devant nous qu’en nous rassemblant et en agissant en tant que citoyens responsables. Ne comptons pas sur des solutions qui viendraient d’en haut. Comptons sur nous-mêmes, et bâtissons jour après jour, par nos décisions, le monde de demain. Il se dessine déjà avec le développement des circuits courts, le succès du bio et surtout l’évolution formidable des mentalités. Ensemble, poursuivons notre lutte, nous sommes sur le bon chemin ! Novissen sait compter sur vous, nous restons debout, nous ne plierons pas, et cela, aujourd’hui, nous le savons !"

Le président est très applaudi ! Philippe Sallé demande à la salle s’il y a des commentaires sur ce rapport moral, et sinon, de le voter. Il n’y a pas de voix contre, pas d’abstentions : ce rapport est adopté à l'unanimité, avec de nouveaux applaudissements.

 

Compte rendu des activités depuis la précédente AG , par Marc Dupont, Secrétaire.

 

Marc Dupont commente alors le tableau suivant qu’il a réalisé.

 

Puis Marc Dupont demande à Bernard Dufour de présenter les activités qu’il gère, seul ou avec quelques membres du CA, en  réponse à la demande d'associations qui se battent aussi contre des grands projets inutiles et imposés.

« Je ne vais pas, dit Bernard, vous imposer une longue rétrospective sous forme d'inventaire fastidieux de nos activités "d'ambassadeurs" comme certains membres du CA aiment à nous nommer. Mais je vous assure que NOVISSEN fut présente et active dans de nombreuses manifestations, tant au niveau régional que national. Il y a eu trois temps forts en rencontres, adhésions et résistances au cours de cette année :

Les 8 et 9 juillet : présence nombreuse de NOVISSEN à Notre-Dame-des-Landes, en Loire Atlantique, dans le cadre de la convergence des luttes contre les grands projets imposés et inutiles (GPII).

Les 19 et 20 Août : à Alloue-en-Charente pour célébrer avec nos amis, les 30 ans de la Confédération Paysanne qui oeuvre tant contre les élevages industriels.

Et le 10 septembre : chez nous, pour la 4ème Fête des Anti-1000 vaches, au cours de laquelle fut lancé le « Journal d'Emile Vak , l'usine et son monde ». De nombreuses séances de dédicaces ont occasionné à « Emile » quelques problèmes de boiteries au poignet droit, mais, malgré cela, il continue ses tribulations qui l'ont amené :

- dans le Nord à Loos-en-Gohelle pour la Fête Paysanne

- à Saint Leu d'Esserent dans l'Oise pour le Fest'Oise

- à Amiens, devant le Tribunal, en soutien au boulanger pour son procès, qui fut victorieux en appel

- à Saint-Aignan-sur-Ry en Seine-Maritime pour l'événement « Ramène Ta Pomme ».

Il faudrait encore remercier tous les endroits qui nous ont accueillis, et toutes les personnes qui, par l'achat de ce livre, ont participé à la vitalité de NOVISSEN, comme :

- La Maison de la Résistance de Bure dans la Meuse, en lutte contre le projet CIGEO d'enfouissements des déchets nucléaires

- La Belle Verte d' Hesmond et Salicorne dans le Pas-de-Calais, groupes de consommateurs réunis en épicerie associative bio

- Les Amap de Saint-Valéry, Rue et Abbeville,

- Le « Repaire » qui se réunit au Crofter's d'Abbeville,

- La Maison pour Tous qui a permis la vente du livre après la lecture du texte de Roland Dubillard « Olga ma vache »,

- La France Insoumise pour son accueil dans ses locaux de la 1ère et 3ème circonscription, et lors du débat organisé salle des Carmes et ainsi que le groupe abbevillois Picardie Debout.

Vraiment, un grand merci à tous, associations, citoyens, consomm'acteurs, pour cette année écoulée !

Et Bernard termine avec une citation d'Emile Vak : « Un jour les vaches retrouveront leurs veaux ».Il est très applaudi !

Marc s’adresse alors à Marie Delrot pour lui demander de dire un petit mot concernant la préparation de la Fête, avec ses couturières et ses aides en cuisine. Elle précise que c'est sa première année au CA, qu'elle trouve cette association épatante, et propose aux personnes présentes de la rejoindre : si elles veulent apporter une aide quelconque, elles vivront une aventure formidable. Marie Delrot est, elle aussi, applaudie.

Marc Dupont rappelle l’importance de la communication, et l’utilité de confier à l’association une adresse-mail quand on en a une. Puis il demande à Philippe Sallé de commenter l'impact de la communication qu'il gère sur les réseaux sociaux. C'est un moyen moderne de communication, répond celui-ci, qui fonctionne très bien, et qui permet de transmettre rapidement une information quand elle est importante. Elle est aussitôt relayée par les 2 à 3.000 internautes qui nous suivent. L'info est donc diffusée au niveau local et au niveau national, particulièrement via Facebook. Concernant la conférence « 100% bio », nous avons eu 23.000 alors que nous n'avions jamais dépassé les 15.000.

Pour finir, Annie Guillochon transmet le nombre de personnes qui à ce jour ont adhéré à Novissen : 3.166 !!

 

Philippe Sallé remercie chacun : ce travail de mémoire sur l’année écoulée montre un nombre édifiant et impressionnant d‘actions, et prouve que notre présence s’étend loin. Il demande s’il y a des commentaires sur ce rapport, puis propose de le voter. Il n’y a ni voix contre, ni abstentions. Ce rapport est adopté à l'unanimité, avec applaudissements.

 

Le rapport financier, par Hervé Farcy, Trésorier

 

Hervé Farcy indique qu'un tableau des recettes et dépenses pour l’année écoulée est affiché dans la salle, puis il le commente.

 

Hervé Farcy insiste sur 3 points : l'importance des dons des adhérents, l'impact de nos aides à certaines associations (« les 1000 veaux », l’ACIPA (NDDL), Agir pour l'Environnement…), et l'impact du livre d'Emile Vak  (achat puis ventes, et donc recettes).

Il ajoute : "Malgré des dépenses plus élevées que les recettes, les finances de l'association sont saines. Elles nous permettront de continuer nos actions contre cette ferme-usine."

 

Philippe Sallé demande s’il y a des commentaires sur ce rapport financier, et le propose au vote : il n’y a ni voix contre, ni abstentions. Ce rapport est adopté à l'unanimité, avec applaudissements.

 

Pour les prévisions budgétaires, Hervé Farcy reconnaît qu'il est difficile de les estimer. Elles vont dépendre de notre activité, de nos déplacements locaux voire nationaux, des coûts engendrés par nos conférences et nos spectacles. La vente du livre, les dons et les adhésions nous permettront vraisemblablement, comme chaque année, d'assumer aussi les coûts juridiques éventuels. Nos réserves actuelles nous permettent d’aborder 2018 sereinement, sinon, un appel exceptionnel pourra être envisagé. Il est rappelé que les dons font maintenant l'objet d'une déduction fiscale. Une information est donnée pour avoir une idée de la façon dont réagissent les adhérents de Novissen : entre l’envoi de la convocation (qui rappelle qu’un soutien est nécessaire) et l’AG proprement dite, il a été récolté 2.340 €  (auxquels s’ajouteront 585€ reçus le soir même et le lendemain).

 

Renouvellement du Conseil d'Administration (ou CA)

 

L'ensemble du CA est candidat à sa réélection. Philippe Sallé demande qui dans la salle souhaiterait le rejoindre. Patrice Defacque se propose, et il est applaudi. Philippe Sallé nomme ensuite les membres actuels du CA par ordre alphabétique, et leur demande de se présenter. Il s’agit de :

MesdamesAgnès Defoort, Marie Delrot Mc Lean, Maryline Dufour, Claudine Flautre, Annie Guillochon, Christine Hurtevent, Chantal Nicolaï, Thérèse Pallu, Catherine Zambon.

MessieursGuy Cavelier, Francis Chastagner, Claude Dubois, Bernard Dufour, Marc Dupont, Hervé Farcy, Régis Fournier, Michel Guillochon, Michel Kfoury, Gérard Leborgne, Georges Lefèbvre, Michel Mairesse, Alain Miarlet, Philippe Pallu, Claude Pelletier, Lucien Pinot, Philippe Sallé, Sylvain Vaquez.

Philippe demande à la salle de voter pour le renouvellement du CA avec la présence d’un membre supplémentaire. Pas de voix contre, pas d’abstentions. Ce nouveau CA est accepté à l’unanimité, et comporte donc maintenant 28 membres.

Lors de sa prochaine réunion, lundi 11 décembre, et selon nos statuts, il sera procédé au vote du Bureau pour répartir les principales responsabilités (président, trésorier, secrétaire…).

 

Les perspectives d'avenir, par Francis Chastagner

 

Francis Chastagner remercie la salle, dit un mot sympathique concernant ce Conseil d'Administration qui œuvre de façon soudée, et se dit content de l'arrivée de Patrice Defacque. Pour l’avenir, les axes évoqués dans le rapport moral vont rester les mêmes : continuer à résister avec détermination, faire avancer les idées. Or, pour faire évoluer les mentalités, il faut savoir dialoguer et cela demande du temps. Ce qui s'impose à nous, dans les 2 ou 3 années qui viennent, nous contraint à changer de cap, sinon c’est la catastrophe ! On organisera donc des conférences : Francis Chastagner est très content d'avoir obtenu la participation d'Olivier Nouaillas, journaliste de "La Vie". Il incite les médias à être présents le 26 janvier, car ce sera un grand moment pour Novissen. O. Nouaillas parlera de transition agricole. Il faut lire son livre passionnant : "Des 1000 vaches aux 1000 terroirs" ! Le titre est magnifique et significatif : il faut défendre les terroirs plus que les territoires. Notre terroir a été laminé par 50 ans d'agriculture industrielle. Mais ce n'est pas pour condamner les agriculteurs, bien au contraire. Francis Chastagner est consterné de constater que la FNSEA a enterré ses adhérents ! Il y aura des contradicteurs dans la salle, dit-il, tant mieux, car un débat est toujours intéressant. A propos d’oppositions farouches, il fait référence au glyphosate et à l'attitude du Ministre de l'Agriculture allemand ! Puis Francis Chastagner évoque les années 70 avec René Dumont, représentant écologique, qui déjà nous mettait en garde contre les multinationales ! On y est aujourd'hui. Lieu de dialogues et d'échanges, nos conférences apporteront aussi un espoir, mais sans oublier qu’il faut agir maintenant. Le professeur Cicollela sera aussi invité pour une conférence importante sur les perturbateurs endocriniens, sans doute sur Abbeville. Hélas à ce sujet, si vous avez vu le documentaire sur ARTE "Demain tous crétins", le QI baisse ! Du côté juridique, il nous faudra être réactifs, manifester encore au Tribunal Administratif si nécessaire, et faire une nouvelle Fête Anti-mille Vaches, qui pourrait être, qui sait ? celle de la libération. « Je compte sur vous, on est là, on y reste ! » dit-il pour finir, et il est applaudi.

 

Questions diverses

 

La parole est donnée à notre président d'honneur, Michel Kfoury.  Celui-ci se dit optimiste : on a marqué des victoires, pas sur le terrain, mais dans la mentalité des citoyens. Qui parlait il y a 6 ans  des méfaits des perturbateurs endocriniens, des particules fines, des pesticides et du glyphosate ? On parlait du bien-être animal, des odeurs, etc… La société change. La production du bio en France est à 2 chiffres, 20 %, et j'espère beaucoup plus : 60 voire 80 % dans les années à venir. "Nous pouvons être fiers de cela ! » dit-il. Nous étions "lanceurs d'alerte" il y a 6 ans, aujourd'hui nous continuons à accompagner la société à ce sujet. Autre point important : au-delà des 1000 vaches, nous avons abordé les terres agricoles, la santé, beaucoup de victoires ont été gagnées. On a combattu cette ferme-usine alors que pour la société, pour les élus, pour les médias, c'était le modèle à suivre ! En fait, l'article de Denis Desbled de ce matin, dans le « Courrier Picard », montre qu’ "ils sont sur la défensive" ! Cette ferme est tenue par un homme qui défend ses chiffres (comme il l'a fait à l'ILIS), mais en fait, il sait que ce n'est pas l'avenir ! La vérité sur ce qu'est réellement la SCEA Côte de la Justice ? Les médias ne vont pas la chercher, mais ce que Michel Ramery a fait avec la FNSEA contre les paysans, c'est ce qu'ont voulu faire les Chinois dans le centre de la France. Les registres sont aujourd'hui publics : la SCEA est-elle réellement possédée, comme le prétend Michel Welter, par les 28 personnes qui y travaillent ? Non ! ils ont laissé leurs vaches dans cette ferme, ils ont retourné leurs pâtures pour y planter du maïs pour nourrir ces vaches. Il n'y a, en réalité, que 10 salariés dans cette ferme. Les autres sont céréaliers, ils ont abandonné cette usine ! Et sur les 2.200 actions, Michel Welter n'en possède qu’ 1, avec sa femme : 0,5 chacun !!! 1000 actions sont pour les héritiers de Michel Ramery, 500 pour SA Ramery : BTP, Habitat, Environnement, 500 pour MR Finances, et ça les médias doivent le dire ! Michel Kfoury demande à Denis Desbled de l'écrire dans « le Courrier Picard » : la FNSEA défend la finance et non les agriculteurs. Dans cette usine, ce sont des Roumains ou des Polonais, engagés à bas prix, et non des éleveurs. Il est alors très applaudi !

Michel Kfoury veut encore dénoncer les mensonges concernant les contrôles. 1)Les citoyens, ONG ou scientifiques n’ont aucun conflit d'intérêt, contrairement aux industriels ou M. Welter quand il se félicite de la qualité de l'eau qu'il pompe sur le plateau. Oui, elle est bonne, mais le Directeur de l'ARS présent a reconnu que les nitrates sont lessivés et se concentrent en bas vers la vallée, ce qui nous condamne à boire une eau polluée. 2)Les odeurs ne sont pas l'essentiel de notre combat. Elles ont été mesurées en mai dernier par 5 capteurs, et les résultats diffèrent en fonction du sens du vent. Un capteur a montré que près de l’usine, on peut ne pas sentir d'odeurs, mais qu'à plus de 500 mètres, sous le vent, on le peut. Il doit installer des filtres. 3)Michel Welter est bien sur la défensive, quand il annonce faire 10.300 litres par vache ! C’est se moquer de nous. Même Mme Crété, de la Fdsea, lui a demandé de relativiser ! N'oublions pas qu'ils sont plusieurs associés, et que son lait provient de plusieurs sites ! En mentant, il veut faire croire qu'il est un pro qui fait mieux que les autres. 4) Concernant la qualité du lait, oui, les normes actuelles sont respectées, mais ces normes, comme pour l'eau, datent de 50 à 60 ans, et sont maintenues par des personnes qui préfèrent oublier que l'alimentation des vaches laitières est ici bourrée de pesticides venant de la culture du maïs ! Les pesticides et les perturbateurs endocriniens dans ce lait ne sont pas mesurés ! 5)Enfin la fédération ATMO  vient d'être chargée de mesurer la pollution de l'air sur toute la France. Nous avons donc demandé s'il était possible de doser les particules fines, sous le vent, près de la ferme. La Directrice de l'ICPE a répondu : "oui, mais ce n'est pas obligatoire". Le Maire a alors insisté pour savoir si sa population était en danger ou non. Et la réponse a été : "Les normes ne nous obligent pas à le faire, donc on ne le fera pas" ! Nous demandons une chose essentielle, que la santé publique soit garantie. Heureusement, les normes bougent. Je reste dynamique et sans inquiétude. On a marqué des points, et on n'a pas fini d'en marquer. Cette ferme-là à terme n'existera plus, ce n'est pas l'avenir ! Michel Kfoury est très applaudi.

 

Philippe Sallé propose alors un échange avec les représentants des associations partenaires. Jean-Michel Jedraszak de AIVES fait le point sur la porcherie industrielle d’Heuringhem. Il va être très court sur l'évolution de ce projet contre lequel il se bat, comme nous, depuis 6 ans. La porcherie est construite. Sur les 4.500 porcs prévus, la moitié est en production par suite des aspects juridiques et financiers qui en découlent. L'association a été déboutée au Tribunal Administratif (TA) pour "non intérêt à agir" car habitant trop loin du projet. La Préfète avait pourtant confirmé l’inverse ! Les juges ont estimé qu'ils n'avaient pas frappé à la bonne porte et qu'ils devaient s'adresser au Tribunal de Grande Instance de St-Omer, et non au TA. L'autorisation d'exploiter a été annulée en juin, pour raison financière comme les 1000 vaches. Mais l'exploitation peut se poursuivre pendant une nouvelle enquête publique. C'est très difficile de faire arrêter une exploitation de porcs. Espérons que ce sera plus simple pour les bovins !

Maintenant, il va leur falloir se battre contre une nouvelle ferme-usine, de volailles cette fois. L'enquête publique est terminée depuis la semaine dernière. Les habitants se sont mobilisés tardivement. Une pétition a été mise sur internet hier, avec un dessin de Bernard, qu'il trouve admirable (le dessin est projeté et applaudi). Jean-Michel Jedraszak revient sur l'étude des particules fines demandée par Michel Kfoury. Il explique qu'il faut que l'ammoniaque réagisse en rencontrant l'oxyde d'azote, c'est la seule mesure faisable. Il est pessimiste quant à la faisabilité de ce contrôle près de la ferme-usine. Or c'est bien l'ammoniaque qu'il faut doser. L'association AIVES est au bout du rouleau au niveau juridique, mais continue à se battre contre d'autres projets. Ils espèrent voir la mise en place d'une agriculture paysanne de proximité, de qualité, si possible bio. Ils ont créé dans la région une AMAP qui fonctionne bien. L'association « Terre de Liens » va acheter un terrain qui va aider les agriculteurs et permettre à l'AMAP de se développer.

 

Philippe Sallé passe alors la parole à Daniel Pilc qui signale un rapport international paru il y a quelques semaines : les particules fines sont davantage causées par l'élevage intensif que par l'impact routier. Il veut remercier Novissen, qui, trop modeste, a oublié une action : sa présence active à Loueuse pour une réunion d'information importante, réalisée avec « Générations Futures », sur le thème "Notre santé est-elle en danger " ! Un certain nombre de leurs communes sont polluées à l'atrazine. Mais les élus et l'Administration s'en tiennent à la réglementation minimale, qui consiste à afficher sur les panneaux de la Mairie la dérogation de la Préfecture. Il y est dit que ce niveau de pollution n'est pas dangereux, qu’on peut boire l'eau du robinet. Pourtant, la présence de perturbateurs endocriniens est bien nocive pour la santé. Cette conférence a eu un réel impact. Daniel Pilc dit avoir été choqué par le cri d'une femme désespérée, dont les deux enfants sont malades à cause des perturbateurs endocriniens. La communication de Décicamp a évolué depuis sur la notion de santé publique. La porcherie de Loueuse produit environ 9.000 porcs. Le combat continue avec 2 actions juridiques en cours, contre le permis de construire et l'autorisation d'exploiter. Nous avons pu prouver que le schéma présenté des infrastructures était faux ! "On attend le jugement et, comme Novissen, on ne lâchera pas" !  Le cabinet d'avocats Frison a permis de fournir des arguments utiles, et il en est remercié. Décicamp est de nouveau « lanceur d'alerte » sur le projet d'une nouvelle ferme-usine de volailles avec 177.000 "animaux équivalents", soit quelques millions de bestioles par an, et une zone d'épandage qui recouvre celle de la porcherie industrielle ! Mais bizarrement, ce projet n'a pas fait bouger la population. Daniel Pilc est en colère : les enquêtes publiques sont une duperie, elles ne servent à rien, c'est une démarche pseudo- démocratique. Un dossier de 5 à 600 pages, parfaitement argumenté, sera "balayé" en quelques minutes. Il faudrait demander à nos élus de nouvelles lois pour exiger une lecture attentive et complète. Notre activité se développe donc en tant que "lanceur d'alerte" contre tout ce qui peut porter atteinte au bien commun : avertir la population et les médias, et agir si possible. On est une petite association, on a donc peu de moyens, mais Novissen a été présente dès le premier jour. Il faudrait être plus nombreux. Hélas, beaucoup disent « il faudrait faire ci ou ça », mais ils ne sont jamais sur le terrain ! Daniel Pilc est très applaudi !

 

Philippe Sallé remarque que, dans les actions évoquées, s'inscrit la recherche de la qualité de l'air, de l'eau, de l'environnement, de la santé. Une alimentation de qualité produite dans de bonnes conditions est réclamée de plus en plus par les consommateurs. La parole est alors donnée à un agriculteur de la Confédération Paysanne, Didier Findinier qui félicite Novissen de rester dynamique. La Conf’ justement fait passer le message : "il ne faut pas baisser la garde". Notre Ministre de la Transition Ecologique semble vouloir faire avancer les dossiers. Mais d'autres personnes influentes cherchent à nous enterrer. Ainsi, une loi en préparation permettra de réaliser une enquête publique sur internet, donc en catimini ! Une autre loi en préparation rendra difficile le passage des terres d'un agriculteur prenant sa retraite vers un jeune qui débute ! Rien de réjouissant donc, mais nous gardons espoir. Désormais, ce sont eux qui sont maintenant montrés du doigt, et non plus nous ! Il est très applaudi !

 

La parole passe à Daniel Martel, de « Terre de Liens Picardie ». « Terre de Liens » a deux pistes de travail : la première est de permettre la réalisation de projets agricoles sur de petites structures, en maraîchage essentiellement, ou petits élevages, ou  petites fermes de 20 à 30 ha. « Terre de liens » a pu collecter en 6 ans 60 millions d'euros, et faire une centaine d'acquisitions au niveau national, dont 3 en Picardie. Avec leurs collègues du Nord-Pas-de-Calais, ils ont créé une société coopérative nationale collective, « Gaya », ayant pour mission de collecter des fonds pour permettre l'installation de porteurs de projets. La 2ème  piste de travail concerne le prix de la terre, qui est devenue chère en Picardie. En se tournant vers les collectivités locales et territoriales, ils ont demandé de mettre de la terre à disposition de porteurs de projets. Une installation a pu se faire avec Amiens Métropole, l'ARS et la Chambre d'Agriculture sur une zone de captage d'eau de 12 ha, où ont été installés 2 maraîchers. Arrivés en 2005, ils étaient "mal vus", mais depuis, ils travaillent avec la SAFER et la Chambre d'Agriculture. Ils travaillent actuellement sur un projet en vue de fournir des aliments bio sur 400 ha : 200 ha par la Commune et 200 ha par un hôpital.  Mais pour mener à bien ce projet, il leur manque 5 ha, que la collectivité refuse, pour le moment, de leur confier. Ce matin, un journaliste économique, François Lenglet, parlait des fermes-usines. Il avait rencontré des éleveurs en Bretagne qui exportent du lait en briques en Chine, et qui pensent que ce modèle est l'avenir pour l'élevage. Donc pour être heureux, regroupez-vous et exportez vers la Chine ! Rires et applaudissements.

 

Philippe Sallé passe le micro à Claudine Bonningue représentant la FAMAP et les AMAP. Toutes les semaines, elle reçoit des appels de  jeunes qui veulent s'installer pour faire de l'agriculture paysanne et bio. La FAMAP défend l'Agriculture Paysanne, et le bio, qui existe aussi en agriculture traditionnelle. Il y a en effet 2 voies pour le produire. Elle rejoint la Confédération Paysanne et les amis de la Conf' qui veulent une agriculture qui fasse vivre des familles, qui respecte leur travail, qui nous nourrisse correctement. L'AMAP de Rue, c'est 14 paysans entre la Seine Maritime et le Pas-de-Calais. Elle est ravie de la mise en place de l'AMAP près d'Heuringhem. Ces agricultures paysannes montrent qu'on peut faire mieux et meilleur que les grosses structures. Applaudissements.

 

Philippe Sallé intervient sur la circulation routière. Il signalait ce matin sur « France Bleue » les 8.000 véhicules, dont 2.500 poids lourds, qui passent tous les jours à 200 mètres de l'usine. On est au cœur de 3 nuisances : particules fines, odeurs et eau non potable ! Jean-Michel Jedraszak nous invite à signer la pétition contre l'usine de volailles. Les poussins viendront d'Allemagne. Une fois bien grossis, ils repartiront pour l'Allemagne. Le porteur du projet a été soutenu par la société coopérative agricole UNEAL qui fabrique des aliments pour le bétail. On ne répond pas à la demande du consommateur, mais au besoin industriel d’écouler du stock et de faire du profit. Et pourquoi ces allers-retours ? Parce que la France est plus tolérante à l’égard de la pollution que l’Allemagne !! Daniel Pilc intervient pour signaler que les poussins du projet des 177.000 volailles reçoivent une alimentation venant de Belgique. Décicamp a étudié tous les cahiers des charges des labels bios. L'Europe accepte 0,9% d'OGM pour l'agro-industrie dite « bio » alors que les agriculteurs bio sérieux n'en utilisent pas.

Michel Kfoury veut revenir sur les particules fines pour lesquelles l'élevage intensif dépasse le transport. Tous deux sont couplés aux cultures intensives. Concernant les éleveurs bretons et le lait expédié loin de France, Michel Kfoury explique que oui, il y a 3 ans, les débouchés russes et chinois étaient demandeurs. Mais depuis l'embargo russe le prix du lait est tombé. Depuis 2 ans, c’est la surproduction de lait en Europe. François Lenglet le dit sur France 2 : l'Europe ne peut pas renforcer ses stocks de lait et de beurre. Actuellement, les prix de vente vers la Chine restent intéressants, mais Monsieur Lenglet oublie de dire que ça ne durera pas, car il y aura bientôt en Chine une ferme de 100.000 vaches ! Si cela se maintient, les Chinois n'achèteront plus notre lait en 2019. Pousser à la quantité plutôt qu’à la qualité, c'est absurde, surtout en France qui bénéficie de pâtures et d'un bon climat. Economiquement c'est une aberration totale. Une personne évoque alors la décision du Qatar qui, sous embargo de l'Arabie Saoudite et des Emirats Arabes Unis, va importer 14.000 vaches dont 3.400 sont déjà stockées dans une seule ferme.

 

Une autre personne demande pourquoi, sur une photo projetée, un logo proche du nôtre est présent sur un bovin dans un pays qui semble être la Birmanie. C’est Sylvain Vaquez, agriculteur, qui a envoyé ce clin d'œil humoristique lors d'un voyage, malgré les difficultés évidentes qu’il a pu rencontrer avec la barrière des langues. Rires et applaudissements.

 

Francis Chastagner veut conclure l’AG en rappelant que les circuits courts existent naturellement depuis toujours. Aujourd'hui, le système de production n’assure plus la sécurité alimentaire. Si on laisse progresser l'agriculture industrielle, on sera pieds et poings liés par ceux qui ne veulent que le profit. Et c’est une catastrophe sur la santé, sur le climat, sur les millions de migrants climatiques… Il faut donc se battre. Comment ? Une personne dit qu'il faut manger moins de viande. Francis Chastagner acquiesce, mais ajoute qu'il faut favoriser les circuits courts, aider davantage « Terres de Liens », les magasins paysans.  Oui, dit Michel Kfoury, lors de marchés publics, on peut s’adresser aux circuits courts. Encore faut-il le savoir ! A l'hôpital, pour la nourriture, les travaux, les chantiers, j'impose les circuits courts. Mais c’est peu connu. Au lieu de nous parler santé, on nous parle rentabilité. Une dame signale que tous les jours sur « Europe 1 » une émission qui s'appelle "circuits courts" donne la parole à des gens qui agissent dans ce sens, « Carnets de campagne » sur « France inter » aussi. Oui, dit Francis Chastagner, il y a de plus en plus de solutions possibles, les choses progressent, mais il faudrait aller plus vite. Après un dernier remerciement à tous, notre 6ème Assemblée Générale se termine à 22h45, et chacun se dirige vers le buffet agréablement préparé.

 

                                            Le secrétaire,                                                                                     Le Président,

                                         Marc Dupont                                                                                Francis Chastagner

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Compte-rendu de la 5ème Assemblée Générale de l'association NOVISSEN.

Date : vendredi 02 décembre 2016

Lieu : Salle polyvalente de Drucat-Le Plessiel, grande salle - 19h00

 

Accueil

4 tables sont disposées à l'entrée de la salle, permettant à Alain, Dominique, Claudine et Christine, d'accueillir les adhérents, leur indiquer comment signer les cahiers d'émargements en fonction des pouvoirs transmis par les absents.

Il faut ici noter le remarquable travail de préparation !

L'Assemblée Générale peut alors débuter.

 

Présence à signaler :

Les médias : Vincent HERVE du Courrier Picard ; personne du Journal d'Abbeville ; Olivier Nouaillas de l'hebdomadaire La Vie.

Les élus : Mr Laurent Parsis Maire de Drucat-Le Plessiel, Henri Gauret notre ancien Maire, 

L214 représentée par Martial Mouqueron référent à Amiens.

Picardie Nature représenté par Jean-Paul Lescoutre, vice-président.

Pour AIVES : Jean-Michel Jedraszak, président.  

La Confédération Paysanne représentée par Didier Findinier pour la région Hauts de France.

Pas de personnalité politique.

 

Présentation du CA de Novissen :

Mesdames Nathalie Barrow, Annie Guillochon trésorière adjointe, Claudine Flautre, Christine Hurtevent, Chantal Nicolaï, Agnès Defoort, Marie-Line Dufour, Catherine Zambon

Messieurs Francis Chastagner Président de Novissen, Michel Kfoury président d'honneur, Claude Dubois vice-président, Hervé Farcy trésorier, Marc Dupont secrétaire, Philippe Sallé chargé de communication avec les médias, Michel Guillochon relations avec les partenaires, Bernard Dufour, Alain Miarlet, Michel Mairesse, Philippe Pallu, Claude Pelletier, Lucien Pinot, Georges Lefèbvre, Guy Cavelier, Régis Fournier, Sylvain Vaquez

Excusés : Yves Le Diascorn

 

Ouverture de l'Assemblée Générale :

 

Philippe Sallé prend la parole : "bonjour à tous et bienvenue à notre Assemblée Générale de l'année 2016"

Il remercie les personnes présentes.

"Avant d’ouvrir officiellement l’AG ordinaire annuelle de  Novissen, notre association vous a réunis ce soir pour une autre AG extraordinaire préliminaire, dont le but est de modifier nos statuts. Je cède la parole à Claude Dubois pour vous proposer ces modifications qui concernent essentiellement les valeurs de notre association ».

 

Assemblée Générale extraordinaire (AGE)

 

Après avoir salué et remercié l’assistance, M. Dubois, vice-président, indique d’abord que le nom de la région n’était pas connu quand a été rédigé l’article 2.  Il fut donc noté : « …vie humaine et animale en Nord-Pas-de-Calais-Picardie… ». Cela pourrait être modifié en : « … vie humaine et animale en région Hauts-de-France… », le reste de l’article restant inchangé.

Il est ensuite proposé d’ajouter un article, qui deviendrait l’article 3 (la numérotation des articles suivants s’en trouvant modifiée). En effet, dit-il, dans un contexte où les repères deviennent parfois confus, il nous apparaît nécessaire de rendre très claires les valeurs morales qui sont les nôtres. Il donne lecture de l’article 3 proposé, intitulé « Cadre moral » :

« NOVISSEN s’inscrit dans une recherche globale de respect, de bien-être et de dignité des êtres, et vise à créer des relations fraternelles. Elle ne se reconnaît donc pas dans les courants soutenant, ouvertement ou non, des conduites de mépris, de rejet, de haine, d’exclusion, notamment ceux qui créent des discriminations selon la race, l’origine, la culture, la religion, le genre, l’orientation sexuelle ».

M. Sallé interroge alors l’assistance : en l’absence de remarques, d’oppositions et d’abstentions, les  modifications sont déclarées adoptées à l’unanimité.

M. Sallé ouvre alors l’AG ordinaire.                                                        

 

 

 

Assemblée Générale ordinaire

 

Rapport moral de l'association par le président Francis Chastagner.

 

« Bonsoir à tous,

Après avoir noté que 90 personnes étaient présentes et que 162 procurations avaient été relevées, Francis remercie les responsables d'association présents : Picardie Nature, L214, La Confédération Paysanne et AIVES.

Je tiens d’abord en tant que président de Novissen à vous exprimer à nouveau ma gratitude pour votre présence à cette assemblée générale 2016 et à vous remercier pour tout ce que vous avez fait pendant cette année écoulée pour assurer la continuité de notre combat et lui donner des perspectives de réussite. Je suis heureux de savoir continuer à compter sur vous et sur votre dévouement pour continuer la lutte !

Je remercie aussi tout particulièrement les membres du CA sortant pour tout le travail effectué ces derniers mois, toute cette énergie dépensée sans compter pour dénoncer un projet sans avenir aux conséquences calamiteuses que l’on sait. La réussite de Novissen, c’est avant tout un travail d’équipe dans le respect des convictions des uns et des autres.

Novissen, avec vous tous, entre dans sa 6e année de lutte avec la même détermination et le même courage qu’au premier jour. Nous ne baissons pas les bras parce que nous savons que notre combat contre l’usine des 1000 vaches et contre l’industrialisation de l’agriculture est un combat juste et que par notre action les lignes bougent !

Michel Welter aujourd’hui cogérant et responsable de l’usine se retrouve bien seul après le décès de Michel Ramery en mai dernier. La crise laitière est toujours là et les pertes financières s’accumulent…Les soutiens affichés se font rares, très rares…Le lait produit est toujours expédié en Belgique et les éleveurs belges n’aiment pas cela…Un camion de lait a été récemment vidé sur la route avant d’atteindre la coopérative Milcobel…L’usine des 1000 vaches, 5 ans après son lancement est clairement en échec, en dépassement illégal de troupeau, sans méthaniseur ni production d’électricité, ce qui était bien son but au départ !

Pourtant tout semblait bien aller pour le mieux encore  en janvier dernier avec la décision favorable sans aucune réserve des 3 commissaires-enquêteurs désignés pour mener l’enquête publique lancée en novembre 2015. Décision bien surprenante quand on sait que les opinions exprimées favorables au projet représentent moins de 1% des 1857 observations déposées ; 99% de ces observations auxquelles on peut ajouter douze registres d’enquête et 3 pétitions dont une de près de 50.000 signatures ont donc été totalement ignorées des commissaires-enquêteurs qui font dans leur rapport la part belle au promoteur de la SCEA Côte de la Justice qui a toute latitude pour donner les réponses ou non-réponses qui lui conviennent. C’est proprement affligeant. Novissen rappelle que 70% de la population française est contre le développement de ces fermes-usines. Cela ne méritait-il pas une première réserve ? Cette enquête publique est donc d’abord un véritable déni de démocratie que nous continuons à dénoncer avec force.

Nous ne nous décourageons pas pour autant et continuons à rencontrer les autorités responsables dont le Préfet de la Somme M. Philippe de Mester pour dénoncer la situation illégale de l’usine qui est intolérable.

Les responsables de l’usine des 1000 vaches ont cru pouvoir avancer leurs pions avec une nouvelle réunion du CODERST en Préfecture d’Amiens en mai dernier qui devait donner son avis sur la demande d’extension de troupeau à 880 vaches faite par

Michel Welter alors qu’il était déjà à plus de 800 vaches ! Pour Novissen, c’était la simple recherche d’une régularisation d’une situation totalement illégale. Un vote positif du CODERST, même s’il est simplement consultatif, donne un avantage décisif aux porteurs de projet et exerce une pression certaine sur le Préfet pour qu’il donne son autorisation !

 

Et là, coup de théâtre !

Novissen a réussi à faire remonter le dossier complet au niveau ministériel et Ségolène Royal Ministre de l’Environnement fait pression pour annuler la réunion du CODERST, exige une nouvelle enquête publique pour l’extension du troupeau et surtout une nouvelle étude d’impact ! Les compteurs sont donc remis à zéro comme il avait d’ailleurs été décidé de procéder lors de la réunion au ministère de l’Agriculture  en septembre 2014 lors du blocus de l’usine. Vive déception du côté des 1000 vaches, grande colère contre Ségolène Royal qui tient bon et campe sur sa position.

 

La nouvelle du décès de Michel Ramery au début de ce même mois de mai 2016 est un nouveau coup très dur pour les 1000 vaches : c’est lui le véritable porteur du projet, c’est surtout lui qui le finance et le tient à bout de bras. Michel Welter, de salarié devient cogérant et de fait responsable de la suite du projet. Sans son mentor et sans son financeur que va devenir le projet des 1000 vaches ?

 

Aujourd’hui, tout le monde attend avec impatience la décision du Tribunal Administratif d’Amiens sur le fond quant à l’augmentation de troupeau dénoncée comme illégale par Novissen et la Préfecture d’Amiens. Le Préfet de la Somme a adressé un mémoire très clair et argumenté au Président du TA constatant « le caractère volontaire et assumé de l’infraction ». La ministre de l’Environnement, Mme Ségolène Royal a demandé aux services de la Préfecture de tout mettre en œuvre pour un retour effectif aux 500 vaches !

La décision est importante : si le TA donne raison au Préfet et à Novissen avec un retour à 500 vaches et le paiement des amendes (environ 350.000€ fin 2016), le projet tombera de lui-même. Dans le cas contraire, une nouvelle enquête publique et une nouvelle étude d’impact seront imposées au promoteur. Mais il faut savoir que même aujourd’hui avec 880 vaches, la situation économique de l’usine des 1000 vaches est calamiteuse avec une perte de près de 2.000€ par jour…

Les perspectives pour l’usine des 1000 vaches sont donc très sombres dans tous les cas et il y a 5 ans déjà Novissen avait prévu ce scénario au vu des investissements colossaux de la société Ramery dans le projet. Personne n’a voulu à cette époque écouter nos mises en garde !

L’heure est à l’attente au niveau judiciaire et le temps joue actuellement clairement contre le projet. Novissen reste vigilante et rencontrera le nouveau sous-préfet d’Abbeville dès que celui-ci aura été nommé. L’association ne lâche rien et poursuit obstinément sa lutte !

 

Nos perspectives pour l’année 2017 sont claires :

 

Obtenir d’une façon ou d’une autre – décision de justice, mise en faillite…-la fermeture de cette usine, symbole d’une agro-industrie que nous dénonçons pour ses conséquences néfastes concernant la santé, l’environnement, le bien-être animal, le devenir même de notre agriculture que nous souhaitons véritablement paysanne et non industrielle et soumise à des intérêts financiers.

Fermer cette usine sera envoyer un signal fort aux promoteurs agro-industriels potentiels :

l’intérêt général ne se limite pas à l’intérêt de l’entreprise et la parole des citoyens doit être écoutée et prise en compte !

 

Maintenir la solidarité avec les autres luttes en cours qui se multiplient dans tout le pays et à l’étranger. Le rouleau compresseur de l’élevage industriel ne se limite pas aux 1000 vaches : nous avons désormais les 1000 veaux, les 1200 taurillons, les 26000 porcs, les 200000 poules abattues dans un seul élevage en Suède ces jours derniers pour cause de grippe aviaire…C’est ensemble que nous pourrons imposer une transition agricole nécessaire, à l’échelle nationale et européenne et je salue ici les associations qui elles-mêmes nous soutiennent : AIVES, DECICAMP, L214…

 

Continuer à informer et ouvrir les débats sur ce qui nous concerne en premier lieu à Novissen à savoir la défense de notre environnement et de notre santé.

Notre association continuera l’année prochaine à organiser des rencontres et des conférences sur les thèmes qui nous sont chers, par exemple :

Elevage et antibiorésistance

Elevage et pollution atmosphérique par les particules fines

Agro-industrie et pollution de l’eau

Alimentation et perturbateurs endocriniens…

Ces rencontres auront pour but d’échanger, de faire réfléchir…pour agir !

 

Car agir concrètement, c’est aussi la volonté de Novissen !

 

Deux axes pour l’année qui vient :

Lutter efficacement pour une amélioration rapide de la qualité de notre eau  qualifiée de mauvaise par l’ARS (Autorité Régionale de santé). Une lettre a déjà été envoyée à Veolia au nom de Novissen sans réponse jusque- là.

Continuer à sensibiliser la population locale sur l’intérêt du bio et du local/durable pour la santé et pourquoi pas mettre en place un marché bio/durable à Drucat en alternance avec celui de Nouvion…Une piste que nous explorons….

 

Pour conclure, je dirai que Novissen croit plus que jamais dans la légitimité de son combat et c’est ce qui lui donne sa force.

Rien n’est encore gagné mais soyons sûrs qu’ensemble nous avons déjà fait bouger les choses. D’ici 2020, les restaurants collectifs devront proposer 40 % de produits dits "durables" (de saison, de qualité et issus de circuits courts) dont 20 % de produits bio. Les sénateurs étaient contre mais les députés ont été unanimes car ils savent qu’un mouvement ample et profond se dessine dans la population : il faut renouer avec le local, le durable, le qualitatif, l’authentique et respecter ce qui nourrit au plus profond notre qualité de vie : notre environnement, notre relation à l’animal et à la nature.

Novissen s’engage à continuer à y travailler avec vous, ensemble tout est possible ! »

 

Notre président est très applaudi !

 

Philippe demande à la salle de commenter éventuellement, puis de voter ce rapport moral.

 

Qui est contre ? Personne ne répond. Qui s'abstient ? Personne ne répond. On considère donc que ce rapport est adopté à l'unanimité. Nouveaux Applaudissements.

 

(A noter : les « Perspectives d'avenir » ont été intégrées dans le rapport moral).

 

Philippe propose à l'assistance de visionner les images diffusées via un vidéoprojecteur, qui permettent de mieux prendre en compte nos différentes activités, réunions et déplacements.

 

Philippe passe ensuite la parole à Marc Dupont, "ch'greffier", pour nous présenter le

 

Compte rendu des activités depuis la précédente AG

 

Marc précise que la secrétaire-adjointe ne peut rester au CA pour raisons professionnelles, il demande si parmi les personnes présentes quelqu'une ou quelqu'un serait intéressé. Pas de réponse !

 

Marc présente donc le rapport d'activité en se basant sur un tableau Excel (ci-dessous) qu'il a réalisé.

Il insiste sur les événements importants de cette année et fait référence  à nos déplacements nombreux, parfois loin de Drucat,  pour aider les associations qui nous appellent pour les aider.

Il précise que nous sommes en attente de réponses du TA en particulier d'un très important jugement sur le fond, que la ferme n'est pas rentable et que notre activité a été quelque peu réduite du fait de cette situation.

II rappelle la qualité des conférences de A.Vaillant, de Jocelyne Porcher et de Fabrice Nicolino, et de la soirée-lecture organisée par Catherine avec l’acteur Jean-Yves Bertheloot.

Marc rappelle à l'assistance, l'importance de nous transmettre leur adresse mail afin d'éviter les envois coûteux du courrier dont le fameux "Gardons le contact".

 

Marc demande à Philippe de commenter l'impact de la communication qu'il gère sur les réseaux sociaux.

Philippe apporte les conclusions suivantes :

C'est un moyen de communication qui permet très vite de transmettre une information. Relayée par les 5 à 6.000 internautes l'info est diffusée au niveau national, particulièrement via Facebook. Philippe remercie Nico pour son aide.

Merci à Annie pour son travail concernant le nombre d'adhérents, aidée par Gilberte qui discrètement mais efficacement réalise un travail d'écriture indispensable.

Francis en profite pour remercier les membres du CA qui "travaillent beaucoup sans faire trop de bruit", ils sont applaudis.

 

Voici ce tableau :

 

 

 

Philippe remercie Marc pour ce travail de mémoire et demande l'approbation de ce rapport d'activités aux adhérents, il propose de le commenter éventuellement puis de  voter à main levée :

Qui est contre ? Personne ne répond. Qui s'abstient ? Personne ne répond. On considère donc que ce rapport est adopté à l'unanimité. Applaudissements.

 

Philippe passe ensuite la parole à notre trésorier, Hervé Farcy qui présente :

 

Le rapport financier

 

Hervé indique qu'un tableau justifiant les coûts et les dépenses est affiché dans la salle, puis il le commente. Voici ce tableau :

 

 

 

 

DEPENSES

Nous avons commencé l’exercice avec un report de 10.220,58 € et nous finissons avec un solde de 8.449,50 € soit une dépense de 1771,08 €.

Ce surplus de dépenses s'explique essentiellement par le poste Frais Judiciaires qui représente 56,34% soit 8.221,59 €.

Ceci reflète les procédures en cours contre le promoteur de la ferme des 1 000 vaches. Il est utile de rappeler que ces frais concernent le recours à des expertises et au pourvoi en cassation.

L'association remercie la SCP FRISON qui ne nous demande pas de contribution au travail juridique effectué.

 

Il faut également remarquer l'engagement bénévole des membres du CA qui, malgré les déplacements nombreux et parfois lointains avec leur véhicule, ne demandent pratiquement jamais le remboursement des frais. Ceux engendrés par certains transports ne s'élèvent qu'à 145,04 €.

 

On peut observer également que les frais occasionnés par la fête des anti-mille vaches (1.651,82 €) sont quasiment remboursés par les recettes (1.503,25 €). Différence : 148,57 €.

 

RECETTES

 

L'année 2016 a été une belle année concernant les recettes. Malgré le non-renouvellement de la cotisation, les recettes sont à un niveau élevé 12.819,24 €.

 

Merci à la générosité des donateurs pour un montant de 6.407,86 €, ce qui nous conforte dans la justesse de notre lutte.

Les adhésions se poursuivent pour un montant de 835,00 € et les soutiens : ventes de produits et livres, sont au niveau de 4073,16 €. (Produits essentiellement réalisés par notre présence lors de manifestations diverses)

 

CONCLUSION

 

Malgré des dépenses plus élevées que les recettes, les finances de l'association sont saines.

Elles nous permettront de continuer nos actions contre cette ferme usine.

 

Philippe demande l'approbation de ce rapport financier aux adhérents : il propose de le commenter éventuellement puis de voter à main levée.

Qui est contre ? Personne ne répond. Qui s'abstient ? Personne ne répond. On considère donc que ce rapport est adopté à l'unanimité. Applaudissements. Philippe précise que nous ne faisons pas renouveler l'adhésion et, s'adressant à la salle ajoute que c'est grâce à vous et à vos dons que nous arrivons à garder l'équilibre financier.

Annie précise que nous sommes 3 023 adhérents (1 de plus ce soir).

 

Compte-rendu de l'assemblée générale du 07 novembre 2015

 

Il a été décidé de ne pas le lire à haute voix en AG car c'est assez fastidieux, mais de le transmettre aux adhérents mailés, de l'intégrer sur notre site (Novissen, rubrique "CR de réunions") et de l'afficher ici ce soir, à la disposition des personnes présentes dans la salle.

Philippe demande l'approbation de ce compte-rendu  aux adhérents : il propose de le commenter éventuellement puis de voter à main levée. Qui est contre ? Personne ne répond. Qui s'abstient ? Personne ne répond. On considère donc que ce rapport est adopté à l'unanimité. Applaudissements.

 

PhS propose alors le

Renouvellement du Conseil d'Administration (CA)

 

Francis demande dans la salle qui souhaiterait nous rejoindre. Personne ne répond.

3 personnes nous quittent : Yves Le Diascorn et Claude Pelletier pour raisons personnelles et Nathalie pour raison professionnelle.

Mais 2 nouveaux membres arrivent : Thérèse Pallu présente et Marie Delrot Mc Lean

Francis nomme ensuite les membres actuels du bureau à nouveau candidats par ordre alphabétique et leur demande de se présenter.

Il s’agit de :

Mesdames Agnès Defoort, Maryline Dufour, Annie Guillochon, Claudine Flautre, Christine Hurtevent, Chantal Nicolaï, Catherine Zambon.

Messieurs Guy Cavelier, Francis Chastagner, Claude Dubois, Bernard Dufour, Marc Dupont, Hervé Farcy, Régis Fournier, Michel Guillochon, Michel Kfoury, Gérard Leborgne, Georges Lefèbvre, Michel Mairesse, Alain Miarlet, Philippe Pallu, Pinot Lucien, Philippe Sallé, Sylvain Vaquez.

 

Francis a un mot particulier pour chacune et chacun d'entre nous qui recevons à chaque éloge les applaudissements de la salle.

Francis ajoute que, lors du prochain CA lundi prochain 12 décembre à 20h00, et selon nos statuts, nous procéderons au vote du bureau et du président. Nous devrions donc être 26.

 

Philippe demande à la salle de voter pour ce renouvellement du CA :

Qui est contre ? Personne ne répond. Qui s'abstient ? Personne ne répond.

On considère donc que ce renouvellement du CA est reconduit à l'unanimité. Applaudissements.

 

L'Assemblée Générale étant officiellement terminée, Philippe Sallé propose un échange avec les personnes présentes.

Il donne donc la parole à :

 

Jean Paul Lescoutre, vice-président de Picardie Nature et de Nord Nature Environnement et du CESER des Hauts de France.

Il œuvre sur les problèmes d'environnement et regrette que le nouveau président de région ne soit pas à l'écoute des revendications, ce qui calmerait le climat social. Il rappelle l'Etat de droit défaillant en précisant que lors des commissions de suivi de site, certaines personnes pratiquaient le mensonge et se mettaient du côté de l'infraction. Il espère que le droit l'emportera.

Il aimerait que l'ensemble des associations et des fédérations de défense de l'environnement des Hauts de France, (il en cite quelques unes), devant un pouvoir politique régional nouveau, puisse parler d'une voix nouvelle en se rassemblant. Une réunion à ce sujet a lieu à Lille le lendemain. Bravo pour tout ce que vous faites.

 

Philippe propose à Didier, de la Conf’ de prendre la parole.

Il représente Antoine Jean et a plaisir à venir ici "pour se ressourcer" !  Il constate que les événements vont dans le bon sens et se demande, ce que sera ce projet en 2017 car ils vendent à perte, alors laissons durer. Il est admiratif devant notre force, notre conviction et le nombre de nos adhérents. Si nous n'étions pas là, la Conf' aurait du mal à tenir dans le temps. Il regrette que les paysans aient disparu au profit d'exploitants agricoles résignés et avides d'argent. "On ne se reconnait pas dans ce monde agricole du Nord de la France. On a été fier de vider ce camion de lait. Pas nombreux mais hyper motivés, avec dans nos gènes cette culture paysanne, on est prêts à aller en prison pour défendre une cause aussi noble ! Le lien très fort c'est alimentation-agriculture". Il pense que si les toubibs s'y mettent ça va les aider (rire de Michel). "Dans ce combat marathonien, ceux qui veulent gagner de l'argent choisissent la course de vitesse mais ce sont toujours les coureurs de fond qui  l'emportent." Il est très applaudi.

 

Philippe remercie Didier et commente son discours qui a bien représenté l'esprit de la Conf'. "Cette ferme pose le problème de la condition animale, sujet dont on parle de plus en plus, Martial de L214 peut nous en dire un mot" :

 

Martial représente L214 dans la Somme et Amiens particulièrement. Ils sont fiers d'être à côté de Novissen depuis le début. "Ca va se casser la gueule, tant mieux. On ne laisse pas tomber, surtout pas maintenant, et on sera là encore l'année prochaine". Applaudissements.

 

Philippe précise que notre combat contre cette ferme-usine nous a permis de rencontrer d'autres associations. Il présente Jean-Michel Jedraszak de AIVES et lui propose de s'exprimer.

 

Il remercie Novissen de les avoir faits "invités d'honneur de la 3ème fête des anti-1000 vaches".

"A Heuringhen, notre combat contre un projet porcin est assez compliqué juridiquement. Trois affaires, deux juridiques (permis de construire et autorisation d'exploiter) et une judiciaire, où à titre personnel et aussi associatif (AIVES), on est accusés de violation de domicile et de dégradation d'image par le porteur du projet ! Ils nous menacent de 150 000 euros (50/50). Récemment on a gagné au niveau juridique. Les porteurs de nouveaux projets devront réfléchir avant de se lancer. Allez voir sur notre site aives.fr pour vous informer de l'avancement du dossier.

Je vais vous signaler les différences de traitement entre nous, association, et les tenants de projets agrobusiness et agro-industrie, aidés par les préfectures. On a fait un recours contre la décision du TA en 2015 et la préfète a fait 2 recours pour aider les porteurs du projet. Ces 2 recours ont déjà été jugés, 1 référé et 1 sur le fond. Nos procédures durent en général 18 à 24 mois alors que de l'autre côté en 2 mois c'est fait, grâce à l'aide de la préfecture d'Arras. Je suis quand même étonné de voir que Novissen veuille aider la préfecture d'Amiens !   

On a un point commun : au bout de 5 ans de lutte on se bat contre l'agro-industrie et non plus contre un projet. On a pu constater les dégâts de ces usines à vaches, cochons, poulets. Je pense que l'avenir ce sont les petites cultures, le local et le bio et ça va se développer car c'est une demande de la société civile tout simplement ! C'est à nous d'acheter les produits locaux, les produits bio, pour éliminer ce qui vient de l'agro-industrie. Nous devons aussi dénoncer les conséquences environnementales de ces industries. On va organiser le 08 février à Saint-Omer une réunion importante sur les dégâts faits par les perturbateurs endocriniens et Novissen est bien sûr invitée.

Encore une fois bravo pour votre combat. Ca fait plaisir de voir que ce projet va capoter. Il rejoint Jean-Paul de FNE sur l'idée que toutes les associations devraient se fédérer.

Le bien-être animal fait aussi partie de notre combat, merci de l'aide de L214.

Notre pétition sur Avaaz lancée depuis mars, avec l'aide d'Agir pour l'environnement a déjà atteint 60.500 signatures !

Nous avons 900 adhérents aujourd'hui, mais chaque 1er janvier on retombe à 0 adhérent.

Même si on perd, on est fier d'avoir fait progresser la prise de conscience collective des gens pour la protection de l'environnement, de la nature et de la protection animale" ! Il est très applaudi.

 

Philippe réagit sur la prise de conscience du consommateur. L'étau se resserre autour de cette production industrielle, avec ses conséquences sur l'air, sur l'eau, sur l'alimentation. Il rappelle qu'une femme enceinte ne peut pas manger ci ou ça !

Nous sommes aujourd'hui sollicités à participer avec d'autres associations, sur ce sujet, au niveau national et européen.

Michel peut faire un point sur cela pour avoir participé à ces réunions.

 

Michel Kfoury précise : « Lors de cette assemblée générale de Novissen, on a pu présenter de bons chiffres, c'est grâce à Novissen mais c'est aussi votre réussite. Au début de notre combat, en 2011, personne ne parlait d'environnement, d'alimentation ou de perturbateurs endocriniens, notre combat c'était contre un projet !

Au début on a beaucoup travaillé et ce travail nous a amené à élargir notre combat.

C'est pour cela que nous modifions nos statuts.

Si Novissen est maintenant crédible en France et en Europe, c'est grâce à vous et aux différents CA qui ont agi depuis 5 ans et on peut être fiers.

Avec la Confédération Paysanne et la Fédération des exploitants agricoles, on a été consultés sur l'écriture des nouvelles lois agricoles et également sur le foncier agricole. Et on y a travaillé, avec Sylvain qui connaît bien le sujet, au Parlement national et au Parlement européen et on continue !

Sur la loi énergétique je suis fier de participer par l'intermédiaire de Ségolène Royal et de Barbara Pompili, à définir le cadre des méthaniseurs agricoles. Si le gros méthaniseur prévu par M. Ramery n'est pas construit c'est grâce à la loi qui a été votée. 

On a cadré les subventions agricoles, les entrants, et Novissen a participé activement à cela.

Quant aux textes concernant le côté juridique, il faut remercier le Cabinet de Grégoire Frison.

Le méthaniseur réduit par la loi, grâce à nous, n'est plus rentable. (Applaudissements)

On a compris une chose : aujourd'hui notre santé dépend de notre environnement et de notre comportement. Et notre comportement dépend de notre environnement ! Au regard de ces deux phrases il est normal que notre combat doive  s'élargir. Quand on parle de l'élevage intensif, de l'élevage industriel, de la malbouffe, on va obligatoirement parler de la qualité de l'air et des particules fines. La pollution de l'air par le diesel, on en parle, mais on oublie de parler des particules fines dues à l'élevage hors sol (par l'ammoniaque, surtout pour les bovins) et de l'élevage intensif. Novissen a été invitée au Sénat pour débattre sur la démocratie participative, Francis y est allé. La loi Sapin 2 sur les lanceurs d'alerte a sélectionné Novissen après Médiator. Michel répond à toutes les invitations à débattre sur ces sujets. Manifester et inviter les médias c'est bien, mais il  faut aussi être une force de propositions, alors on propose. Si nous tous, continuons dans cette voie, comme les mentalités commencent à bouger, l'avenir n'est pas si sombre et on peut espérer un avenir meilleur pour nos enfants. »

Michel est très applaudi.

 

Philippe rappelle que nous sommes, dans notre commune Drucat-Le Plessiel, soutenus et accompagnés par la Mairie, par Henri Gauret dès le début puis par Laurent Parsis qui va nous dire quelques mots.

Laurent Parsis confirme que le soutien de la municipalité est total et que ça va continuer. "Cette année a été marquée par l'attente des décisions judiciaires et on a du mal à mobiliser les gens qui pensent qu'il ne se passe rien, que les vaches sont bien là. C'est rageant car l'exploitation est en parfaite illégalité. La décision ne vient pas d'ici. On a soutenu la préfecture et le préfet semble maintenir sa position. Un autre sujet me tient à cœur, on parle d'environnement, de santé, de nos enfants et il y aura en 2017 des élections. Or dans les débats des primaires on entend parler d'économie mais pas d'environnement, pas de particules fines!

Responsable d'une entreprise avec 3 salariés, on vit, même face aux gros, mais il faut trouver le moyen de faire bouger les décideurs sur ce sujet. Le moment est bien choisi pour en parler. Aucune mesure n'a été prise cotre les particules fines, c'est scandaleux ! On va rencontrer prochainement le nouveau sous-préfet, espérons que nous n'aurons pas le même langage.

Il s'agit de notre santé et de celle de nos enfants.

Concernant le problème de l'eau, il est général sur la Picardie maritime, le captage de l'eau pour Drucat vient de la commune de Nouvion et nous rencontrons la même pollution que celle de notre nappe phréatique il y a une dizaine d'année. Le préfet a envoyé à Veolia, une mise en demeure de nous trouver une solution dans les 3 ans qui viennent. Plusieurs solutions sont possibles, la première : demander de prendre l'eau chez nos voisins, mais alors dans 10 ans ce sera celle du Massif Central, s'il en reste ! La deuxième : construire une usine de dépollution pour retirer les nitrates et les résidus de pesticides et d'herbicides, mais le coût est élevé et on paiera l'eau beaucoup plus cher ! La solution est sans doute de faire travailler nos producteurs locaux qui s'orientent vers l'agriculture raisonnée ou le bio. Nous sommes tous concernés, vous devez être les ambassadeurs de ce discours car on ne peut pas continuer dans ce schéma du gigantisme qui écrase tout et qui pense que nous paierons les dégâts avec nos impôts ! C'est un combat important et c'est le mien. » Notre Maire est très applaudi.

 

Philippe propose que nous demandions s'il y a des questions dans la salle. Il y en a, concernant l’eau.

 

Jean-Michel JEDRASZAK fait remarquer que devant le seuil de 50 milligrammes de nitrate par litre, une des solutions proposées qui heureusement n'a pas été retenue était d'augmenter les seuils !!! La FDSEA a même osé dire que les nitrates étaient bons pour la santé !

 

Philippe propose à Claude d'expliquer une des actions qu'il a décidé de mener.

Claude rappelle une discussion en sous-préfecture avec Christophe Martinet de la Direction Départementale de la Protection des Populations (DDPP) qui face à nos critiques sur la pollution de l'eau distribuée à Drucat a répondu que jusqu'à 200 milligrammes on ne risquait rien ! Il est pourtant là pour faire respecter les normes et non les interpréter.

Claude nous propose de consulter le tableau qu'il a mis en place dans la salle qui montre les communes concernées par le  problème de l’eau.

A Drucat-Le Plessiel, et dans 10 autres communes, l’eau n’est plus dans les normes de qualité, et ce, depuis au moins 2013.

« Vous verrez sur les panneaux exposés dans la salle qu’en 2014 et 2015, les nitrates et un dérivé de l’atrazine dépassent les limites. L’eau est déclarée de « mauvaise qualité physico-chimique ». Elle est « déconseillée » aux femmes enceintes et aux bébés. Vous avez pu le lire sur les feuillets joints à vos factures et qui émanent de l’ARS (Agence Régionale de Santé). »

 

Novissen a décidé d’agir.

C’est tout à fait dans la ligne de sa lutte contre l’élevage industriel, puisque la pollution de l’eau est liée aux épandages de lisiers, et aux produits chimiques répandus dans les champs pour cultiver ce qui va, entre autres, nourrir les bêtes enfermées. Et tout à fait dans la ligne d’une protection de la santé : « Nos vies saines !»

 

Claude Dubois poursuit : « A titre personnel, mon épouse et moi, nous avons commencé l’action. En mars et septembre de cette année, nous avons déduit de nos factures d’eau le montant de la taxe « Lutte contre la pollution ». Nous avons bien sûr envoyé aussi un courrier explicatif. Pourquoi refuser de payer cette taxe ? D’une part, parce que l’eau étant polluée, on voit que cette taxe ne sert à rien. D’autre part, elle serait à réclamer aux pollueurs, et pas à nous qui sommes les victimes et non les fautifs de la pollution.

Nous avons aussi payé nos factures de façon fractionnée, par plusieurs chèques envoyés à quelques jours d’intervalle. C’était, leur avons-nous dit, pour montrer le peu d’empressement à payer pour une eau de mauvaise qualité. En réalité, c’était pour les agacer, les inciter à réagir. Il s’agit, en fait, d’une autre façon de manifester. Peut-être même seront-ils plus embêtés par ce moyen-là que si on se regroupait devant leurs portes avec des pancartes !

En tout cas, annuler le prélèvement automatique, et payer en plusieurs chèques, voilà deux actions sans aucun risque. Elles demandent juste un petit effort pour surveiller le paiement de ses factures d’eau. Mais ça en vaut la peine, vraiment. Car déjà ces 2 actions, si elles sont suivies en nombre, leur permettra de sentir que la population commence à bouger et à se mettre en colère sur cette question.

Pour les courriers on a écrit à :

- Veolia Eau à Liévin

- à la Société des Eaux de Picardie à Eu

- à l’Agence de l’Eau à Douai

- au Syndicat d’Adduction d’eau potable à Nouvion-en-Ponthieu.

 

Les réponses ? Une, de Veolia qu’on peut résumer par : « pas d’inquiétude, tout va bien ». On a alors répondu par un courrier, avec des arguments précis, comme quoi : non, tout ne va pas bien. Et depuis, plus de réponse. Sinon, aucune réponse des autres services.

Quant à la Préfecture, elle a fin 2015 mis en demeure le syndicat d’adduction d’eau de Nouvion de mettre l’eau en conformité avec la loi le plus rapidement possible. Ils peuvent demander une dérogation de 3 ans pour étudier les possibilités techniques et financières. Il y est bien dit qu’ils sont actuellement en infraction. Vous pouvez voir cette lettre de la Préfecture sur les panneaux.

Novissen va réfléchir à d’autres actions collectives, et vous tiendra au courant, mais vous pouvez d’ores et déjà commencer à protester par des actions individuelles. »

 

Francis prend la parole et indique que Novissen mène une action avec courrier au préfet et à Veolia. Il précise que les adhérents seront  tenus informés du suivi de cette action.

Le thème de l'eau est encore abordé avec celle donnée à boire aux vaches qui est puisée dans notre nappe polluée alors que la salle de traite est lavée avec l'eau potable que nous buvons. Etonnant !

 

Claude décrit la façon d'épandre de l'usine à vaches. Le plan d'épandage n'est pas respecté et certaine parcelles reçoivent 3 épandages par an au lieu d'un.

 

Francis rappelle les termes de l'arrêté d'exploiter qui oblige la mise en place de l'ILIS (Instance Locale d'Information et de Suivi). Cette instance devait avoir lieu une fois par an et en réalité elle n'a eu lieu qu'une fois depuis 3 ans. C'est encore un point que nous aborderons avec le nouveau sous-préfet.

 

Philippe reparle du procès fait au boulanger, imagine les heures perdues stupidement  alors que pour un sujet concernant la santé publique rien n'est fait ! Il demande s'il y a d'autres questions.

 

Michel Kfoury veut apporter une précision sur un sujet qui le préoccupe : la grippe aviaire.

"On redit la même chose qu'il y a dix ans ! Les lobbies, avec la complicité des services de l'Etat, nous trompent.

Michel rappelle les mesures prises l'an dernier, On nous a dit : "tout est redevenu propre et il n'y a plus de problèmes". Or les foyers existent dans toute l'Europe, et l'Europe interdit à la France l'exportation de son foie gras.

Une décision a été prise hier pour lever cette interdiction, pour aider les exploitants à vendre leur production. Comme par hasard, la communication du Ministère de l'agriculture dit qu'il n'y a pas un seul canard touché dans le Pas de Calais.

L'Europe a une multitude d'experts à sa disposition et, bien informée, a décidé de maintenir cette interdiction.

Depuis le Ministère de l'agriculture a annoncé que plus de 4 000 canards ont été abattus dans le Tarn.

La fédération des chasseurs, par la voix de Nicolas Lottin, a écrit des choses justes : Si ce sont les oiseaux migrateurs, pourquoi  oblige-t-on la protection des appelants sur la côte picarde mais pas dans l'Oise ? Un oiseau migrateur va donc contourner l'Oise pour se poser dans la Somme : c'est stupide. Un oiseau qui est malade ne voyage pas.

Il y a dix ans, on a prélevé 147 canards morts sur la côte picarde, on n'a jamais trouvé  de grippe aviaire dans les migrateurs !

Les lobbys agro-industriels, pour continuer à commercialiser leur production, nous disent "ne vous inquiétez pas, ce n'est rien, ce sont les oiseaux migrateurs, il faut continuer de produire et de consommer"! Non il faut que les gens sachent que ça nous a déjà coûté une fortune, des milliards, on nous avait obligés à stocker des comprimés pour combattre une épidémie de grippe aviaire. C'est notre argent, aussi par la voix de notre association et les autres comme FNE et Picardie nature, il faut qu'on se lève et qu'on dise arrêtons les mensonges. C'est notre santé et notre économie qui sont en jeu ! »  Applaudissements.

 

Philipe demande s'il y a d'autres questions dans la salle.

Une question est posée sur l'épandage. Que peut-on faire ? Ca sent encore très fort ce soir.

Claude explique que nous devrions prendre des photos lors des épandages et porter plainte. En effet, entre la « Ferme blanche » et Ouville il s'accumule trop souvent une montagne de lisier qui n'est pas enfoui tout de suite.

Francis précise que la ferme doit produire son plan d'épandage, d'ailleurs, au cours de l'ILIS on ne nous a pas répondu sur ce point qui sera évoqué lors du RDV avec le sous-préfet.

Laurent demande comment peut-on être sûr que le plan d'épandage est respecté ?

Francis pense que nous devrions demander un carottage du sol pour analyse du taux de nitrates et de pesticides.

Il devait épandre sur une zone allant jusqu'à 40 km mais financièrement il ne le souhaite sans doute pas !

Michel Kfoury  répond que "c'est déclaratif" et que, si dans le dossier, les procédures sont techniquement bien écrites, sur le terrain ce n'est pas la même chose. Il faudrait des contrôles réguliers par les services de l'Etat mais comme c'est déclaratif : c'est OK ! M. Ramery avait déclaré utiliser un tracteur spécial équipé de buses qui pénètrent dans le sol pour épandre en profondeur. On le voit vider ses citernes directement avec de gros tuyaux !

 

Philippe demande s'il reste une question, et passe le micro à Emmanuel Decayeux d'Hallencourt, voisin de Sylvain, qui se présente comme « agriculteur en bio », ce qui provoque une salve d'applaudissements !

Il explique que depuis les 6 premiers mois de cette année, dans les magasins bio du nord de la France, la consommation est en croissance de plus de 20% ! Il est très applaudi. Il ajoute que c'est bien le consommateur, avec sa carte bancaire qui peut faire progresser ce chiffre mais malheureusement il n'y a pas assez de producteurs.

« Il y a de l'espoir dans notre métier. Une personne demande pourquoi il y a si peu de producteurs bio dans le nord et autant en Bretagne et dans le sud ouest ? La réponse se trouve dans les mentalités, ici c'est facile de faire de la betterave et des pommes de terre ! » M. Decayeux est cependant confiant car dans les écoles, ça évolue. De nombreux stagiaires ont des projets de maraîchage et de ferme bio et c'est bien de voir des jeunes motivés. Applaudissements.

 

Francis peut conclure en disant que c'est une bonne nouvelle, on est persuadé que la transition agricole, la transition écologique sont absolument nécessaires. Il va falloir "pousser à la roue" car Novissen regrette qu'au niveau politique ce soit silence radio sur ce sujet. Il va falloir que les citoyens se prennent en main et mettent ces problèmes là sur la table.

«  Travaillons tous ensemble pour continuer à faire bouger les choses ! Merci encore d'être venus ici ce soir à cette Assemblée Générale, merci aussi à la FAMAP, dont la représentante a dû partir. C'est le moment de goûter aux gâteaux préparés, pour vous, par les membres du CA et de boire un verre de cidre, bio, bien entendu ! »

 

Fin de la réunion à 21h.   

                                                                                            Le Secrétaire,                                  Le Président,                                   

                                                                                            Marc Dupont                               Francis Chastagner

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Compte-rendu de la 4ème Assemblée Générale : AG extraordinaire et AG ordinaire

 

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Cette 4ème Assemblée Générale s’est tenue dans la grande Salle Polyvalente « Jean-François Le Sueur » de Drucat-Le Plessiel, le 07 novembre 2015, à 20h. Tous les adhérents avaient été invités par courrier postal ou par mail. Les membres du Conseil d’Administration de Novissen sont présents, sauf trois, excusés, soit 22 personnes. On note la présence de M. Parsis et de M. Gauret, Maire et ancien Maire de Drucat-Le Plessiel et de plusieurs membres du Conseil Municipal, ainsi que celle de M. Glaise de l’association AIVES, M. Pilc de DECICAMP, M. Findinier de la Confédération Paysanne Nord-Pas-de-Calais, M. Lescoutre de « Picardie Nature ». Pour les médias, il y a « Le Courrier Picard » et « Le Journal d’Abbeville ». Les 91 adhérents présents, munis de 115 procurations, ont pu émarger à l’entrée. Il y a donc un total de 206 votants.  Des documents ont été affichés aux murs, et un diaporama retrace en images les actions de l’année. Panneaux et bouquets décorent la salle.

 

Après le mot d’accueil de M. Sallé, s’ouvre l’AG Extraordinaire. Elle a pour but de modifier les statuts afin de rendre compte des objectifs élargis de l’association. A partir de là, si elle est déclarée d’intérêt public, elle pourra délivrer des reçus fiscaux. M. Dubois, vice-président, lit l’ancien article 2, puis le nouveau libellé : « Cette association a pour objet de mener toutes actions et interventions visant à défendre l’environnement, les conditions de vie humaine et animale ». La modification est acceptée par un vote à l’unanimité.

 

M. Sallé ouvre alors l’AG ordinaire. Combien de fois, dit-il, avons-nous entendu répéter par les responsables en place que nous étions dans un « Etat de Droit » ! Or la ferme-usine poursuit actuellement son activité dans une illégalité manifeste, bafouant l’arrêté préfectoral qui la limite à 500 vaches, et faisant fi des sanctions infligées. Vu l’inadmissible bienveillance des autorités à son égard, on peut craindre que l’enquête publique qui s’ouvre ne fasse que préparer une régularisation. Or Novissen lutte depuis 2011 pour que le respect de la loi soit réel. Ses arguments solides ont fait sa notoriété, auprès des citoyens comme de personnalités reconnues, au niveau national, et même européen, et son combat cette année a été dense.

 

1- Rapport moral de l’année écoulée par Francis Chastagner, Président de Novissen. M. Chastagner remercie d’abord chaleureusement la participation des adhérents à ce combat - difficile et parfois décourageant - mais réellement captivant par ses enjeux. Il se dit heureux de pouvoir compter sur le dévouement de beaucoup pour continuer une lutte qui, en dépit des obstacles, présente des perspectives de réussite. Lors la précédente AG, en novembre 2014, l’objectif était de continuer à informer l’opinion sur les désastres qu’infligent l’industrialisation et la financiarisation de l’élevage. Nous pensions, entre autres, que l’ILIS (Instance Locale d’Information et de Suivi) mise en place par la Préfecture, permettrait de surveiller l’usine. Or, déception complète à la 1ère réunion, le 7 avril 2015 ! Nous n’avons quasiment reçu aucune réponse à la trentaine de questions que nous posions. Pire, ce sont des mensonges qui nous ont été servis ! Par exemple, il y avait prétendument 485 vaches présentes, alors qu’à cette date, il y a tout lieu de penser que le cheptel était déjà largement dans l’illégalité. Que dissimulations et inexactitudes viennent des promoteurs, nous n’en sommes pas étonnés, nous savons qu’avec eux, tout est possible, y compris, souvenez-vous, détruire une zone archéologique. Mais que les Services de la Préfecture les cautionnent est inadmissible. Or comment pouvaient-ils en avril accepter un décompte de 485 vaches, alors que tout mouvement de troupeaux est enregistré et centralisé ? Et comment se fait-il que 5 mois après la dénonciation, nous ne sachions toujours pas quand les 300 vaches illégales sont arrivées, ni leur origine ? Les autorités publiques sont-elles, oui ou non, garantes de l’état de droit ? En tant que citoyens, on peut vraiment s’interroger… Si nous savons la vérité, c’est grâce au témoignage courageux, en juin dernier, d’un employé de l’usine, qui ne supportait plus la souffrance des bêtes et la détestable ambiance de travail. « Médiapart » et « Reporterre » ont été avertis par nos soins, et M. Ramery a dit au téléphone à Marie Astier que oui, il y a bien 700 vaches environ. Bombe médiatique ! MM. Ramery et Welter sont alors clairement hors-la-loi. Les sanctions (amende et astreintes) vont venir… mais plutôt lentement, le 28 août. De toute façon, les contrevenants n’ont pas l’intention de s’y soumettre. M. Ramery porte plainte contre la Préfète devant le Tribunal Administratif, et M. Welter dit à qui veut l’entendre qu’il a eu l’« accord tacite » de la Préfecture. Là-dessus, nouveau rebondissement ! Bravant l’illégalité, M. Ramery dépose un dossier en Préfecture pour augmenter son troupeau de 500 à 880 vaches ! Mme la Préfète commence – ce qui paraît normal – par refuser d’instruire le dossier tant que le cheptel ne sera pas revenu à 500 vaches. Mais peu après, elle change d’attitude, signe un projet d’arrêté concernant l’extension, et une enquête publique est prévue. Pas question pour nous de voir légaliser l’illégal !! Nous allons utiliser toutes nos forces pour que cette enquête publique soit utile, qu’elle nous serve de tribune pour dénoncer les irrégularités flagrantes de ce dossier, et dénoncer plus généralement l’industrialisation mortifère de l’élevage. Nous l’avons déjà fait avec le livre « 1000 vaches, usine à mensonges », qui se diffuse bien. Mais il faut continuer et amplifier ! L’enquête publique comme l’avis du Coderst sont consultatifs. C’est donc en principe la Préfète qui prendra la décision finale, en liaison étroite avec le Ministère de l’Agriculture : le poids médiatique que nous allons exercer en cette fin d’année sera donc essentiel, et la mobilisation de tous indispensable. Voyez le procès en appel des 9 de la Conf’, la mobilisation est payante : les peines ont été allégées, et la Justice reconnaît qu’ils ont agi en « lanceurs d’alerte ». Alors, écrivez, faites écrire sur les registres de l’enquête publique, envoyez, faites envoyer de multiples courriers aux commissaires-enquêteurs, signez et diffusez largement notre pétition et celle d’Agir pour l’Environnement, participez aux « rondes » des samedis matins en apportant de quoi faire du bruit, inscrivez-vous pour distribuer nos tracts dans les villages, réservez vos places dans le bus que nous organisons pour rejoindre la marche de la COP 21, le 29 novembre à Paris ! Avec les associations qui mènent comme nous le combat contre l’agrobusiness, nous allons interpeller les têtes de liste aux élections régionales, continuer à questionner les responsables locaux, comme  récemment le Président de la Com de Com. La semaine prochaine, nous demanderons des précisions à M. le Sous-préfet concernant l’incroyable et scandaleuse impunité dont bénéficient MM. Ramery et Welter. Non, nous ne sommes pas découragés ! Au contraire, plus nous avançons, plus nous sommes convaincus de la légitimité de ce combat. Vu l’ampleur et la gravité des problèmes soulevés, vu les soutiens nombreux que nous recevons, soyons tenaces ! « Notre aventure citoyenne collective est rafraîchissante et pleine d’espoir ».

M. Sallé s’adresse alors à la salle pour savoir si elle valide ce rapport moral très applaudi. Il n’y a ni opposition ni abstention. Il est adopté à l’unanimité des votants. Il est à noter que les « Perspectives d’avenir » (point 6 de l’ordre du jour) viennent tout naturellement d’être abordées par M. Chastagner.

 

2- Approbation du compte rendu de l’Assemblée Générale du 22 novembre 2014. Décision a été prise de ne pas le lire (c’est assez fastidieux). Les adhérents convoqués par mail ont été avertis que ce compte rendu se trouvait sur notre site internet (à la rubrique « CR de réunions »). Sa version papier est dans la salle, à la disposition des adhérents présents. M. Sallé demande le vote de l’assemblée. Celle-ci valide ce compte rendu à l’unanimité.

 

3- Compte rendu des activités de l’année écoulée par Marc Dupont, Secrétaire. A travers des chiffres étonnants qu’il a réunis en tableau, M. Dupont présente l’intense activité de l’année : les 16 réunions du Conseil d’Administration (nous sommes donc à la 77ème ) ; les 355 adhérents qui nous ont rejoints et qui portent le total à 2.893 ; les 8 réunions avec des responsables tels que MM. le Maire d’Abbeville, le Préfet, le Sous-préfet, Mme la Conseillère en Agriculture auprès du Premier Ministre ; la participation de MM. Kfoury et Vaquez au Parlement Européen pour lutter contre l’accaparement des terres ; les 12 manifestations menées bien sûr en partie à Drucat (journée pour le climat, réception d’Alternatiba, fête des Anti-Mille Vaches, opération « escargot »…) mais aussi à Abbeville (avec les « rondes »), à Amiens (pour soutenir les 9 de la Conf’, ou contre Monsanto), ou encore à Paris (au Salon de l’Agriculture). Il y a eu aussi, la veillée-lecture autour du texte « les Agricoles », la conférence avec Marc Dufumier, les 20.000 tracts commandés et distribués et les 22.500 dépliants, les 400 affiches, 30 drapeaux, 75 panneaux, les 2.000 livres « 1000 vaches, usine à mensonges », les 1.200 cartes postales, 250 badges et 100 T-shirts, nos 21 « Gardons le contact » envoyés aux adhérents par mail (nous en sommes au 69ème), et tout ce qu’on ne peut compter, tels les articles de presse, les passages à la radio et à la télévision, les courriers reçus et envoyés, les milliers de personnes qui nous suivent par Facebook et Twitter…Tout cela demande un travail considérable. M. Dupont tente de remercier au passage les personnes qui ont participé, mais sans pouvoir les nommer toutes. Il évoque aussi quelques souvenirs marquants, un des plus drôles étant la question : « Mais ses vaches, elles vont en pâture ? » qu’a posée Mme Guittard (…Conseillère en Agriculture auprès du Premier Ministre) !Il n’y a ni opposition ni abstention à ce rapport d’activités, qui est applaudi et adopté à l’unanimité des votants.

 

4 - Bilan financier et prévisions budgétaires par Hervé Farcy, Trésorier. Les comptes ont été arrêtés le 31 octobre. A cette date, le solde, positif, est de 7.432€ (légèrement inférieur au solde de l’an passé à la même date : 7875€). Dans les recettes, dont le total se monte à 15.159€, ce sont, bien entendu, les adhésions et les dons qui représentent les entrées les plus fortes, avec respectivement 4.840€ et 4.504€. Les autres recettes (les participations pour T-shirts, badges, bus, autocollants, fête…) viennent équilibrer, plus ou moins, les dépenses correspondantes. La vente des livres est toutefois un succès. Dans les dépenses, dont le total se monte à 15.602€, on note l’assurance (522€), les tracts (1.058€), les bus (2.480€), les T-shirts (1.580€), les courriers (1.149€), les déplacements en train (1.369€), Internet (86€), la fête du 29.06.14 (3.349€), les vidéos (2.100€), les badges (180€), les drapeaux (344€), les autocollants (180€), les bancs et tables (268€), les dons (180€), et divers (754€). Bien entendu, l’ensemble des factures est à la disposition des personnes qui souhaiteraient les consulter. On voit donc que si nous faisons face aux dépenses de communication - évidemment indispensables dans notre lutte -, c’est uniquement par le bénévolat complet des personnes qui s’impliquent et les dons des adhérents. Nous ne sommes pas en difficulté financière, mais si l’association veut maintenir une activité soutenue, il est indispensable que ses adhérents continuent à l’aider. Certains ont déjà envoyé ou déposé leur don. Merci à eux !

M. Sallé demande si des personnes souhaitent des renseignements financiers complémentaires. En l’absence de questions, il demande s’il y a opposition ou abstention face à ce bilan. Celui-ci est approuvé à l’unanimité.

 

5- Election du nouveau Conseil d’Administration (CA). M. Guillochon commence par nommer les membres actuels du CA, et demande aux 22 présents de se lever pour les présenter. M. Chastagner remercie chacun avec un petit mot pour  ses qualités personnelles et le travail fourni. Ils sont vivement applaudis. Tous se représentent, sauf Mme B. Gamain pour des raisons personnelles. M. Guillochon indique ensuite que 5 autres personnes proposent leur candidature : Barrow Nathalie, Leborgne Gérard, Nicolaï Chantal, Zambon Catherine et Defoort Agnès. Sinon, aucun autre candidat ne se manifeste dans la salle. M. Sallé procède alors au vote, et en l’absence d’oppositions ou d’abstentions, ce nouveau Conseil d’Administration est élu à l’unanimité. L’équipe se compose donc maintenant de 28 membres. Lors de la prochaine réunion, prévue le lundi suivant, il sera procédé à l’élection, au sein de l’équipe, du bureau et du président.

 

7- Interventions diverses de la part des adhérents. Le point 6 ayant été traité, la parole est donnée à l’assistance. M. Parsis, Maire, fait d’abord un compte rendu de la réunion qu’il a organisée avec les vice-présidents de la Com de Com. Il leur a demandé de s’exprimer. Mais ceux-ci attendent de sa part une synthèse argumentée et documentée. M. Dumont, président de la Com de Com, souhaite qu’une position claire soit prise avant la fin de l’enquête publique. M. Parsis rappelle qu’il a été élu avec un bon nombre de bulletins lui demandant d’agir face à cette ferme-usine, il mènera donc son action jusqu’au bout, ce qui lui vaut des applaudissements. M. Parsis rappelle alors le revirement de la Préfète concernant l’augmentation du cheptel, et regrette la façon dont il est traité par les services de l’Etat. Sinon, interrogé par France Bleu Picardie, il a dit que cette enquête publique servirait au moins à ceci : les responsables ne pourront pas dire, même dans 10 ans, qu’ils « ne savaient pas » !

La parole passe ensuite à M. Pilc de l’association DECICAMP. Il remercie Novissen d’avoir montré la voie à d’autres associations pour contrer des projets du même type, ainsi, pour eux, un élevage de 3000 porcs. A Loueuse, hélas, les opposants  n’ont pas la chance d’avoir le Maire avec eux, et se sentent « encerclés » par la FNSEA. Le combat est épuisant. Plusieurs ont même reçu des menaces de mort. Le 13, ce sera le référé contre le début des travaux au Tribunal Administratif, et M. Pilc souhaite le soutien de Novissen. Il regrette que les agriculteurs classiques qui font du bon travail soient si peu visibles. Et il termine en évoquant son projet d’organiser un débat contradictoire, où partisans et opposants pourraient confronter leurs arguments.

Après les applaudissements, M. Sallé présente M. Glaise de l’association AIVES, en lutte elle aussi contre une porcherie de 4.500 porcs à Heuringhem (62) qui vise une production annuelle de 10.000 porcs. Le procès a été gagné en 2013, avec arrêt des travaux. Mais les partisans de la FNSEA ont réagi par des dégâts (incendies, destructions…), dans le village et au domicile du président d’AIVES. Le Maire, ayant refusé de signer la nouvelle demande de permis de construire, a lui aussi, subi des menaces. Compte tenu des pertes actuelles dans la filière, on ne comprend vraiment pas comment on peut soutenir un tel projet. La prochaine étape sera le 10, au Tribunal Administratif.

M. Glaise est applaudi, et c’est au tour de M. Findinier, représentant de la Confédération Paysanne, de s’exprimer. Celui-ci se dit fier d’être là, car il s’agit d’un combat sociétal. Les agriculteurs sont en grave difficulté, et les grands syndicats ne font rien pour eux. On a un suicide tous les 2 jours dans cette profession,  pourtant indispensable à la société. Il faut libérer le foncier pour les jeunes. Mais hélas, la FNSEA domine les politiques. Ceux-ci pensent que l’agriculture industrielle peut cohabiter avec l’agriculture paysanne, c’est faux ! La grosse dévore la petite. Les aides sont supprimées aux plus faibles. M. Le Foll s’entête, sans voir qu’il perd beaucoup d’emplois et de savoir-faire. En tout cas, le partenariat avec Novissen a permis aux syndicalistes de la Conf’ d’agir, en se montrant dignes et courageux. Au milieu des applaudissements, M. Sallé rappelle qu’ils ont été reconnus par la Justice comme « lanceurs d’alerte ».

M. Lescoutre, vice-président de « Picardie Nature », prend ensuite la parole. Il dit avoir été horrifié au tout début par l’énormité du dossier des 1000 vaches. Mais il a vu se créer une super belle équipe, qu’il félicite. Partout, hélas, on voit des abus. Ainsi, près de Péronne, 14.000 T par an de broyages d’automobiles sont nommées « matériau de couverture », et donc l’industriel ne paie pas de taxe sur les activités polluantes. Les mises en garde répétées n’ont servi à rien, jusqu’au déclenchement d’un incendie gigantesque. Une plainte a alors été déposée, sans suite : affaire « classée ». Décidément, oui, « selon que vous serez puissants ou misérables… ». M. Lescoutre termine en disant toute son admiration à ceux qui sont allés retirer les boulons de la salle de traite. Il est chaleureusement applaudi.

Catherine Zambon présente alors brièvement le contenu et les modalités du stage qu’elle organise en janvier prochain : une préparation à l’action non-violente.

La parole passe à Sylvain Vaquez, agriculteur, qui a rejoint le CA de Novissen l’an passé. Il confirme tout à fait l’opinion de la Conf’ : le gouvernement actuel est productiviste autant que la droite. Avoir traité le dossier d’accaparement des terres a rendu M. Vaquez heureux. « Novissen m’a donné l’envie de bosser et de me battre », dit-il. Il va donc continuer son métier, que, découragé, il a failli quitter. Il rappelle la puissance de nos adversaires, qui marchent à coups de milliards, ainsi que les dégâts de santé qui nous attendent. Mais l’audience de Novissen n’a fait que s’étendre, c’est donc que le système peut s’enrayer ! Alors, oui, il faut continuer à s’indigner ! Ses paroles sont très applaudies.

M. Guillochon souhaite alors remercier les associations-partenaires non encore citées, entre autres : Agir pour l’Environnement, L214, les AMAP de Rue et d’Abbeville, la LDH du Crotoy et d’Abbeville…

Comme personne d’autre ne demande à parler, M. Chastagner conclut. Il se dit heureux de l’enthousiasme présent dans cette AG. Il faut dire que les enjeux de notre combat sont rien moins que la survie humaine, face à la recherche effrénée de profit et aux mensonges qui lui sont liés. C’est la légitimité même de notre combat qui fera notre force ! Après un bref rappel pratique pour ne pas oublier les diverses actions possibles, l’AG est déclarée terminée à 22h20. Les adhérents regardent les vidéos, et partagent agréablement les gâteaux et les verres de l’amitié.

 

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Compte-rendu de la 3ème Assemblée Générale de l'association NOVISSEN.

Date : samedi 22 novembre 2014

Lieu : Salle polyvalente de Drucat-Le Plessiel, grande salle - 20h00

 

Accueil

Trois tables sont disposées à l'entrée de la salle, permettant à Lucien, Marie-Noëlle, Chantal, Dominique, Claudine et Yves, d'accueillir les adhérents, leur indiquer comment signer les cahiers d'émargement, notamment en fonction des pouvoirs transmis par les absents. Il faut ici noter le remarquable travail de préparation !

L'Assemblée Générale pouvait alors débuter.

 

Présence à signaler :

Les médias : Le Courrier Picard : Karine NEEL, Le Journal d'Abbeville : David Couriat

 

Les élus : Mr Laurent Parsis Maire de Drucat-Le Plessiel, Henri Gauret notre ancien Maire,  Mme Bourgois 1ère adjointe, M. Jack Deruche 3ème adjoint.

 

Le bureau : Michel Kfoury président, Claude Dubois vice-président, Mme Bérangère Gamain trésorière, Mme Christine Hurtevent trésorière-adjointe, Marc Dupont secrétaire & Mme Claudine Flautre secrétaire-adjointe, Philippe Sallé chargé de communication avec les médias, Annie & Michel Guillochon relations avec les partenaires, Francis Chastagner communication Novissen, Lucien Pinot, Georges Lefèbvre, Hervé Farcy, Yves Le Diascorn, Olivier Delaire, Guy Cavelier, Claude Pelletier,

 

Pour AIVES : Jean-Michel JEDRASZAK Président, Aurélia VASSET Secrétaire, Guy & Françoise GLAISE

 

La Confédération Paysanne représentée par Antoine Jean, porte-parole pour la région Nord Pas de Calais.

 

Excusés : Régis Fournier, JC Buisine, Daniel Dubois, Christian Manable, Nicolas Dumont, One Voice, Alain Miarlet.

 

Ouverture de l'Assemblée Générale :

 

Philippe Sallé souhaite la bienvenue et remercie les personnes présentes, leur demande de préciser d'où elles viennent et de lever la main : celles de Drucat-Le Plessiel sont plus nombreuses, de Buigny St Maclou, d'Abbeville, applaudis, et de villages voisins. Il remercie la municipalité, notre Maire Laurent Parsis, l'association AIVES représentée par Jean-Michel Jedraszak son président, qui s'oppose au projet d'une porcherie industrielle à Heuringhem et qui a réussi à bloquer les travaux !

 

Que de chemin parcouru ! Il rappelle que notre combat grâce aux 2600 adhérents et des milliers de gens qui « se soucient de leur environnement », est devenu le symbole de la lutte contre l'industrialisation de l'élevage et de la recherche de la qualité de l'environnement.

 

Philippe remercie les médias : Le CP et Le JDA, la presse, les radios et les télévisions régionales et nationales, avec nous, pour certaines, depuis le début.

 

Il ouvre l'AG et passe la parole au président Michel Kfoury pour un mot d'accueil et pour la présentation du rapport moral.

 

Rapport moral de l'association, par le président Michel Kfoury.

 

Michel salue l'assistance et les médias présents. Il rappelle que c'est le 3ème anniversaire après un combat de longue haleine. Le déroulement de cette année a été un tournant capital.

La Confédération Paysanne nous a rejoints et leurs paysans syndicalistes se sont battus contre ce projet avec plusieurs actions, dont celle réalisée au siège de la société Ramery BTP. Le porte-parole national Laurent Pinatel a risqué sa liberté et se trouve convoqué une nouvelle fois pour l'invasion du siège il y a plus d'un an !

Pour la 1ère fois des paysans parlaient à des paysans et ont voulu dire stop à l'industrialisation de l'agriculture.

 

La construction de la ferme a bien sûr été le début de nos soucis. Michel fait l'état des lieux et indique qu'il manque encore des bâtiments pour évoluer à 1000 vaches laitières + la suite : celui destiné aux génisses et celui des veaux puis le méthaniseur. Le bétonnage de la zone archéologique est évoqué, le passage en force pour le branchement de l'eau aussi.

 

Le soutien d'EELV a été très précieux, il nous a beaucoup aidés et nous avons enfin été reconnus et reçus dans les ministères.

Le RDV avec Cécile Duflot a été obtenu lorsque la Conf' a envahi pour la 3ème fois le chantier pour le bloquer en démontant la salle de traite ! Les pièces ont été remises le jour même à Stéphane Le Foll pour qu'il se positionne pour ou contre le projet.

Les médias nationaux se sont tous manifestés. Nous sommes depuis régulièrement consultés. Le combat médiatique était donc gagné ! On fera tout pour que ne reproduise plus ce projet nulle part !

 

Puis nous avons été contactés et reçus par la Préfète Nicole Klein qui nous a annoncé une avancée sur le dossier. "Vos arguments sur le méthaniseur ont été entendus, il est sur dimensionné". La puissance de ce méthaniseur a donc été baissée à 0.6 MW électriques, avec entrants uniquement agricoles. La taille maxi du cheptel est maintenue à 500 vaches.

Mme Klein nous a demandé de communiquer les termes de l'apaisement à nos adhérents, ce que nous avons refusé sans écrit des services de l'Etat. Michel a ajouté que le "tourne à gauche" demeurait une recommandation de Novissen et que s'il n'était pas rapidement fait, il y aurait des actions, ce que la Préfète a pris pour des menaces.

 

24 heures plus tard nous avons été prévenus de l'arrivée des vaches, de nuit. Michel et Claude ont veillé toute la nuit et l'alerte s'est révélée exacte. Ce nouveau passage en force avec l'aide des gendarmes a été de trop ! Le blocus a donc débuté immédiatement. Une centaine de vaches étaient arrivées.

 

Michel a su parfaitement gérer cette situation compte tenu de la faible mobilisation ! Les services de l'Etat ont été contactés pour connaître les termes du nouvel arrêté et sa date de publication. Deuxième point : on voulait lire que le passage à + de 500 n'était pas systématique. Certes, demander le retrait des vaches était mettre la barre très haute. Mais il nous fallait "marquer des essais et transformer ensuite". Après de longues discussions avec la Conf et celles plus tendues avec les services de l'Etat, c'est Laurent Pinatel qui a appelé le Ministère de l'Agriculture pour demander une réunion à Paris, car il était interdit dans la Somme. Cette réunion a été acceptée !

La préfète était présente, et non son directeur de cabinet. M. Ramery a demandé une augmentation de la puissance du méthaniseur, ce qui lui a été refusé. L'augmentation même substantielle du cheptel, jusqu'à 899 vaches laitières fera l'objet d'une étude d'impact systématique et le maire, consulté d'office, peut demander une enquête publique. Barbara Pompili a demandé ce qu'était l'augmentation substantielle du cheptel et a trouvé la réponse dans le décret, sur internet, avec sa tablette : 5 à 10 % !

 

Novissen se félicite donc du succès concernant le méthaniseur et vérifiera que le cadrage sera bien fait par la loi.

Les déchets étant uniquement végétaux (intrants de la ferme) les risques toxiques et cancérigènes disparaissent !

Nous préférons 500 vaches avec un méthaniseur car nous sommes pour les méthaniseurs agricoles et nous restons contre l'élevage "hors sol", mais c'est aux syndicats agricoles de gérer ça.

Nous sommes fiers d'avoir mis ce combat au niveau européen.

On arrêtera cette ferme car le promoteur a perdu la vente du lait.

Avec la Conf', nous avons combattu Senoble et nous avons gagné ! Oui, Senoble a rompu les accords avec ce fournisseur : la ferme de M. Ramery !

Les super marchés ont aussi appelé, ils interrogent leurs laiteries pour leur demander si elles ramassent le lait des 1000 vaches.

Nous ne sommes pas pour ce type d'élevage et nous voulons savoir d'où vient ce lait, nous voulons qu'il soit écrit sur les étiquettes lait bio, lait de vaches en pâture ou lait industriel.

 

La bataille juridique continue. On a perdu 3 procès en référé sur la forme : celui de la mairie contre le permis de construire, celui de Novissen et des plaignants, et enfin le dernier sur l'autorisation d'exploiter car les vaches étaient arrivées.

Mais sur le fond rien n'est jugé. On déposera un recours européen rapidement.

La répression syndicale et le permis de construire restent toujours notre combat.

Michel décrit alors l'ambiance qui régnait lors du procès de 9 syndicalistes à Amiens : près de 4000 personnes présentes et aucune dégradation, aucune violence, pourtant les condamnations ont été lourdes alors que le recéleur est Stéphane Le Foll et non Laurent.

La convergence des combats contre les projets inutiles et imposés (le barrage de Sivens, l'aéroport de NDDL et la ferme des 1000 vaches) est maintenant totale. Elle nous donnera la force de continuer et de gagner ce combat. Avec la Conf' et les opposants, ensemble, on réussira !

Le président est très applaudi ! 

Comme c'est l'usage dans une assemblée générale, Philippe demande l'approbation de ce rapport moral aux adhérents et propose un vote à main levée.

Qui est contre ? Personne. Qui s'abstient ? Personne. On considère donc que ce rapport est adopté à l'unanimité. Applaudissements.

 

Philippe désigne alors dans un coin de la salle, l'exposant venu du Boulonnais qui nous propose des fromages bio ainsi que  Christine qui dispose de tee-shirts aux couleurs de Novissen. Il en profite pour faire un appel aux dons, puis il passe le micro à Francis pour :

 

Les Perspectives d'avenir, par Francis Chastagner

 

Francis se positionne dans la suite du discours de Michel et annonce qu'on va surveiller l'évolution de cette ferme grâce au comité de surveillance dont la mise en place a été réclamée à la Préfecture. On attend la suite de la lettre reçue de la Préfète qui nous annonce sa création début 2015.

Ce comité de suivi doit vérifier combien de vaches seront présentes, où en sont les travaux de mise en conformité : le bassin de rétention, le tourne à gauche; combien de personnels, d'ouvriers sont employés; quelle nourriture est donnée aux animaux ? D'où vient-elle ? où va le lait ?

Michel revient sur l'arrêté et décrit ce qu'il contient au sujet de la création du comité et demande au maire d'accepter d'en faire partie, ce qu'il accepte.

Francis reprend : il faudra aussi vérifier quelle est la puissance réelle du méthaniseur et s'il sera vertueux.

La commission ne doit pas être "sympathique". Nous devons avoir accès à toutes les informations. Nous devrons informer la population et les médias. Ce sera sans doute compliqué ! Il faudra aussi communiquer avec les Conseils Généraux et Régionaux.

Notre groupe a été et doit rester solidaire. Nous devrons surveiller l'évolution de ce qui se passe près de chez nous avec les poulets et les porcs et suivre les associations qui se battent contre ces projets.

On a une grande responsabilité, mais nous ne pourrons pas nous battre avec tout le monde, il faudra faire attention à nos choix d'actions.

Francis montre l'extrait de presse qui annonce que la Picardie est le bonnet d'âne de l'écologie !

La disparition d'une partie des animaux est aussi montrée dans un article du journal Le Monde ! C'est grave et nous avons un rôle à jouer. Les projets inutiles et imposés sont menés par la folie destructrice et l'avidité de certains.

Nous devons et nous allons garder cette détermination.

 

Philippe passe la parole à Marc "ch'greffier", qui va faire le résumé de toutes nos activités.

 

Résumé des activités depuis la précédente AG, par Marc Dupont

 

Marc les présente en se basant sur un tableau Excel (ci-dessous) qu'il a réalisé et invite les personnes présentes à consulter les documents qu'il a affichés derrière le public, et surtout les nombreuses pages décrivant nos actions successives.

Il insiste sur la qualité du site Novissen, remercie les "Webmasters" pour leur travail et conseille de le visionner car il est particulièrement bien documenté.

 

Voici ce tableau,

 

Il faut noter le nombre de médias et la qualité des émissions et des documentaires qui ont parlé de notre action.              

 

 

Philippe demande l'approbation de ce rapport d'activités aux adhérents et propose un vote à main levée

Qui est contre ? Personne. Qui s'abstient ? Personne. On considère donc que ce rapport est adopté à l'unanimité. Applaudissements.

Philippe passe la parole à notre trésorière, Bérangère qui présente :

 

Le rapport financier, par Bérangère Gamain

 

Suite à un travail rigoureux, Bérangère peut nous commenter les grandes lignes de notre bilan. Voici le tableau qu'elle m'a transmis et qui permet de visualiser précisément nos comptes, elle conclut en précisant que toutes les factures sont visibles et qu'elle peut répondre à toute demande d'explications. Elle est très applaudie.

 

 

 

Philippe demande l'approbation de ce rapport financier aux adhérents et propose un vote à main levée.

Qui est contre ? Personne. Qui s'abstient ? Personne. On considère donc que ce rapport est adopté à l'unanimité. Applaudissements.

 

Philippe passe de nouveau la parole à notre trésorière Bérangère pour qu'elle nous présente le budget prévisionnel :

 

Bérangère chiffre les dépenses en commençant par l'assurance, et certaines factures qui n'ont pu être comptée sur l'exercice précédent. Elle précise les coûts de déplacements et les achats utiles. L'étude d'impact réalisée par un expert a été facturée plus de 2000 €. Bérangère demande à Michel de dire un mot à ce sujet.

Michel précise l'importance des arguments présentés lors des recours en référé. Notre avocat a besoin de prouver les failles du dossier et nous a demandé l'avis d'un expert concernant l'étude d'impact. Le coût de cette expertise ne peut être pris en charge par les assurances, c'est donc Novissen qui doit régler la note. Mais cela nous permet de disposer d'arguments solides sur le fond pour faire un recours au niveau européen.

Bérangère reprend et insiste sur le coût des envois de courrier aux adhérents non mailés. Elle ajoute les frais de déplacements et la réception des  opposants à NDDL venus soutenir les syndicalistes au procès du 28/10.

Une autre facture importante est celle du web doc réalisé à la demande de la Conf', pour montrer les alternatives possibles à l'industrialisation de l'agriculture. Le point de départ est la ferme des 1000 vaches et la qualité de l'environnement en Picardie. Visible sur internet il est très bien réalisé. Comme Génération Future, Agir pour l'Environnement et d'autre associations, Novissen a participé financièrement à hauteur de 1000 €. On leur doit bien ça ! Applaudissements.

 

Bérangère reprend en précisant que les recettes viennent de la participation des adhérents et des dons nécessaires dans la mesure où l'adhésion est à vie. "Notre association ne peut fonctionner qu'avec un minimum d'argent. En 2015, il nous faudra 10 000 € de recettes comme l'année dernière.  On compte beaucoup sur le don des gens et comme vous participez c'est parfait : continuez !" Applaudissements.

 

Philippe demande l'approbation de ce budget prévisionnel aux adhérents et propose un vote à main levée.

Qui est contre ? Personne. Qui s'abstient ? Personne. On considère donc que ce rapport est adopté à l'unanimité. Applaudissements.

 

Philippe propose d'aborder l'étape suivante : le

 

Compte rendu de l'assemblée générale du 29 septembre 2013

 

Il a été décidé de ne pas le lire mais de le transmettre aux adhérents mailés et de le mettre à disposition dans la salle. Il est aussi visible sur notre site Novissen, rubrique "CR de réunions".

 

Philippe demande l'approbation de la salle aux adhérents et propose un vote à main levée.

Qui est contre ? Personne. Qui s'abstient ? Personne. On considère donc que ce rapport est adopté à l'unanimité. Applaudissements.

 

PhS propose alors le

 

Renouvellement du Conseil d'Administration (CA)

 

Philippe nomme les membres actuels du bureau par ordre alphabétique :

 

Guy Cavelier, Francis Chastagner, Olivier Delaire, Claude Dubois, Marc Dupont, Hervé Farcy, Claudine Flautre, Régis Fournier, Bérangère Gamain, Annie Guillochon, Michel Guillochon, Christine Hurtevent, Michel Kfoury, Yves Le Diascorn, Georges Lefèbvre, Claude Pelletier de Buigny St Maclou, Lucien Pinot, Philippe Sallé,   

 

Et indique que 7 nouveaux candidats proposent leur candidature :

Marie-Noëlle Chastagner, Maryline et Bernard Dufour de Fontaine sur Maye, Alain Miarlet de Buigny St Maclou, Philippe Pallu de Drucat et son frère Pierre Pallu de Gapennes et un agriculteur, Sylvain Vaquez d'Hallencourt, très applaudi.

Il demande dans la salle : "Y a-t-il un candidat ?"

Michel Mairesse d'Erondelle se porte candidat et il est applaudi.

 

Avec 8 nouveaux candidats nous sommes en mesure de passer à 26 membres.

 

Qui est contre ? Personne. Qui s'abstient ? Personne. On considère donc que le nouveau CA est adopté à l'unanimité. Applaudissements.

 

Nous sommes 115 votants dans la salle, ce soir, et il y a les procurations. Notre trésorière transmet les chiffres suivants : 177 votants, dont 62 par procuration. Novissen compte 2.625 adhérents J

 

Philippe ajoute la réflexion de Michel Ramery qui a dit à notre président qu'il le respectait car il était le seul à avoir réussi à

lui bloquer un projet ! Applaudissements nourris dans la salle !

 

Interventions diverses

 

Michel Kfoury demande la parole, il remercie l'assistance pour ces votes unanimes puis il annonce que depuis 3 ans il a beaucoup travaillé pour Novissen. Il  y a trouvé une grande richesse, et a pu vérifier que la convergence et l'union font la force. Michel remercie la municipalité, notre maire Laurent et aussi Henri Gauret pour qui il a beaucoup de respect. Il remercie AIVES et la Confédération Paysanne.

Le combat a changé, c'est un combat de société, il faut du sang neuf, il faut réussir à partir et je céderai ma place de président. Je reste au CA, je resterai disponible, cela va déstabiliser l'adversaire.

 

Philippe fait alors savoir que Michel a été nommé Président d'honneur à vie (applaudissements nourris). Nous respectons son choix et nous annonçons que le 1er décembre nous allons voter pour élire le nouveau bureau et son nouveau président.

 

Il passe la parole à notre Maire, Laurent Parsis :

"3 ans ! Bon anniversaire Novissen ! On se demandait alors ce qu'on pouvait faire. On a travaillé sur tous les fronts, juridiques et  politiques et au fur et à mesure on a pu se dire : oui, c'est possible ! Et on a gagné des morceaux de la partie contre la ferme des 1000 vaches, et pour ça je vous remercie tous, vous, présents lors des manifestations, vous, le CA, avec qui la commune a travaillé de concert. On a rencontré ensemble beaucoup de monde et je vais continuer. J'ai déjà des rendez-vous où j'attirerai l'attention des politiques locaux sur les dangers de la ferme.

Pour le méthaniseur, on a gagné et je vous félicite. Il reste la ferme et la surveillance de l'environnement autour. Je continue le combat, Je ferai partie, je suppose, du comité de surveillance, j'ai envoyé ma lettre de candidature. Les 1000 vaches ce sera "les 500", point.

0 ce sera difficile, mais pourquoi pas une exploitation de 80 ou 100 bêtes, une ferme normale tout simplement ?

On peut l'espérer ! Pour l'environnement on a gagné un point essentiel et, il y a 3 ans, on ne le pensait pas !

Merci à tous".

Philippe qui a filmé l'arrivée des premières vaches se propose alors de filmer la sortie des dernières ! (rires)

 

Il passe le micro à Antoine Jean, agriculteur, porte-parole de la Confédération Paysanne.

Il nous remercie de l'avoir invité à notre AG, il en a profité pour payer sa cotisation et devenir un nouvel adhérent (rires et applaudissements). Il a oublié son carnet à souches et regrette de ne pouvoir faire ici des adhérents à la Conf' ! Eleveur, il est triste de voir cette exploitation ! Il doit faire 150 km pour être avec nous. Son fils le remplace quand il n'est pas à la ferme. Il était présent au blocus pendant les 4 jours. Il rappelle les condamnations scandaleuses des syndicalistes de la Conf' comparées à l'impunité des manifestants de la FNSEA qui ont brûlé la MSA et l'Hôtel des impôts à Morlaix. Ce sont des biens publics détruits, sans recevoir les sanctions attendues par le pouvoir politique ! Profitant de la présence "des grandes oreilles de l'Etat" il espère se faire entendre en haut lieu et réclame l'indulgence pour ses collègues en rappelant que la manifestation qu'ils ont organisée devant le Tribunal d'Amiens, malgré la présence de 4000 personnes, n'a laissé aucune dégradation de la place paysagée, ce que les commerçants ont apprécié, ayant le souvenir de l'attitude des paysans de la FNSEA.

Il critique la taille des forces de l'ordre déployées pour défendre le puissant Ramery lors de l'arrivée du premier camion de lait alors qu'il n'y avait pas d'urgence, la collecte pouvait attendre 24 heures. C'est une provocation de plus.

"Ce qui les dérange c'est que nous sommes arrivés à réunir des consommateurs, des citoyens et des paysans (applaudissements) et tous les combats menés par la Confédération Paysanne depuis 10 ans, ce n'est pas pour les paysans mais c'est toujours dans l'intérêt général, pour l'avenir de l'agriculture, pour les consommateurs, pour les citoyens !

Je pense qu'il y a un combat qui est en train d'être gagné ici et qui va servir pour d'autres combats plus tard, pour ne pas qu'il y ait d’autres "1000 vaches » ailleurs, car j'entends que les super marchés interrogent leurs laiteries pour leur demander si elles ramassent le lait des 1000 vaches. Ce n'est pas rien : Senoble s'est retiré des accords avec la coopérative Agrial, Ramery a maintenant un gros problème. On va peut-être gagner contre cette industrialisation !

On croit encore en la justice, on a fait appel du jugement contre nos camarades le 28 octobre. Mais on a l'impression que la justice est au service des puissants comme Ramery.

J'étais hier à l'Agence de l'eau Artois-Picardie pour une concertation sur le thème des eaux vulnérables, la France va être condamnée pour violation de la directive sur l’eau et c'est à cause des hommes politiques qui ne font pas leur boulot depuis des décennies, écoutant un syndicat "dit majoritaire" et qui ne travaille pas dans l'intérêt des paysans puisque les paysans disparaissent ! (Applaudissements). Ce combat a toute son utilité et ce qui a été fait pendant toutes ces années à Drucat va servir à d'autres communes. On enfonce quand même des coins contre l'industrialisation de l'agriculture. Notre production de lait doit être de qualité. La Confédération Paysanne a compris qu'on a intérêt à rencontrer et à travailler avec le maximum de consommateurs, avec des médecins comme Jean-Michel Jedraszak, et Michel,  dans l'intérêt général.

Le président de la FNSEA locale de Picardie dit que c'est la Confédération Paysanne en s'associant avec des associations comme Novissen qui fait disparaître les paysans ! C'est l'inverse, il n'a rien compris !

Ramery est protégé en haut lieu, mais la vérité va éclater ! On a le droit de mener des actions; celle du siège de Ramery était symbolique, on a occupé les lieux et discuté avec les salariés, personne n'a été molesté, seule une vitre a été cassée, et on a encore une action en justice contre Laurent Pinatel un an après, juste après le blocus décidé quand les vaches sont arrivées.

La manipulation vient bien d'en haut lieu, de Hollande, de Beulin, de Valls ! Il faut mettre la pression contre les politiques et viser le PS et il faut les interpeller, il faut que tout le monde bouge.

Un syndicat qui fait des dizaines de milliers d'euros de dégâts dans plusieurs villes est impuni et la Conf, qui bouge le p'tit doigt avec les consommateurs, se voit menacée. Ce n'est pas normal ! A suivre : les suites de la convocation de Laurent dans les semaines qui suivent. Merci de votre écoute". Applaudissements !

 

Philippe rappelle que lundi matin, dans l'émission « Service public » de France Inter, on a entendu un reportage sur les 1000 vaches. On entend 3 membres de  Novissen et surtout M. Ramery qui a des propos peu cordiaux envers la journaliste, Lénora Krief, et Novissen.

 

Philippe tend le micro à Sylvain Vaquez, agriculteur, qui intervient : "Le service public c'est vous, le combat que vous menez n'est pas symbolique il est fondamental, vous êtes les piliers de la société nouvelle qui est en train de naître. Cette gabegie, ce saccage économique et environnemental doivent s'arrêter. Je suis désolé d'être le seul paysan du coin, à oser prendre le bouclier avec vous. Durant ces trois années de combat j'ai toujours été avec vous avec le cœur, fait écho à toutes vos pensées et à toute votre volonté. Le monde est en train de changer et comme Stéphane Hessel, Indignez-vous, et je vais m'indigner avec vous" ! Applaudissements.

 

Philippe montre la vache construite par Chantal Focquenoy et Guy Cavelier, très applaudis. Elle a été très médiatisée le 28 octobre, car présente devant le palais de justice d'Amiens.

 

Il passe la parole à Jean-Michel JEDRASZAK, président de l'AIVES, Association InterVillage pour un Environnement Sain.

 

 "J'ai entendu ce que vous avez dit tout à l'heure, et si on remplace les cochons par les vaches, on retrouve la même situation. Novissen et AIVES sont nées en même temps, les combats sont parallèles, le combat est au niveau juridique et au niveau politique. La différence est que nous avons eu le soutien de députés locaux et que nous avons vu certains ministre plus rapidement mais ça n'a, de toutes façons, rien donné ! La rencontre avec la ministre Mme Batho a été contredite par Stéphane Le Foll. A un moment on a cru que nous avions gagné mais Stéphane Le Foll est intervenu et Delphine Batho a dû s'écraser ! Je regrette la démission de Michel Kfoury mais je la comprends car je suis aussi président de cette association depuis 3 ans et il y a une certaine lassitude mais peut-être qu'il va changer d'avis en restant au CA !

La solidarité entre les associations qui mènent ce type de combat est capitale.

On s'était retrouvé ensemble à Ilion en Bretagne et on a envisagé de créer un collectif informel de toutes les associations qui en France se battent contre des projets industriels que ce soit les vaches, les porcs, les poules, les lapins. On est actuellement une bonne vingtaine d'associations : des fédérations de France Nature Environnement, Novissen en fait partie, et si Novissen venait un peu plus dans notre collectif ce serait super. Ce "Collectif Plein Air" est visible sur internet et je vous engage à voir ce que nous avons déjà fait, les associations qui en font partie, de plusieurs régions de France. L'objectif est de mettre en commun nos moyens, de partager ce que nous avons déjà fait, pour mieux combattre ces projets d'agro-industries alimentaires qu'on n'aime pas. Novissen a gagné une partie du combat car pour nous l'objectif reste 0 vache à Drucat !

Le message est passé dans la population. L'importance de ce combat est de favoriser les circuits courts, c'est ce que préconise la Confédération Paysanne. Il faut vérifier la provenance du lait en regardant les N° inscrits sur les emballages ! Nous devons devenir des "Consomm’Acteurs". Essayez de consommer les produits locaux, en vérifiant par exemple d'où vient le porc et choisir celui qui vient d'un adhérent de la Conf' !

AIVES et Novissen doivent soutenir les dirigeants de la Confédération Paysanne victimes d'un harcèlement. Il faut les aider car ils défendent une agriculture paysanne plus proche des gens" ! Applaudissements.

 

Après ces interventions, Philippe propose de commencer les "questions / réponses" :

 

Mme Christiane Dupont demande comment interpréter, comme pour les œufs, les numéros présents sur les bouteilles de lait.

Jean-Michel explique que chaque produit laitier qui sort d'une usine comporte un numéro qui correspond à cette usine.

Le site d'Agir pour l'environnement donne les explications.

Antoine a un atelier agréé CEE, comme il revend ses produits, il est soumis à des normes européennes.

Son N° commence par le pays FR, suivi par le département 59, puis la commune 435 et enfin le N° d'agrément 030 ce qui donne  FR 59 435 030.    

Ce n'est pas l'élevage qui est répertorié c'est le lieu où les produits sont transformés. L'usine qui a reçu le lait du 1er camion sorti du blocus, a un N°. Philippe intervient pour donner l'information transmise par "Colibri" : le FR 60 521 032, ce serait celui des 1000 vaches. Il faut transmettre le nom des produits qui portent ce code à Agir pour l'environnement.

 

Michel Kfoury intervient : "le site de l'Oise est le site de ramassage mais pas celui de transformation. Depuis, Senoble a mis fin au mariage avec l'usine Agrial et s'est retiré du marché signé avec Ramery. Avec Agir pour l'environnement on regarde si Agrial reçoit toujours le lait de la ferme des 1000 vaches et qui reçoit le lait de la ferme usine de Ramery. Le but est de désengager les acheteurs du lait de Ramery en France et de faire en sorte qu'il reste à 500 vaches. En effet le promoteur a dit qu'à 500 vaches la ferme n'était pas viable. Michel Welter lui a dit " j'avais 400 vaches entre AIRAINES et Fontaine le Sec :  c'était rentable, mais aujourd'hui j'ai 450 vaches déplacées à Abbeville et ça ne l'est plus car il y a des investissements lourds à rembourser surtout que je n'ai plus le méthaniseur. Pour être rentable je dois monter à 1000 ! A nous de veiller qu'il n'y ait pas de vaches qui arrivent".

 

Antoine annonce qu'une crise laitière arrive, les producteurs ont produit trop de lait depuis 1 an. La consommation augmente de 2 % et on a produit 18% en trop cette année ! Je vends mon lait à "Lactalis" qui m'a annoncé 70€ de moins les 1000 litres entre 2013 et 2014. Le prix de base est de 311 €.

La ferme de Ramery ne peut être rentable aujourd'hui après un investissement de 7500€ par bête. Il faudra donc surveiller mais je n'ai aucune confiance dans le comité créé par les services de l'Etat. Antoine explique l'entorse qu'il a observée dans la modification des engagements qu'ont des éleveurs dans une société civile laitière. Ils doivent apporter leur contribution sous forme de terre mais une modification a été votée dans la Somme, qui change cette contribution en fourniture d'alimentation du bétail ! Stéphane Le Foll ne devrait pas le valider !

Je pourrai vous donner les bonnes questions à poser quand vous entrerez dans ce comité de surveillance !

 

"Ce qui m'a choqué c'est la perte d'animaux donnée comme prétexte pour les amener rapidement. S'il perdait des animaux, il était obligé d'en informer les autorités, la Direction Départementale de la Protection des Populations qui alors, vous interdit de transporter des animaux. En permanence on peut vérifier la connivence de Ramery avec les services de l'Etat".

 

Michel rappelle qu'on s'est battu contre un système. Concernant les investissements, on n'a jamais eu le dossier financier or le dossier doit être présenté avec la preuve qu'il est rentable économiquement et écologiquement. Pourquoi l'avoir autorisé s'il n'est pas rentable malgré les subventions publiques ?

 

Catherine Zambon intervient et rapporte le témoignage d'agriculteurs retraités suite à leur visite de la ferme des 1000 vaches : catastrophique ! Elle raconte ce qu'ils ont vu. Voir son mail du 29/10 : interview de 2 agricultrices "Le Choc"

 

Michel K raconte la visite d'un journaliste suisse

Francis Olloco rend compte de ce qu'il a entendu au Tribunal concernant le montage financier et les structures juridiques.

Ramery a tout sauf Lait Pis Carde à 51% !

Michel demande aux médias de parler de ce montage financier et de préciser qu'il est tout seul à exploiter.

 

Une personne demande si ce que dit Michel Welter est vrai : 10% de mortalité serait normal ?

Antoine explique que la maladie dite "du boyau blanc" est liée au stress.

Le mélange de cheptels est mauvais. La concentration animale est mauvaise.

Lui n'a eu qu'une bête morte. Les coronas virus sont incontrôlables dans un élevage intensif.

 

Michel Kfoury explique : les hommes politiques ne regardent pas le passé. Pour la grippe H5N8, on peut lire dans la presse les précautions : surveiller les oiseaux migrateurs : c'est scandaleux ! On va encore protéger les lobbies.

H5N8 vient d'Asie et il n'y a pas de migration possible d'oiseaux d'Asie vers l'Europe.

 

Philippe passe le micro au fermier du Boulonnais qui présente sa production de fromages régionaux dont une Mimolette française bio au lait cru du Wint des Vergers de Brunembert ! Il précise qu'Isabelle, la gérante, est sollicitée par des Chinois, des Norvégiens et la chaîne de distribution Shopi qui veut acheter leurs produits.

Sylvain Vaquez dit : "On a peur de Ramery ! La presse a mon autorisation pour écrire ce que mon fils a vécu lors d'un stage au centre de gestion rural à Poix de Picardie : il lui a été demandé d'aller garer sa voiture au loin car le logo anti 1000 vaches était collé sur sa voiture, celle de son père Sylvain ! La FNSEA c'est devenu le Front National des Syndicats Agricoles" !

Michel Kfoury indique qu'il a reçu des menaces de mort sur le net ! (d'un "ouart ouart").

Sylvain ajoute que son collègue d'Hallencourt, Benoît Rigolle, était le président des JA et il a été menacé !

Le pouvoir de l'argent est terrible !

Antoine témoigne d'une réunion où la FNSEA souhaite qu'une loi interdise la création d'associations comme Novissen !

Claude donne un autre témoignage : le Crédit Agricole a refusé d'aider un éleveur en difficulté et qui lui a conseillé d'aller voir Ramery : "il va arranger ça" !

Sylvain conclut en disant que c'est un système qui dérape.

Conclusion de Michel Kfoury qui nous propose de combattre les projets géants : 260 000 poulets à Beauval, 3000 cochons de Loueuse dans l'Oise. "Il faut les aider, ne pas laisser faire. Il y aussi un autre danger c'est la montée éventuelle à 899 vaches qu'il faut surveiller ! Je compte sur vous, le combat doit continuer, même s’il sera …féroce !".

 

Fin de l'Assemblée Générale à 23 heures.

Collation offerte par Novissen et par des adhérents : excellentes pâtisseries, bon cidre bio, suivi d'un rangement collectif efficace, laissant la salle propre comme d'habitude : merci à toutes et tous.

 

 

                                                           Le Secrétaire,                                                          Le Président,                                                                                                                                                         Marc Dupont                                                                                   Michel Kfoury

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Compte-rendu de la 2ème Assemblée Générale - le 29 novembre 2013

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Cette 2ème Assemblée Générale s’est tenue dans la grande Salle Polyvalente « Jean-François Le Sueur » de Drucat-Le Plessiel, le 29 novembre 2013, à 20h. Tous les adhérents avaient été invités par courrier postal ou par mail. Les membres du Conseil d’Administration de Novissen sont présents, sauf deux, excusés. On note la présence de M. Henri Gauret, Maire de Drucat-Le Plessiel, de Laurent Parsis, 1er adjoint, et de plusieurs autres membres du Conseil Municipal, ainsi que d’Elodie Héren et Christophe Moncomble d’EELV, Guy Glaise de l’association AIVES, Mme Bonningues de l’Amap de Rue. Pour les médias, il y a « Le Courrier Picard, « Le Journal d’Abbeville » et une équipe de Canal+, arrivée dans l’après-midi pour un reportage. Les 134 adhérents présents, munis de 106 procurations, ont pu émarger à l’entrée. Il y a donc un total de 240 votants. Aux murs de la salle, divers documents et un diaporama projeté retracent les activités de l’année écoulée. Panneaux et bouquets complètent la décoration.

 

Philippe Sallé a reçu mission de coordonner l’ensemble de la réunion, et l’ordre du jour est le suivant :

1- Mot d’accueil, puis rapport moral par Michel Kfoury, Président de Novissen.

2- Lecture du compte rendu de l’Assemblée Générale du 15 septembre 2012 par Gilberte Wable.

3- Compte rendu des activités de l’année écoulée par Marc Dupont, Secrétaire.

4 et 5- Bilan financier et budget prévisionnel par Christine Hurtevent, Trésorière-adjointe.

   6- Election du nouveau Conseil d’Administration.

   7- Perspectives d’avenir par Francis Chastagner.

   8- Questions diverses de la part des adhérents.

 

1)- M. Sallé souhaite la bienvenue à tous et aux personnalités présentes. Il transmet les excuses de M. Cosserat, M. Porquier, Me Frison, et de représentants de « Terre de Liens » et « PMAF ». Puis il donne la parole à Michel Kfoury, qui se dit heureux de voir le nombre de présents. D’emblée, il transmet un message d’espoir. Certes, cette seconde année a apporté bien des motifs de colère : le permis de construire accordé, un chantier qui avance, les pouvoirs publics qui se dérobent, l’intimidation policière. Mais que de satisfactions : les soutiens se multiplient, l’audience est nationale, le dossier juridique est solide ! Dans le vaste mouvement d’opinion qui grandit pour refuser l’élevage industriel, les « 1000 vaches »  sont devenues un symbole. Il n’y a pas d’autre voie devant nous que lutter et …gagner ! M. Kfoury précise alors, avec émotion, le visage déplorable de notre République : les inadmissibles mesures prises contre la manifestation du 28 septembre, les convocations au Commissariat, sa récente mise en garde à vue, la surveillance continuelle de la Gendarmerie…Mais au moins, cela prouve qu’on nous craint. Et coûte que coûte, il faudra maintenir la lutte, même si on n’obtenait pas l’annulation ! M. Sallé s’adresse alors à la salle pour savoir si elle valide ce rapport moral. Il n’y a aucune opposition ni abstention. Ce rapport moral est adopté à l’unanimité des votants.

 

  2)- Mme Wable donne lecture du compte rendu de l’Assemblée Générale du 15 septembre 2012. Puis la salle,   

interrogée de la même façon, valide ce compte-rendu à l’unanimité.

 

3)- Comme l’an passé, l’intensité des activités durant l’année écoulée a été telle que M. Dupont pense qu’un résumé chronologique serait pesant à écouter, d’autant plus qu’il se trouve sur le site internet. Pour les faits les plus marquants, il renvoie à la vidéo projetée en continu, et aux images et articles exposés. A travers des chiffres assez étonnants(*), il donne une idée globale de ce qui a été fait depuis septembre 2012 : 24 réunions du CA, 20 rendez-vous, 3 réunions publiques, 21 manifestations, 3 actions d’envois massifs de courrier, 30.000 tracts distribués, 700 affiches collées en 12 campagnes d’affichage, 500 logos, 2.500 envois postaux aux adhérents, 20 « Gardons le contact », 69 articles de presse (sans compter les journaux nationaux !), 17 passages télévisées et davantage à la radio, 2.700 mails, les 43.896 signatures actuelles de la pétition en ligne, les 2.540 signatures de la pétition-moratoire, et enfin nos 2.135 adhérents à ce jour.Ce travail, y compris les tâches les plus fastidieuses, a été réalisé grâce au dévouement des membres du CA, et chacun se trouve remercié au fil de la présentation.Il n’y a ni opposition ni abstention à ce rapport d’activités, qui est adopté à l’unanimité des votants.

 

4 et 5)- Mme Gamain, Trésorière, étant absente, c’est Mme Hurtevent qui présente le bilan financier (*) et les orientations à venir. Les comptes ont été arrêtés le 31 octobre. A cette date, il avait 2.113 adhérents, soit 343 de plus que l’an passé, et ils ont apporté 3.400€. Les autres recettes (7.574€) proviennent des dons (badges, autocollants, participation aux frais de la soirée du 28 juin, participation aux déplacements en cars…). Le total des recettes de l’année se monte à 10.974€. Dans les dépenses, c’est la communication qui pèse le plus lourd (2.600€ pour les tracts, 2.500€ pour la soirée du 28 juin, 1.553€ pour le courrier postal aux adhérents qui n’ont pas d’adresse-mail), ainsi que les transports en car (4.500€). Le total des dépenses est de 13.829 €. Il est clair que les recettes de cette année n’auraient pas pu couvrir les dépenses. C’est le solde de l’an passé (qui était de 10.730 € au 01.09.12) qui a permis de maintenir un solde positif de 7.875 € au 31.10.13. Bien entendu, l’ensemble des factures est à la disposition des personnes qui souhaiteraient les consulter. En conclusion, l’association n’est certes pas en difficulté, mais pour maintenir une activité forte et efficace, elle doit faire, cette année, un

                                                                                                                                                          Feuillet n°109

appel général à dons auprès de l’ensemble de ses adhérents. Certains ont déjà envoyé ou déposé le leur. Les personnes présentes sont invitées à continuer : on annonce déjà une entrée de 936€, qui est applaudie ! Pour les frais de procédure, le coût est élevé, mais les avocats se sont engagés – et M. Kfoury le confirme encore - les adhérents n’auront rien à débourser grâce à l’utilisation des protections juridiques. Près de 30 personnes ont actuellement accepté, mais il en faut davantage pour permettre toutes les expertises dont nous avons besoin. Des modèles de lettre sont mis à disposition pour ceux qui sont riverains du projet ou des épandages, qui ont une protection juridique dans leur contrat, mais qui n’ont pas encore écrit à leur assurance. M. Sallé demande si des personnes souhaitent des renseignements complémentaires. En l’absence de questions, il demande s’il y a opposition ou abstention face à ce bilan. Celui-ci est approuvé à l’unanimité.

 

6)- M. Sallé procède alors à l’élection du nouveau Conseil d’Administration. Il lit la liste des candidats, et l’assemblée  applaudit chacun d’eux. Aux 18 personnes qui se proposent pour continuer l’aventure commencée, viennent s’ajouter Guy Cavelier et Olivier Delaire, qui s’impliquent déjà depuis un bon moment. Cette équipe se présentant de façon globale, M. Sallé demande s’il y a des oppositions ou des abstentions. Constatant qu’il n’y en a aucune, ce nouveau Conseil d’Administration est élu à l’unanimité.

 

7)- La parole est alors donnée à M. Chastagner qui évoque les perspectives d’avenir. Vu la passivité d’un grand nombre d’Abbevillois, une réunion publique est prévue pour eux en février, tant pour les informer de ce qui se prépare que pour obtenir des élus (notamment, les Maires) qu’ils se positionnent enfin clairement face à ce projet. Par ailleurs, un rassemblement est prévu ce 5 décembre devant le Conseil régional, pour demander à M. Gewerc (resté muet malgré notre courrier du 15/10), comment il concilie l’écologie prônée dans ses publications avec son silence qui vaut accord tacite pour ce projet. Un second courrier qui lui sera remis est lu par M. Chastagner. L’inscription pour un voyage groupé en car peut se faire dès ce soir (52 inscriptions seront annoncées en cours de soirée). Il nous faudra aussi maintenir la pression du côté des Ministres, qui ne répondent pas à propos d’un moratoire, pourtant possible. A partir de janvier, des actions en petits groupes, nommées « La vache en colère », auront lieu tous les 15 jours devant les Préfectures de France, menées par  L214, la Confédération Paysanne, Novissen et d’autres associations. Sur le plan juridique, début janvier, le dossier, solide et fourni, du référé-suspension devrait être prêt. Si le Tribunal Administratif refuse la suspension, le lendemain, Médiapart et d’autres journaux dévoileront les aberrations d’une Justice sous influence. S’agissant du rôle joué par M. Mouton, un dépôt de plainte est prévu. Puis en février, commencera le travail de fond pour obtenir l’annulation proprement dite. Par ailleurs, la lutte est menée sur le plan politique : M. Kfoury était à l’Assemblée Nationale, ce 26 novembre, pour participer à l’élaboration d’une loi-cadre concernant ce type d’élevage. Le projet de loi est encourageant, mais divers amendements peuvent en changer la teneur.

 

8)- La parole est alors donnée à M. le Maire, qui rappelle son soutien à Novissen, et décrit la façon dont, actuellement, il s’oppose au raccordement de l’eau. Il s’étonne aussi du dépôt, ce jour même, d’un permis de construire modificatif. Ce point va, en effet, être à surveiller de près. Elodie Héren encourage Novissen, dont le combat fédérateur s’élargit sans cesse. Guy Glaise fait un bref bilan de la lutte à Heuringhem, où, pour le moment, les travaux ont été arrêtés. Samuel Dumoulin du MRJC d’Amiens dit que les jeunes sont prêts à aider pour médiatiser cette lutte. Sylvain Vaquez, regrettant d’être le seul agriculteur présent, complète le reportage de France 2 : un autre mode d’élevage est bien entendu possible. Il se dit scandalisé par les primes qui favorisent l’enrichissement d’un seul homme, et le manque de courage des éleveurs pour lutter, alors que la profession est en grand danger de disparaître. Dans ce bras de fer, au moins Novissen tient bon. Arnaud Leguy, auteur de la vidéo réalisée pour le 3 mars, et qui s’est trouvé être notre 2000ème adhérent, reçoit alors un livre en cadeau. Il prévoit de reprendre la parole en fin de séance pour présenter ses autres projets. M. Passard rappelle qu’il ne faut pas oublier le problème des ordures. M. Kfoury et S. Vaquez rappellent en effet les dangers et absurdités du méthaniseur prévu. La journaliste de Canal+ demande alors à la salle quels sont ses griefs contre ce projet. Les réponses sont diverses : alimentation, choix de société, santé… M. Leroux s’attend à mener une lutte semblable dans l’Aisne : les agriculteurs rêvent de s’enrichir avec ce type d’installation. M. Defrance rappelle qu’en vertu de principes démocratiques, on pourrait régler la question avec un referendum d’initiative populaire. A 22h30, les questions diverses sont épuisées. Comme prévu, Arnaud Leguy parle alors de ses contacts intéressants avec « Nouvelle Donne », « les Colibris », la « Fondation N. Hulot ». Il espère un financement collectif pour sa chanson. Quant il évoque l’antibiorésistance, M. Kfoury apporte des précisions. Tandis qu’il passe un documentaire sur Montpellier et d’autres extraits de films, les adhérents partagent agréablement les gâteaux et les verres de l’amitié.

                                                                                        A Drucat-Le Plessiel, le 06 décembre 2013.

.                                                                             Le Secrétaire,  Marc Dupont,                                 Le Président, Michel Kfoury,

 

N.B. Le signe (*) indique que des documents complémentaires, mis en annexe, sont consultables ci-dessous

 

 

 

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Compte-rendu de la 1ère Assemblée Générale - le 15 septembre 2012

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Cette 1ère Assemblée Générale s’est tenue dans la grande Salle Polyvalente « Jean-François Le Sueur » de Drucat-Le Plessiel, le 15 septembre 2012, à 10h. Tous les adhérents avaient été invités par courrier postal ou par mail. Quinze membres du Conseil d’Administration de Novissen sont présents (2 sont excusés). On note la présence de M. Henri Gauret, Maire de Drucat-Le Plessiel, de Laurent Parsis, 1er adjoint, et de plusieurs autres membres du Conseil Municipal, ainsi que celle de Patrick Thiery de « Picardie Nature », Lyacout Haïcheur d’EELV, Jean-Pierre Tétu du Conseil Général, et du journaliste du « Journal d’Abbeville ». Les 104 adhérents présents, munis de 165 procurations, ont pu émarger à l’entrée les listes préparées. Il y a donc un total de 269 votants. Aux murs de la salle sont exposés divers documents (historique des activités, photos, articles de journaux récents...). Des affiches, des panneaux, des bouquets de fleurs ainsi que des tableaux sur le thème de la vache complètent la décoration.

 

Philippe Sallé a reçu mission de coordonner l’ensemble de la réunion, et l’ordre du jour est le suivant :

1- Mot d’accueil et rapport moral par Michel Kfoury, Président de Novissen.

2- Lecture du compte rendu de l’Assemblée Constitutive par Mme Wable.

3- Compte rendu des activités de l’année écoulée par Marc Dupont, Secrétaire.

4- Bilan financier par Bérangère Gamain, Trésorière.

5- Budget prévisionnel par Christine Hurtevent, Trésorière-adjointe.

  6- Election du nouveau Conseil d’Administration.

  7- Perspectives d’avenir par Francis Chastagner.

  8- Questions diverses de la part des adhérents.

 

  1)- M. Sallé souhaite la bienvenue à tous, accueille les personnalités présentes en les nommant, et transmet les excuses  de François Veillerette, Christophe Porquier et Barbara Pompili. Puis il donne la parole à Michel Kfoury. Celui-ci remercie les présents ainsi que les nombreuses personnes qui, ne pouvant venir, ont marqué leur intérêt pour l’association en envoyant leur pouvoir. Quel chemin parcouru depuis l’enquête publique, dit-il ! Certes, ce n’est pas encore la victoire totale, et il faut maintenir la vigilance. Mais le sentiment qui, selon lui, domine est la joie et la fierté : le projet n’a pas vu le jour ; et plus largement, le combat que nous menons préfigure un avenir plus humain et plus solidaire. Nous ne sommes pas seuls dans ce combat : la Good Food March européenne est au moment même devant le siège social de l’entreprise Ramery ! M. Kfoury termine en souhaitant joie et fierté dans le moment convivial qui suivra la réunion. M. Sallé s’adresse alors à la salle pour savoir si elle valide ce rapport moral. Il n’y a aucune opposition ni abstention. Ce rapport moral est adopté à l’unanimité des votants.

 

  2)- Mme Wable donne lecture du compte rendu de l’Assemblée Constitutive du 17 novembre 2011. Puis la salle,    

interrogée de la même façon, valide ce compte-rendu à l’unanimité.

 

3)- M. Dupont se dit alors embarrassé pour présenter un bref résumé des activités depuis la création de l’association, vu la densité de ce qui a été vécu ! Il invite, pour davantage de détails et un aperçu chronologique, à se reporter au site Internet ou à la petite exposition aux murs de la salle. Il choisit d’évoquer, en quelques mots, de façon synthétique, les 3 réunions publiques, les 11 manifestations (dont les 2 grandes à Abbeville et Amiens), les 3 envois massifs de lettres par les adhérents, les 44 entrevues avec des élus et divers responsables, les 60 dossiers d’argumentaires réalisés, les 55000 tracts distribués, les quelque 1600 mails traités par chaque membre du CA et leurs 19 réunions, les envois adressés aux adhérents par la Poste ou par mails dont 12 « Gardons le contact », l’activité des médias (30 articles de presse, 7 émissions radio et 10 télévisées), diverses autres activités telles que Salon de l’Agriculture, film, spectacle… et pour finir les 31250 signatures de la pétition mise en ligne. Il n’y a ni opposition ni abstention à ce rapport d’activités, qui est adopté à l’unanimité des votants.

 

4)- Mme Gamain prend ensuite la parole pour le bilan financier. Les comptes ont été arrêtés au 31 août. Il y avait à cette date 1770 adhérents, qui ont apporté 12657€ de cotisations (un bon nombre ayant donné plus que les 5€ demandés). Les autres recettes proviennent de dons. Mme Gamain énumère les principaux. Le total des recettes se monte à 15144€. Dans les dépenses, un poste important (1152€) concerne le courrier postal, et Mme Gamain    souhaite que les personnes qui ont une adresse-mail veuillent bien la transmettre : seules 2 personnes dans le CA ont accès à la liste de diffusion. En dehors de l’assurance, les autres dépenses concernent principalement la communication (banderole, affiches, panneaux, tracts, autocollants…). Le total des dépenses est de 4413 €. La

                                                                                                                                                       Feuillet n°51

différence (10730 €) se trouve sur le compte en banque de Novissen. Elle indique qu’un classeur contenant toutes les factures est à la disposition des personnes qui souhaiteraient le consulter, puis elle remercie M. Focquenoy pour ses conseils. M. Sallé signale que les membres du CA ont pris à leur charge leurs divers frais (notamment leurs déplacements- sauf celui de Paris), puis il  demande si des personnes souhaitent des renseignements complémentaires. En l’absence de questions, il demande s’il y a opposition ou abstention face à ce bilan financier. Celui-ci est approuvé à l’unanimité.

 

5)- Mme Hurtevent confirme alors la gestion prudente de la Trésorière, et évoque les grandes lignes du budget à venir. Elles sont difficiles à évaluer, car en cas de décision en faveur du projet, il peut y avoir les dépenses lourdes d’une procédure au Tribunal, pour lesquelles les assurances individuelles seront envisagées. Sinon, des dépenses incontournables vont, bien sûr, se renouveler. Mme Hurtevent les énumère, et les évalue à 3500 € environ. Quant aux recettes, on peut compter sur de nouvelles adhésions (moins nombreuses, cependant, qu’au cours de la 1ère année), et sur des dons spontanés. En cas de problème, un appel à dons sera fait aux adhérents. Une personne demande si le renouvellement annuel de la cotisation n’est pas source de recettes. Mme Hurtevent rappelle le principe adopté d’une cotisation initiale permettant d’entrer dans l’association. Puis, si nécessaire, les adhérents recevront des appels en fonction d’objectifs précis. Quand des adhérents renouvellent d’eux-mêmes leur cotisation, ils sont avertis de cette disposition. Ces considérations ne soulèvent pas d’autres questions, ni objections, et sont donc validées à l’unanimité par l’assemblée.

 

6)- M. Sallé procède alors à l’élection du nouveau Conseil d’Administration. Il lit d’abord la liste des candidats, en laissant à chacun le temps d’être identifié par l’assemblée qui applaudit chacun d’eux. Aux 17 personnes qui se proposent pour continuer l’aventure commencée, vient s’ajouter un candidat nouveau, Yves Le Diascorn, qui prend quelques instants pour se présenter. Puis ayant indiqué que cette équipe se présente de façon globale, M. Sallé demande s’il y a des oppositions ou des abstentions face à ce Conseil d’Administration. Constatant qu’il n’y en a aucune, le nouveau CA est élu à l’unanimité, et M. Sallé en profite pour remercier la Municipalité pour son soutien constant, et notamment pour le prêt des locaux permettant les réunions du CA.

 

7)- La parole est alors donnée à M. Chastagner qui évoque les perspectives d’avenir. Notre dossier est aux Ministères. Aux tables-rondes sur la biodiversité, on parle des Mille vaches. Nous devons maintenir une pression sociale. Il y a eu manifestation à Abbeville, puis à Amiens, si besoin la prochaine sera à Paris ! L’idée est reçue avec applaudissements. Et il faut aller plus loin : obtenir des lois interdisant la possibilité même de tels projets. A plus court terme, il y a la Good Food March, le lendemain et dans 4 jours. M. Chastagner en explique les objectifs et les modalités. Par ailleurs, vu le changement de personnel politique, de nombreuses entrevues seront à renouveler. Et si combat juridique il y a, on recevra le soutien du Cabinet Frison (qui est remercié pour son aide non rémunérée jusqu’à présent) et du Cabinet Lepage. L’ensemble est approuvé à l’unanimité. Un projet vient s’ajouter : une pièce de théâtre en préparation pour décembre. Enfin, les circonstances plus qu’inquiétantes de l’incendie du méthaniseur de Fresnoy-Folny sont rappelées, et MM. Gauret et Parsis apportent des précisions.

 

8)- Au moment des questions diverses, la parole est donnée aux personnalités. M. Thiery félicite Novissen pour son sérieux et ses actions. Il espère que la décision ne sera pas prise, obligeant ainsi le promoteur soit à attaquer l’Etat, soit à se décourager. Il nous conseille de tenir bon, malgré le poids national d’un tel enjeu. M. Tétu salue à son tour notre combat contre le gigantisme et l’industrialisation agricole. Une gestion sobre de l’énergie est au coeur de ses préoccupations. Il énumère les actions en cours dans ce sens. La réflexion, selon lui, doit se maintenir au niveau européen. Tous deux sont très applaudis. Laurent Parsis évoque les relations décevantes avec la Municipalité d’Abbeville. Plusieurs autres questions sont abordées. Celle qui demande la réponse la plus longue est posée par Mme Moreau du journal « Ch’Lanchron » à propos de l’attitude des agriculteurs.

Quand les questions sont épuisées, Michel Kfoury clôt la réunion : « Le combat continue avec vous et grâce à vous !». La séance est levée à 12h.

                                                                                   A Drucat-Le Plessiel, le 28 septembre 2012.

                                                                           Le Secrétaire,                                                 Le Président,

                                                                            Marc Dupont                                                 Michel Kfoury

En annexe : -texte du rapport moral.

-liste alphabétique des candidats au nouveau Conseil d’Administration.

 

Annexe 1 : Mot d’accueil et rapport moral.

 

Bonjour à tous et toutes. Et merci d’être là pour cette 1ère Assemblée générale de l’association NOVISSEN.

Et je voudrais dire merci aussi à tous ceux qui n’ont pas pu venir, mais qui ont transmis leur pouvoir. En faisant ce geste, ils expriment que l’association est importante à leurs yeux, qu’ils s’y intéressent, qu’ils la soutiennent.

Bienvenue donc à vous, adhérents présents, et à ceux que vous représentez !

 

L’association NOVISSEN n’a pas encore un an, puisqu’elle est née en novembre dernier. Mais quand on regarde le chemin parcouru, je crois qu’on peut être vraiment ému. A cette époque-ci, l’an dernier, nous en étions à écrire dans le registre de l’enquête publique. Que pouvions-nous faire, habitants isolés de deux toutes petites communes, face à un adversaire aussi puissant, aussi bien organisé ?  On était tous en colère, mais déroutés, démunis. ….Et un an plus tard…les médias parlent de nous au niveau national. Le dossier est sur le bureau des Ministres. Il n’y a pas de date pour la décision. Les travaux n’ont toujours pas commencé ! Entre les deux… que de moments il a fallu traverser ! Nous en écouterons tout à l’heure une brève rétrospective.

 

Bien sûr, on aurait préféré fêter aujourd’hui une victoire complète. Partager ensemble l’enthousiasme et l’énorme soulagement d’être enfin débarrassés de cette menace qui nous exaspère! Mais non, à ce jour, le problème est toujours là. Selon Jean-François Cordet, le nouveau Préfet de la Région Picardie, le dossier est encore en phase « d’instruction ». Nous ne sommes pas dupes, la réelle phase d’instruction est dépassée depuis longtemps. C’est une manière de dire qu’il y a des problèmes, et qu’ils ne trouvent pas l’issue. Le projet peut voir le jour, peut-être d’une manière insidieuse. Restons vigilants, et maintenons-nous dans la lutte.

 

Mais, malgré cette situation d’attente, je crois que le sentiment qui peut dominer aujourd’hui, c’est la joie et la fierté. Joie d’avoir réussi ce qui était loin d’être évident au départ. Combien de gens nous ont répété que ce n’était pas la peine de lutter, qu’il était im-pos-si-ble de gagner. C’est sûr qu’avec des gens battus d’avance, et en ne faisant rien, l’étable géante, là-haut, fonctionnerait en ce moment. Courage ! On n’a peut-être pas gagné, mais on n’a pas encore perdu ! J’aimerais dire aussi la joie et la fierté dans la manière dont les choses se sont passées. Les membres du Conseil d’Administration ont donné sans compter leur temps et leur énergie, avec leurs capacités, toute leur bonne volonté, de façon vraiment solidaire. Mais ce n’était pas suffisant, il y a eu de votre part, un élan de soutien très fort. On en est au chiffre impressionnant de 1770 adhérents ! Et chaque fois qu’une action était décidée, beaucoup de personnes répondaient à l’appel. Impossible de ne pas voir  le rejet exprimé par la population. C’est la conjonction d’une équipe déterminée et d’un soutien massif qui fait la force de notre association. Il faut que cela continue !

 

Fierté aussi car nous sommes dans le cours de l’histoire du côté de l’avenir. On ne peut plus laisser tout le pouvoir se concentrer dans les mains de quelques-uns. On en voit les ravages sur l’environnement et sur l’emploi. Certains disent que notre combat est emblématique ! C’est vrai ! Si le grand nombre décidait, c’est le bien-être général, et l’emploi pour tous, qui guideraient les décisions, et non le profit d’un seul. Actuellement, on l’a vu, hélas, le fonctionnement de notre prétendue démocratie est indigne. Si nous gagnons, ce sera le refus de cette grosse fortune qui veut se tailler un empire quasi féodal. Ce sera l’affirmation que nous voulons un travail valorisant pour tous, le respect du cadre de vie, la santé des bêtes et des gens. Et nous ne sommes pas seuls à demander cela ! Au moment même où je parle, une des branches de la Good Food March a choisi de passer devant le siège social de l’entreprise Ramery, à Erquinghem-Lys, dans le Nord. Et la Good Food March est un mouvement européen, qui sera dans 4 jours à Bruxelles !

 

Tout cela a changé l’atmosphère de nos villages. Lutter ensemble nous a rendus plus proches les uns des autres, plus humains, plus chaleureux. C’est pourquoi nous avons prévu, après l’indispensable travail de l’AG, un pique-nique en commun, pour que nous puissions déjà vivre ce qui fera un avenir meilleur : détente… joie… fierté… et convivialité !

                                                                                                         Merci à tous !

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Assemblée Générale du 15.09.2012

Liste des candidats pour le nouveau

Conseil d’Administration  (CA)

 

de l’association NOVISSEN

 

 

 

 

CHASTAGNER Francis

 

DEFRANCE François

 

DUBOIS Claude

 

DUPONT Marc

 

FARCY Hervé

 

FLAUTRE Claudine

 

FOURNIER Régis

 

GAMAIN Bérangère

 

GUILLOCHON Annie

 

GUILLOCHON Michel

 

HURTEVENT Christine

 

KFOURY Michel

 

LE DIASCORN Yves

 

LEFEBVRE Georges

 

PELLETIER Claude

 

PINOT Lucien

 

SALLE Philippe

 

WABLE Gilberte

     

 

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Association « NOVISSEN »

Compte-rendu de l’Assemblée Constitutive

 

Cette assemblée s’est tenue dans la grande Salle Polyvalente de Drucat (80132), le 17 novembre 2011, à 19h45.

Les habitants de Drucat-Le Plessiel et des 6 communes avoisinantes avaient été invités au préalable par feuillets déposés dans les boîtes aux lettres.

On note ce soir-là la présence de journalistes : « FR3Picardie », « le Courrier Picard », « le Journal d’Abbeville ».

On note la forte présence du Conseil Municipal de Drucat-Le Plessiel (11 membres, avec M. le Maire, M. le 1er Adjoint et  9 Conseillers).

L’assistance est nombreuse. Il n’est pas possible de compter les personnes présentes. Les 3 journalistes estiment, quant à eux, que le nombre de présents avoisine les 200 personnes.

 

L’ordre du jour est le suivant :

1)     Mot d’accueil et rapide historique par M. Sallé.

2)     Lecture du projet de statuts par Mme Wable.

3)     Présentation du CA provisoire et invitation à le compléter par M. Guillochon.

4)     Perspectives d’avenir et prévisions budgétaires par M. Dubois.

5)     Questions diverses de la part du public.

 

1)- M. Sallé souhaite d’abord la bienvenue globalement aux personnes présentes, puis, village par village, demande aux habitants présents de lever la main. Il précise d’emblée qu’il s’agit d’une association de défense de l’environnement de Drucat-Le Plessiel et des communes avoisinantes, et qu’à l’heure actuelle, un projet précis soulève de nombreuses craintes concernant cet environnement : celui qu’a déposé  la SCEA « Côte de la Justice ». M. Sallé fait une rapide rétrospective des faits depuis la fin août 2011, moment où a commencé l’enquête publique. Il indique qu’un travail préparatoire a été mené pour poser les bases de cette association, et qu’il convient maintenant de lui donner vie.

 

2)- Mme Wable précise que le projet de statuts qu’elle va lire résulte d’un travail de concertation. Par ailleurs, si ces statuts paraissent rébarbatifs et difficiles à mémoriser, les personnes présentes peuvent les retrouver sur le site Internet nouvellement créé, et dont l’adresse est affichée devant elle. Puis elle donne lecture des statuts.

Diverses interventions ont lieu alors pour demander des précisions. M. le Maire, notamment, prend la parole pour assurer l’association du soutien de la Municipalité, et indique les étapes probables de la future procédure.

Après ces interventions, Mme Wable demande s’il y a dans l’assistance des objections contre ces statuts. En l’absence d’objections, les statuts sont adoptés.

 

3)- M. Guillochon présente alors les personnes qui se sont proposées pour former un Conseil d’Administration (CA) provisoire, en vue de mettre en route l’association. Elles sont au nombre de 10 actuellement : Mmes Bérangère Gamain, Christine Hurtevent, Claudine Flautre, Annie Guillochon, et MM. Marc Dupont, François Defrance, Claude Dubois, Michel Guillochon, Georges Lefebvre, Philippe Sallé. Ces personnes se sont momentanément réparti quelques fonctions nécessaires au démarrage.

M. Guillochon fait appel à d’autres bonnes volontés pour rejoindre ce CA provisoire. MM. Régis Fournier, Hervé Farcy, Lucien Pinot, Claude Pelletier se proposent. M. Sallé indique que M. Michel Kfoury, absent et excusé ce soir, a aussi donné son accord. Il y a donc désormais 15 personnes. Celles-ci décident qu’elles vont se réunir le 21 novembre à 19h30 (même lieu) pour définir les tâches de fonctionnement, et se les répartir. Il est bien entendu qu’il s’agit d’une phase transitoire de mise en route, et que « dès que possible » selon les statuts, les personnes qui auront adhéré seront invitées à élire un CA en bonne et due forme.

 

4)- Compte tenu de l’action présente prévue par l’association, M. Dubois aborde les aspects financiers. Il faut une assurance normale pour toute association, mais, en plus, il faut une assurance spécifique pour protéger les responsables en cas de riposte de la part des promoteurs du projet. Approximativement, il faut compter 2000 euros pour le poste « assurance ». Il faudra aussi un avocat spécialisé capable d’étudier de près le projet. Un dossier de ce type demande 4000 euros environ. Ce financement peut paraître important, mais la force de l’association tiendra dans le nombre de ses adhérents. M. Dubois montre que, par exemple, si les 520 signataires de la pétition

                                                                                                                                             

                 Feuillet n°4

 

habitant Drucat-Le Plessiel donnent chacun 10 euros, on obtient déjà 5200 euros. Par ailleurs, des associations plus importantes que la nôtre ont déclaré être prêtes à nous aider. Pour s’adapter à un maximum de personnes, il est proposé un droit d’entrée de 5 euros minimum. Tout don en sus de ces 5 euros de base est évidemment le bienvenu, chacun donnant selon ses moyens et ses motivations. M. Dubois explique que l’association va démarrer avec cet argent récolté lors des adhésions, puis, au fur et à mesure des actions envisagées, celles-ci seront expliquées et chiffrées aux adhérents, qui apporteront alors leur contribution sous forme de dons, en pleine connaissance de cause.

M. Dubois aborde les perspectives d’avenir à court terme, notamment quelques actions possibles. Pour finir, il indique que l’adhésion est possible pour ceux qui le souhaitent dès ce soir. De même qu’il est possible de prendre en charge un carnet pour faire des adhérents dans son entourage.

 

5)- La parole est alors donnée à la salle, et les interventions sont assez nombreuses. Elles concernent les formes d’action à envisager ou les expériences vécues par ailleurs. Plusieurs expriment une nouvelle fois les multiples craintes pour l’environnement que ressentent les habitants face au projet présenté, et notamment les conséquences sur leur santé. Une intervention un peu plus longue précise la position de Buigny-St-Maclou. Contrairement à ce qui a été affirmé par M. Le Maire de Buigny, y compris par voie de presse, la population de sa commune n’est  pas majoritairement favorable au projet : une pétition récente le montre clairement.

 

Vers 21h30, l’ordre du jour étant épuisé, M. Sallé invite les personnes qui le souhaitent à se rapprocher des 2 personnes qui, actuellement, tiennent le rôle de Trésorières. La salle manifeste sa confiance dans la structure mise en place en faisant la queue, et finalement, les 42 carnets de bulletins d’adhésion préparés ne suffisent pas à la demande.

 

                                                                                     A Drucat, le 21 novembre 2011.

 

                                                     Le Secrétaire,                                                       Le Président,

 

 

0

 

 

                                                   Marc DUPONT                                                     Michel KFOURY